Srct. II.
Mœurs &Coutumesdes Egyp-tiens.
402 HISTOIRE ASIATIQUE, Lïvr. I.
qui se mêloient d’expliquer les songes, & de deviner par le moyen d’unecoupe («)- L’habileté de ces Magiciens ne s’est point démentie dans lafuite, èí paroîtroit admirable, íì nous ne la considérions pas en oppositionavec la puissance miraculeuse dont Moyse étoit revêtu ( b ). Ceux qui fai-soient Profession de Magie parmi \es Egyptiens, étoient des Prêtres ;&c’estde cet ordre qu’on en choisit deux , savoir Jaunes & J ambres , pour résis-ter au Conducteur des Enfans d ’Israël (c). Au reste , ce n’est pas dansY Egypte feule que cette science étoit renfermée dans ces pré mi ers tems,puifqu’il paroit par l’Averdssement que Moyfc donna à leur égard aux Israé-lites (ci), qu’il y avoit parmi la plupart des Peuples Idolâtres des gens quise mêloient du même métier j & il semble que Balaam en particulier n’yétoit rien moins que novice (e). Nous examinerons dans un autre endroit,si c’est avec raison qu’on regarde Zoroaftre , & les Babyloniens, comme ayantété les prémiers qui ayent pratiqué & enseigné la Magie.
Nous ne saurions dire quels font les vrais Principes de cette Science.II y a une forte de Magie innocente , qui consiste dans une connoissanceprofonde de la Nature , & des qualités de ses diverses productions ; &dans l'u sage de certains Agens , qui par une vertu particulière produi-sent des effets étonnans (/). Mais la Sagesse Magique des Egyptiens doitavoir été d’un genre tout-à-fait différent, ou avoir été portée au delà detoutes les connoiffances que nous possédons à présent , nonobstant les dé-couvertes merveilleuses qu’on a faites de nos joursàl’égard des propriétésnaturelles de certains corps: n'y ayant à présent personne au Monde, àce que nous croyons, qui veuille entreprendre de faire ce que firent lesMagiciens de Pharao en présence de Meyse; pour ne rien dire du peud’ap-parence qu’il y a que ce Législateur eût défendu un Art qui n’avoit riende criminel.
Ces considérations nous obligent de supposer, que ces anciens Magiciensont fondé les règles de leur Art, ou fur la croyance superstitieuse de lagrande influence que les corps célestes' avoient fur notre Terre , ou furl’opinion (beaucoup plus moderne) que le Monde étoit gouverné par desIntelligences subalternes ou Démons, & par les Esprits des Héros & autresexcellons Hommes décédés. Pour ce qui regarde le prémier fondementde cette Science, nous avons déjà remarqué, que les Egyptiens aísignoiencun Dieu particulier à chaque Mois & à chaque Jour:ils s’imaginoientqueles sept Planètes gouvernoient les sept Jours de la Semaine (g)j K pré-tendoient avoir acquis l’Art de prévoir les évènemens futurs (A) , parl’Obfervation des mouvemens des Corps celestes depuis une longue suice
(*) Gen. XLI. 8. XLIV. 5,15.
( 6 ) Exod. Vif. 11. &c.
(c)' 2 Tiffl. III. 3 . Nmnetiius apud Eufeb.krRp. Bv, L. VIII.'c.'S. Artapanus apud euud.ibid. L. <>. c. 27,
(O Deut. XVIII. 10. &C.
(§) Nomt». XXIII. 23. & XXIV. 1.
(/) Sir. W. Temple’s Essay ou the Wla*dom os the Ancients.
(F) Dion Cassius, L. XXXVI. p. 37.
(/») Cicero de Diviuac. L. I. c. x.