Buch 
1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
Seite
370
JPEG-Download
 

Sect. II.

Mœurs cifCoutumesdes Egyp-tiens.

370 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

reux: premièrement, on leur déchiroit tous les membres , & on coupoitleur chair en petits morceaux avec des roseaux affilés ; après quoi ilsétoient mis fur des épines, & brûlés tout vifs.

VHI- Les Femmes grosses n’etoient point mises à mort.avant qu’elles.fussent accouchées, afin que l'enfant innocent ne partageât point le châti-ment d’une Mère coupable.

IX. I a Sédition & la Désertion n’étoient suivies d’aucune autre peineque de la dégradation , qui ne pouvoit être effacée que par une conduitesage & par des actions de valeur.

X. On coupoit la langue à ceux qui révéloient aux Ennemis de leurPatrie quelque dessein secret.

XI. On coupoit les deux mains à ceux qui faisoient de la fausse mon-noye, qui usoient de faux poids, ou qui commettoient quelqu’autre crimede ce genre.

XII. Celui qui ravissoit une Femme libre, étoit puni par l’amputationde ses parties honteuses, les Egyptiens regardant un Ravisseur comme cou-pable de trois crimes énormes ; puisqu’outre l’injustice de faction , il ter-nissoit la réputation de la femme, & abatardissoit sa postérité.

XIII. La Peine de l’Adultère étoit, pour les hommes , de recevoir unmister de coups de verges ; &, pour les femmes, d’avoir le nez coupé.

XIV. Suivant les Loix établies pour le Commerce, qu’on assure avoirété faites par Bocchoris, si un homme empruntoit de l’argent fans en don-ner de reçu, la dette étoit nulle , pourvu qu’il jurât ne rien devoir. Leserment, dans ces sortes d’occasions, se faisoit avec beaucoup de solemni-té, & étoit précédé d’un sacrifice.

XV. Quand la dette étoit incontestable, l’intérêt ne devoit point excé-der le double du capital , ou de la somme prêtée. Les biens du Débi-teur, mais non point son corps , étoient responsables de la dette ; carson corps étoit réclamé par la Ville ou l’Endroit où il demeuroit: la Patriene pouvant pas perdre son droit d’être servie par ses habitans, auíîì-bienen tems de Paix qu’en tems de Guerre. En un mot, les Egyptiens ne com-prenoient pas qu’en bonne Politique on put sacrifier à la cruauté ou à l'a-varice d’un particulier , un membre qui pourroit être utile à la Républi-que. Cette Loi , ou une autre à peu près pareille, a austì été établie parSalon (a).

XVI. Pour faire rouler l’Argent, Afychis fit une Loi en vertu de laquel-le il étoit permis à un homme d’en emprunter , en engageant pour ladette le corps mort de son Père , qui étoit remis entre les mains du Cré-diteur. Que si le Débiteur ne dégageoit pas ce corps, ni lui, ni aucun deses deseendans, ne pouvoient jouir de 1 honneur de la sépulture ; ce quiétoit une très grande infamie {b).

XVII. 11 n'étoit permis aux Prêtres Egyp ttens d avoir qu’une feule fem-me, mais tous les autres pouvoient en épouser tant qu’ils vouloient: &

(«) Diod. Sic. L. I. p. 6p. &c.

G ílerod. L. II.