DE L’EGYP'TE JUSQU’ÀU TEMS D'ALËXÀJfrtfHÉ, CnW. «I. 4'n
La Langue Egyptienne eíl certainement une des plus anciennes dû Mon- Sèc't. ii.de, & suivant toutes les apparences, une Mère-Langue, formée au tems Mœurs &de la confusion de Babel (a). C’étoit une Langue différente de toute autre, Caut ^>» esau plus tard du tems de Joseph, qui ayant été fait Gouverneur d'Egypte , re- d ^ e „ S
çut un nouveau nom de dérivation Egyptienne (b ), & sut obligé de se fer- —'-
■vir d’un Interprète en parlant Egyptien à ses frères (c) : & cependant ce LangageLangage s est conservé en grande partie jusques à nos jours dans la Langues"des Coptes, qûoiqu’une portion considérable en ait péri par^assujettissement ueus 'presque continuel des Egyptiens à des Nations Etrangères. D’un autre cô-té néanmoins, & par une espèce de compensation, ce Langage s’est en-richi de plusieurs mots Grecs, & de quelques mots Persans, Latins & /i ra .bes , pendant le tems que les Egyptiens furent successivement soumis auGouvernement de ces différens Peuples. U Arabe est présentement si uni-versellement en usage en Egypte , que les Coptes ou Egyptiens natifs eux-mêmes, ne parlent ordinairement point d’autre Langue, le Peuple ayantentièrement perdu le souvenir de son ancienne Langue, que peu mêmèd’entre leurs Prêtres entendent passablement bien (d).
; La Langue Copte est à présent principalement Composée de l’ancien Lan-gage Egyptien & du Grec. Cependant elle ne laisse pas d’avoir conservede visibles marques de fa primitive antiquité dans plusieurs constructions ;en quoi elle diffère si prodigieusement de toutes les Langues Orientales &Européennes, qu’il n’est guères possible qu’elle doive son origine à quel-qu’une d’elles. Car les Coptes ne déclinent leurs noms, & ne conjuguentleurs verbes, qu’en mettant devant les mots des particules d’une ou de plu-sieurs syllabes, & quelquefois même d’une feule lettre, pour marquer lecas, le genre, le nombre, & la personne; plusieurs de ces particules étantsouvent jointes ensemble à la tête d’un seul & même mot. Par où il pa-roit que la difficulté de cette Langue consiste dans la combinaison extrême-ment variée des mots & des particules, dans le changement des voyelles,
& dans la transposition de la partie du milieu d’un mot, & l’addition dequelques lettres superflues ; ce qui ne sauroit manquer de rendre une Lan-gue très difficile (<?).
U Egypte est admirablement bien située pour le Commerce , tant avec Commerceles Parties Occidentales de l 'Asie, & toute Y Europe , par la Mer Meditcrranée, qu’avec l’ Arabie, la Perse, les Indes, & lès Côtes Méridionalesde Y Afrique par la Mer Rouge ; les Marchandises de Y Orient pouvant ieBS *aisément être transportées en Egypte {ùr des Chameaux par Yljthme deSuez : ainsi il y a lieu de présumer qu’un Peuple auffi industrieux queles Egyptiens n’a pas été longtems fans se prévaloir de ces avantages; yétant portés, non seulement par l’amour général du gain, mais aussi parle désir d’enrichir leur Pays de plusieurs productions qui y manquoient,
c«) Supr. p. 280, 2S1. Tom. II. p. 61.
(O Genes. XLI. 45. O) Wilkins, Diflert, de Ling. Coptica,
(.c) Genes. XLU. 23. p. 120. &c.
(fl) Sicard, dans ses Mémoires des Missions,
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