DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEX ANDRE, Ciíap. III. 3 cç
Les Médecins Egyptiens, dont Mtyfe fait mention («), semblent plutôt Sect. h.avoir exercé la Profession d’embaumer, que la Médecine proprement dite ; Mmr$& 'à moins que nous ne supposions que les deux Professions étoient orginaire- Coutumesment jointes ensemble, quoique peut-être séparées dans la fuite. II n’é* dei £ SJí>-toit pas permis aux Médecins de prescrire des remèdes pour toutes foi. à-tes de maladies, chacun d’eux étant obligé de s’appliqutr à la guérison “
d’une seule. Cette obligation multiplia prodigieusement le nombre desMédecins en Egypte ; les uns faisant profession de guérir les maux desyeux, de la tête, des dents, ou de quelque autre partie du corps; d’au-tres s’adonnant à des opérations de Chirurgie; & d’autres enfin ne traitantque des maladies internes (L). Par ce moyen , chacun d’eux auroit dûnaturellement se rendre très habile dans ce qui étoit de son département,si les Loix n’avoient elles-mêmes en quelque sorte arrêté leurs progrès,en obligeant les Médecins à prescrire des recettes telles qu’elles étoientcouchées par écrit dans quelques-uns de leurs Livres sacrés , où on ne lesavoit insérées, ’qu’après en avoir, disoit-on, reconnu la bonté par une lon-gue expérience, «St par le témoignage des plus habiles gens de la proses-sion. Tant que le Médecin s’en tenoit à ces recettes légales , il n’avoitrien à craindre, de quelque manière queila maladie tournât; mais s’il luiarrivoit de s’en départir , & de s’en fier à ses propres lumières , il étoitresponsable de l’évènement, & couroit risque de perdre la vie , si le mala-de meuroit entre ses mains (c). II faut avouer néanmoins, que cette mé-thode étoit très propre à prévenir les dangereux Essais des Empiriques.
Une autre chose, qui mérite d’être observée à l’égarddesMédecins Egyp-tiens, est qu’ifs étoient entretenus aux dépens du Public; ce qui étoit causequ’il ne leur étoit pas permis de recevoir quelque chose de ceux qui tom-boient malades à l’Armée, ou en voyageant dans le Royaume (d)).
Les Médecines des Egyptiens semblent avoir été plutôt des préservatifs,que des remèdes. Ils prescrivoient principalement des évacuations, parle moyen des Lavemens , des Vomitifs, ou de là Diète; «St cette ordon-nance étoit réitérée chaque jour, ou bien l’on accordoitau malade trois ouquatre jours de relâche, suivant la nature de son incommodité : car lesEgyptiens étoient de sentiment, que la plupart des maladies venoientdecequ’on furchargeoic trop l’estomac ( e) ; & voilà pourquoi ceux qui vivoientdans cette partie de Y Egypte qui produisoit du froment, avoient coutumede se purger & de prendre un vomitif chaque mois , trois jours de fuite,pour conserver leur santé, quoiqu'ils fussent d’ailleurs le Peuple du Mondele plus sain (/). Pour que les remèdes fissent mieux leur effet, les Mé-décins ajoutoient à l’étude de leur profession celle de Y Astrologie «St decertains Rites mystérieux (§) ; car la Médecin e Egyptienne étoit entremê-
lé) Oen- L. 2 . (,) idem ïbid. p. 73-
{E) Herodot. L. II. (y) Herod. ubi siipr.
(í) ïdem°ibìd* P ’ 74 ' {ëJ Scholiast ' ÍD Ptolom ' Tetrabibl. L. L