Srct. II.
Mœurs &Coutumesdes Egyp-tiens.
410 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Copte n’est manifestement autre chose que l’Alphabet Grec , auquel on aajouté quelques Lettres j pour exprimer des sons que les Grecs n’avoientpas, & dont on fit probablement usage en Egypte après le rems à'Alcxan*dre; quoiqu’il soit certain que la Langue Grecque, & peut-être aussi les. Lettres, y ont été enseignées longtems auparavant, sous le règne àePsam -metique (a). Pour que nos Lecteurs puissent juger de cette ressemblance,nous allons leur mettre devant les yeux l’Alphabet Copte.
(«) Herod. L. II. Diodor. L. I, p. 6l.
dont la signification se prête davantage à fes conjectures. II donne par exemple à Z2V/4le nom de Zeuta, qui veut dire Fie, de laquelle le Serpent, dont cette Lettre a la forme,est le Symbole: & Xi, il rappelle Xanuti, c’est-à-dire une chaîne, parce que cette Lettresemble composée de chaînons. A-la-vérité , Elutarque nous apprend, que la prémièreLettre Egyptienne étoit s Ibis (1) : cet oiseau, avec fes pattes écartées, & son bec aumilieu , ayant la figure d’un triangle équilatéral (2) ; figure qui a quelque légère ressem-blance avec 1 ' Alpha Copte •. mais nous ne voyons pas'-qu’on puisse conclurre grand’ choiede-là. Clément Alexandrin fait mention de quatre images de Dieux dorées, savoir deuxChiens, un Faucon , & un Ibis , qu’on avoit coutume de porter eu procession pendantune certaine solennité , & affirme que ces images étoient appellées les quatres Lettres (z).Or quoique Kircher ait dérivé sept Lettres de ïIbis , & uue dti Faucon , il n’a pu néan-moins en trouver aucune qui parût avoir quelque trait de ressemblance avec le 'Chien: cequi montre combien fes conjectures font peu solides, quoique d’ailleurs ingénieuses. II estassez probable, que les Egyptiens , après avoir perdu leurs anciennes Lettres, & s’étre servipendant quelques siècles d u seul Alphabet Grec , tellement qu’ils ne se ressonvenoient pasmême que cet Alphabet eût été introduit parmi eux, ont cru que les Lettres, dont ils fescrvoient actuellement, étoient ces anciennes Lettres qui avoient été en usage chez leursayeux: & que fur ce fondement, ils ont pris mille peines pour trouver des mystères dansces Lettres; ce qui n’est guères difficile, pour ceux qui ont une imagination vive, & tournéeà ces fortes de recherches.
U11 autre savant Auteur semble aussi avoir été de sentiment que l’Alphabet Grec étoit déri-vé de celui des Coptes Car, dit-il, les-Lettres employées par Moyfe, & dans toute I ’/ifie,n’ont pas la moindre ressemblance avec les Lettres Grecques ; proposition , dont la vérité luiest contestée par presque tous les Savans : mais cette ressemblance est très visible entre lesLettres Grecques , Lî les Lettres Coptes ou Egyptiennes. Et ce qui lui paroit encore plus digned’êrre observé, c’est que par toute 'tAsie on écrit en allant de la droite à la gauche , au-lieuqu’en Egypte & en Grèce les lignes vout de la gauche à la droite; & il s’étonne que New t oun’ait point fait cette remarque (n).
Nous demeurons d’accord , que la manière d’écrire à présent en Egyp'e est telle que sassurecet Ecrivain (bien entendu lorsqu’on y écrit en Copte ); mais que précisément le contraire aieété vrai autrefois, c’est une chose démontrée par ie témoignage exprès d ’Hérodote (5). Et ilest si apparent, que l’Alphabet Grec est dérivé de celui des Samaritains , qne l’Auteur quenous citons paroit lui même n’en point douter dans un Ouvrage postérieur: quoiqu’il aille »à ce qn’il nous paroit, un peu trop loin de sature côté, eti affirmant que les Caractères Sa-maritains ont été les anciens Caractères Egyptiens (6); ce qui pourroic être vrai, mais quenous le défions de prouver.
Nous ne voudrions pat nier cependant, que les sept Lettres, ajoutées par les Egyptiens àf Alphabet Grec , ne puissent âtre lès restes de leurs anciens Caractères , quoique nous pan»chions plus vers le sentiment contraire.
O) VI ut. Sympos. L. IV. Quaril. 5. Chronol. p 27, «í.
(21 lbì<j. l. IX. Quarst. 3. < î 1 Voyez la p-.ïge précédente, Lettrine
O) Clci.li. Alex. Strôm. L. V. p. jC 7 - i 6 ) Eedfoid’s Sciip. Chionol. p. 454-
(4) Bcafotù's Attimad on Sir lïssac Newton’s