DE L’EGYPTE JUSQLPAU TEMS D’ALEXANDRE, Chap.IIÏ. 401d’ Alexandrie, qui faisoienc profession d’embaumer , avoient remarqué dans Sect. ir.un nombre prodigieux de personnes qu’ils avoient ouvertes, que le cœur Meurscroissoit & décroissoit dans la proportion suivante. Dans un Enfant d’un Coutumesan suivant eux, le cœur pèse deux drachmes; & ce poids augmente de^f s Egyp~la même quantité chaque année, jusqu’à s âge de cinquante ans. Enfui - tiem 'te, le cœur va toujours en diminuant de la même quantité dans le mêmeespace; d’où il s’ensuit que, faute de cœur, il faut nécessairement mourirà l’âge de cent ans ( a ).
La connoissance que les anciens Egyptiens ont eu de la Nature, (que physique.nous distinguons ici de leur Théologie , quoique l’Antiquité ait constam-ment joint ces deux choses ensemble, ) est un sujet sur lequel nousn’avonspresque rien à dire. Nous avons considéré dans un autre endroit ( b) ce1 qu’iis pensoient touchant l’origine des choses, & les révolutions successi-ves du Monde. Le vrai moyen, à ce qu’il semble, de se mettre au fait deleurs Doctrines Philosophiques, c’est de consulter les anciens Gm\r,quiontété leurs disciples , & qui ont voyagé en Egypte pour y apprendre lesSciences les plus sublimes: c’est en effet de ce Pays que Pythagore apportaprobablement la connoissance de cet ancien Système du Monde, qui portason nom , & qui est si généralement reçu à présent ; quoique ce Systèmeparoisse avoir sait partie de la Doctrine secrète des Egyptiens , & inconnueau vulgaire. 11 ne fera pas inutile d’obferver, que les anciens PhilosophesBarbares n’employoient pas leur étude à expliquer tel ou tel Phénomèneparticulier: aucun d’eux, par exemple, n’ayant recherché la cause du pou-voir attractif de l’Aiman, ou des Couleurs de l’Arc-en-ciel ; quelle est lanature du Feu ; & de quoi font composées les particules d’Eau ; ou quelleest la force de l’Air comprimé: mais leurs Spéculations avoient pour objetla Nature en général, & en particulier, l’origine, les révolutions, & Ja ca-tastrophe finale de toutes choses (c).
Mais la Science, par laquelle les Egyptiens s’étoient rendus particulière- Mant.ment fameux, & qui passoit chez eux pour la plus sublime de toutes,étoit *la Magie (d). Quelques Savans,s’imaginant que l’invention de cette Scienceexcède les forces de la Nature, prétendent que les Anges, qui devinrentamoureux des filles des hommes avant le Déluge , en furent les prémiersDocteurs ; que Cam empêcha que le souvenir des principales règles de cetArt ne fût effacé par le Déluge ; & que Mizraim en apprit les secrets deson Père (c). Mais d’autres en attribuent l’invention à Hermès (/);quoiqu’un Roi d ’Egypte , nommé Néchepsos , sait porté à un plus hautdegré de perfection (§)- Quoi qu’il en soit , l’Art dont il s'agit étoitpresque aussi ancien que les Egyptiens mêmes ; ils avoient des Magiciens,
(a) Plin. L. ix. c.37. Censorin. deDieNa-tali, c. 17.
(h) Introd. p. 20. & luiv.
(í) Burnet. Arch&'ol. L. I. p. 78. StraboL. XVII.
Tome I.
( 4 ) Plin. L. XXX c. 1.
(s) Supr. p IZ6, & 216. in Notis;(/) Philastrins Brixiens. Hœres. n. 3.(§) Auson. Ep. 19.
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