DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE, Chap. III. 371un Enfant n’étoit point regardé comme bâtard, quoique néd’une Esclave Sgct. îl.achetée à prix d’argent; le Père passant pour Ja soûle cause de ia généra- Mours &tion, & la Mère n’étant considérée que comme ayant nourri l’Enfant, «St Coutumesque comme lui ayant servi de demeure (a). des Egyg-
XVÍII- Les Loix à’Egypte permettoient aux Frères d'épouser leurs tiens ‘Sœurs, parce qu7/ïr avoit été la femme de son propre frère Osiris , & que ~"jamais mariage n’avoit été plus heureux. Isis ayant fait vœu, après lamort de son mari, de ne jamais souffrir les embrassemens d’aucun autrehomme, gouverna le Royaume durant son veuvage avec beaucoup de pru-dence, & procura plusieurs bienfaits au Genre-humain en général. Voilàpourquoi, en Egypte , la Reine avoit plus de pouvoir,& étoit plus hono-rée que le Roi ; & dans les Contracts de mariage, la plus grande autori-té étoit donnée aux femmes, les maris y promettant de leur obéir en tou-tes choses (b).
XIX. 11 y avoit en Egypte une Loi fort remarquable, ou plutôt uneCoutume qui avoit force de Loi, à i’égard des Voleurs «St des Filous. Tousceux qui embrassoient cette infâme profession , donnoient leur nom auChef de la Bande, promettant de lui remettre fidèlement tòut ce qu’ìlspour-roient dérober. Ainsi ceux à qui on avoit volé quelque chose, s’adres-soient à ce Chef, en lui spécifiant par écrit ce qu’ils avoient perdu, com-me aussi le jour, l’heure & l’endroit où la chose étoit arrivée. Parcemoyen les biens volés se retrouvoient sans peine , & étoient remis àleur ancien maître, qui en étoit quite pour la quatrième partie de leurvaleur. L’Auteur d’une Loi si singulière l’avoit faite dans l’idée , quecomme il étoit impossible d’empêcher entièrement le vol, il valoit mieuxpour ceux à qui on déroboit quelque chose, d’en perdre le quart que letout (c). '
Mais si les Egyptiens paroissoient surpasser les autres Nations par rap- jje h R e .port à la sagesse de leurs Loix , il faut avouer 'qu’ils s’en distinguoient lîgîon desencore davantage par leur Bigotterie & leur Superstition. _ Egyptiens.
L’Idolâtrie étoit si ancienne parmi eux, que les Grt?a confessaient devoirà VEgypte , non seulement leurs Cérémonies Religieuses, mais aussi les nomsde ia plupart de leurs -Dieux. ,Car on, prétend que les 'Egyptiens ont étéle prémier Peuple qui ait érigé de^ Autels,'formé des Images, bâti des Tem-ples, institué des Fêtes, établi des Cérémonies, & fait dés Alliances avecles Dieux par la médiation de,certaines personnes.. On assure aussi qu’ilsont été les prémiçrs qui ayent donné, des noms aux douze Dieux (d).
Les Egyptiens avoient plusieurs Dieux de différens ordres. Ceuxqu’ils honyroient principalement, étoient Osiris & Isisi par lesquels vrai-
(s) Diod. Sjc. L. I..p. 72. 1 Çc) Idem, ibid. p. 69.
(H Idem. ibid. p. 23. . ,(^> Herod. L. II.
Bbb L