Buch 
1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
Seite
379
JPEG-Download
 

DE L’EGYPTË JUSQU’AU TEMS D’ALËXANDRE.Cíiap. III. Z79du Soleil , à Hêliopolis ; de Latonc , a Butus ", .& de Marr, à Paprèmis. Ceux s E ct. ilqui à l’occasion de ces folemnités s’assembloient k Hêliopolis & h Butus, Mœurs s?offroient simplement des sacrifices, fans aucune autre cérémonie : mais Coutumesles autres Fêtes méritent une description plus particulière. dn Egyp-

La Fête de Diane, dans la Ville de Bubaftis , se célébroit de la manière à*,suivante. Un grand nombre d’hommes & de femmes s'embarquait pêle- p^ te j emêle ensemble j & pendant le voyage quelques - unes des femmes jouoient Diane,du tabourin , pendant qu’une partie des hommes jouoit de la flûte, le restedes deux Sexes chantant & frappant des mains en même tems. Ils s’arrê-toient à chaque Ville où ils arri voient ; & pendant qu’ilsy demeuroient,lesfemmes employoient une partie du tems à la musique, ou à danser & à semontrer toutes nues. Enfin toute la troupe étant arrivée à Bubaftis célé-brois la Fête par de nombreux sacrifices, & consumoit plus de vin que du-rant tout le reste de l’année. On compte qu’à cette occasion le concoursdu Peuple montoit ordinairement à 700000 tant hommes que femmes fansles en fans.

Quand ils s’aslembloient pour sacrifier à Minerve dans la Ville deSaïs,ìls Tète dependoient de nuit un grand nombre de lampes pleines d’huile mêlée de sel, Minerve,autour de chaque maison. Ces lampes étoient allumées pendant toute la•nuit, & de - ià le nom d ’Illumination des Lampes avoit été donné à cette Fê-te. Les Egyptiens , qui n’étoient pas présens à cette solemnité , obfervoientla même cérémonie, dans quelqu’endroit qu’ils fussent; & on allumoit deslampes la nuit, non seulement à Sais, mais par toute VEgypte. Au resteon faisoit un mystère des raisons pour lesquelles cette nuit étoit si univer-sellement éclairée.

On observoit à Paprèmis une coutume fort extraordinaire ; car après Tète deles cérémonies ordinaires, un petit nombre de Prêtres, vers le coucher du Mars.Soleil, environnoient l’image de Mars, pendant que la partie la plus consi-dérable d’entre eux se postoit devant les portes du Temple avec des bâtonsà la main. D’un autre côté, une compagnie d’hommes, qui setoit dé-vouée à cela, & dont le nombre .montoit quelquefois à plus de mille, ar-mée de la même manière, se rangeoit en bataille contre les Prêtres quigardoient les avenues du Temple. L’image du Dieu, qu’on avoit misedans une châsse de bois doré, & qu’on avoit portée hors du Temple lesoir de la Fête,& placée dans une autre Chapelle, étoit.ramenée au Tem-ple par ce petit nombre de Prêtres destinés à l’environner, auffi-bienque lachaste dans laquelle l’image étoit, dans un chariot à quatre roues. Maisles Prêtres qui gardoient l’entrée, refusant de les laisser passer, les autres,par zèle pour le Dieu, attaquoient leurs adversaires à grands coups debâtons, qui portoient presque tous sur la tête : combat dans lequel iln’est pas possible qu’il n’y ait eu quelques gens assommés, quoique lesEgyptiens n’ayent jamais voulu l'avouer. Les Habitans du lieu donnentpour raison de cette Institution barbare, que Mars, ayant toujours étéhors de chez lui jusques 2 l’âge mûr, & venant pour voir fa Mère,qui de-

Ccc 2