4 oo HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sect. II. lée d’Astrologie & de Magie, l’influence de certaines Planètes, & la pro-Mœurs A tection de quelques Démons tutélaires , contribuant beaucoup à la gueri-Coutumes son de plusieurs maladies (a): Prévention , qui doit naturellement avoirdesEgyp. emp êché les progrès qu’ils auroient pu faire fans cela. Cependant noustiens, n£ f aur i ons admettre l’opinion d’un Ecrivain moderne, qui conclut de ceque nous venons de dire, que les anciennes Ordonnances des Egyptiensn’étoient pas médicinales , mais simplement des purifications religieuses ;& que leurs Livres de Pharmacie n’étoient pas remplis de recettes propresà la guérison des maladies, mais de mets, de boissons, d’onguens, d’ab-lutions, &de purgations convenables au culte des différentes Divinités (6).Ce que nous avons avancé ci-dessus, en alléguant nos garants, ne s’accor-de en aucune manière avec cette notion.
Chymie, Une assertion, bien moins fondée encore, est celle de quelques Moder-nes, qui disent qu’il y avoit un Remède particulier quin’étoit en usage queparmi les Prêtres Egyptiens , & qui étoit si admirable,qu’il pouvoit presquerendre la vie à un mort C’étoit, disent-i!s , le grand Elixir , ou une Pré-paration Chymique faite avec la Pierre Philofophale, de l’invention d’Her-mès. C’est par le moyen de ce Secret, ajoute-t-on, que les Rois d’Egypteont été en état de bâtir les Pyramides; entreprise, à l’exécution de laquel-le tous leurs trésors n'auroient pas suffi sans cela (c). Mais de pareillesrêveries font suffisamment réfutées par le profond silence des anciens Au-,teurs fur ce sujet, & par la foibleilè des argumens de ceux qui fondentl’antiquité de la Chymie fur des autorités suspectes , des conjectures incer-taines , & des interprétations allégoriques des Histoires fabuleuses desGrecs. 11s prennent ces Histoires pour des Secrets Chymiques déguisés,s’imaginanç. que la Toison d’or, que Jason apporta de Colchos , n’étoit au-tre chose Hu'une recette pour faire le grand œuvre; & que Mèdée rajeunitEson par le moyen du grand Elixir (d).
Anatomie. Comme les Egyptiens ont commencé de bonne heure à s’appliquer à]’Anatomie,&que c’étoit un ordre de leurs Rois,qui souhaitoient de per-fectionner cette partie de la Médecine , de disséquer des corps morts (e),il y a lieu de présumer qu’ils ont fait plus de progrès dans cette Scien-ce, qu’on ne doit naturellement croire, à en juger par deux traits de laprétendue habileté des Anatomistes Egyptiens. Une de leurs observa-tions étoit, qu’il y a un Nerf particulier qui va du cœur au petit doigtde la main gauche ; & c’eít-là la raison, ajoute-t-on , pourquoi les Egyp-tiens portoient des bagues à ce doigt, & que les Prêtres trempoient cedoigt dans leurs onguens précieux (/). L’autre observation sert à ex-pliquer pourquoi la vie humaine ne va pas au-delà d’un Siècle ; o-ux
d ’Alexun-
(a) Conring'uis de Hermetica iEgyptio-rum vetere , & Paracelsica nova Medicina,and Wocton’s , Reíl. on autient and modemLearning, p 119. &C.
(D Muickford’s Connection , Vol. II. p.408, Ote.
00 Borrichius de Ortu & Progressa Lire-mi ce.
(//) Wotton , ubi supr, p. 120, &c.
O) Plia. L. XIX c. 5.
C.O d. Gellius Noct. Attic. L. X. c, 10.Macrob. Sac. L. VII. c. 13.