378 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sect. II. des huit plus anciens Dieux ; & qu’ils représentoient toujours avec la faceMœurs è & les piés d’une Chèvre , précisément comme faisoienc les Grecs: nonCoutumes pas qu’ils s’imaginaíî'ent que ce portrait fût d’après nature , car ils ledes Egjp- croyoient semblable aux autres Dieux; mais pour quelque raison mysti-ticns. qne. Quoique les Mendéjìens eussent une extrême vénération pour lesdeux“sexes de l’Animal dont ils’agit, ils ne laissoient pas d’estimer davantagele mâle , & révéraient extraordinairement les Chévriers , & particulière-ment un d’entre eux. Dans la Langue Egyptienne , Mendès fignifioit Pan& une Chèvre (a).
Le Cochon Us avoient coutume d’offrir des sacrifices à la Lune, lorsqu’elle étoit plei-sacrifiéàla Les Victimes qu’ils immoloiertt à son honneur , étoient des Porcs,Lune, o q ue | es Egyptiens estimoient. être des Animaux impurs , & qu’il ne leurétoit permis d’offrìr à aucune autre Divinité qu’à cette Planète & àBacchus . Quand ils sacrifioient à la Lune , & qu’ils avoient immolé fa Vic-time, ils mettoient le bout de la queue, avec la graislè & la rate dans lacoiffe du ventre, & bruloient le tour. dans le feu sacré: ensuite ils man-geoient le reste de la viande le jour de la nouvelle Lune , quoiqu’ils n’eneussent pas goûté seulement dans un autre tems. Ceux qui n’avoient pasassez d'argent pour acheter un pourceau , s’en faifoient un de pâte, qu’ilsoffraient en sacrifice.
à Bacchus. Quoiqu’à la Fête de Bacchus chacun fût obligé de tuer un porc, vers lesoir , devant la porte de fa maison, ils renvoyoient néanmoins d’abord laVictime au Porcher de qui l'Anima! avoit été acheté. Le reste de cetteFête étoit célébré de la même manière en Egypte qu’en Grèce , hormis,qu’au-lieu du Phallus, les Femmes Egyptiennes portoient de petites imagesd’une coudée en hauteur, dont chacune avoit un Priape presque aussi grosque lé reste du corps , & qui se mouvoir par le moyen de quelques cor-dons. C’étoit avec un pareil ornement, que les femmes marchoient enprocession , précédées d’une flûte, & chantant pendant tout le tems leslouanges de Bacchus (A).
Les Egyptiens ne se contentoient pas de célébrer solemnellement une foischaque année les Fêtes de leurs Dieux; mais ils avoient différens tems dansl’année destinés à ce devoir, lorsqu’ils visitoienc certaines Villes où les Di-vinités particulières étoient adorées avec le plus de dévotion.
Addition d Nous avons déjà fait mention de celle à'ifis, à Bufiris , & de Jupiter, kd'I- Tfoèfcr; nous devons ajouter encore , à l’égard de la première, que ] e s 8a-S ’ orifices étant achevés, les hommes & les femmes, que cette Fête avoicassemblés, & dont le nombre étoit prodigieux, se donnoient la disciplineavec un instrument dont notre Auteur n’ose pas faire la description: Dé-votion-en laquelle les Cariens qui vivoient en Egypte surpassoient tous lesautres, pdisqu’ils portoient la folie jufqu’à se taillader le front avec desépées. Les autres Fêtes les plus remarquables étoient celles de Diane, kBubajlis , qui étoit le nom Egyptien de cette Déesse,- de Minerve, à Saisi
(«) Herodot. L. II.
(b) Idem ibid.