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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEX ANDRE, Chap. III. 413métiquc à été le premier Roi á‘Egypte qui aie ouvert ses Ports aux Etran- s £CT Irgérs, & qui leur ait permis de négotier dans son Pays ; ses Prédécesseurs Mxa ^ ^leur ayant toujours empêché, & particulièrement aux Grecs, d’y mettre \e Coutumespié. Mais ceci ne doit s’entendre que du Commerce fait par la Mer des Egyp*Méditerranée , fur laquelle les Grecs exerçoient leurs pirateries le long des tiens ‘Côtes d'Egypte (a): Pirateries, qui furent une des principales causes quileur fit fermer l’entrée de ce Royaume; & cela, avec d’autant plus de -raisons,qu’ils joignoient la calomnie à l’injustice,représentant les Egyptienscomme une Nation Barbare qui avoit dépouillé tout sentiment d’humani-té, & débitant à cette occasion la fable de la cruauté de Bitfiris. Car queles Egyptiens ayent fait auparavant ce commerce avec d’autres Peuples,cela est démontré par l’exemple des Madianites & des Ismaélites , que nousvenons d’alléguer ci-dessus, par la facilité avec laquelle Abraham & lesfils de Jacob furent admis en Egypte (E ), & par les chevaux que Salomonen tira (c).

II faut avouer néanmoins, que les Egyptiens se conduisirent avec plus deïéserve à l’égard des Grecs, même après que ceux-ci eurent été admis ; caraprès le tems de Pfatnmétique , quoiqu'àa/st, qui les protégeoit extraordí-nairement ,leur eût permis de bâtir la Ville de Naucratis pour servir de lieude résidence à leurs Marchands, ils ne pouvoient néanmoins avoir de Fac-torie que dans cette feule Ville. Ils s’y rendoient par la bouche du Nil con-nue sous le nom de Carwpe*s&. si par accident un Vaisseau entroit dans quel»que autre bouche de ce Fleuve, les Propriétaires, après avoir fait fermentque la chose étoit arrivée contre leur gré, étoient obligés de retourner furleurs pas : si le vent leur étoit contraire, ils a voient la permission de dé-charger leurs marchandises, & de les envoyer à Naucratis par les Barquesordinaires du -Nil (d)., -

Les Egyptiens avoient, par principe de Religion, beaucoup diversionpour la Mer, qu’ils appelloient Typhon, parce qu elle engloutit leur Nil (e);

& ne sortoient* pas volontiers de leurs Pays, de peur d’y rapporter des cou-tumes étrangères (/); cependant ilsn’étoient-rien moins qu’ignorans en faitde Marine: il y avoit parmi eux un ordre de gens qui s’y appliquoient uni-quement,^ les Grecs mêmes reconnoissoient avoir appris la Navigationd’eux (g). 1 Sesofiris fit construire une Flotte de 400 Vaisseaux de guer-re, pour son expédition vers les Mers du Midi ; comme aussi un prodigieux

(a) Strab. L. XVII. p. 1142.

(A) Genes. XII. 10. XLII. r. kc.

(0 2 - Chron. IX. 18. 1. Rois X. 28.(d) Herod. L. II. íub finetn.

(í) Plut. de Isid. & Ofìrid. p. z6z. Sym-pos. L. VIII. p. 729.

(/) Clem Alex. Strom. L p. 3 ° 2 *

(F) Euripid. in Troad.

* D’autres néanmoins font de cette Ville de Naucratis une Colonie .de Milésicns, & laplacent lur la bouche Bulbitityue' ou Héracìèotique du Nil ( 1 ): Queflión que nous auronsoccasion d’agiter dan» la fuite. • ' " '

(1) Buy le, Dict. Hifl-. Art. Naucratis, Rem. A. B,

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