428 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sect.III. mises, & rédigées en Livres, par Jgathodamon , le fils du second HermèsChronol. le père de Tat , dans les apartemens intérieurs des Temples Egyptiens (a ).Egyptienne Or il est absolument impossible, que le premier Hermès , qui vivoit vers lejusqu rì commencement de la Monarchie Egyptienne , ait pu faire l'Histoire de tancAexan /■<?. ^ Générations, qui font venues au Monde après fa mort, à moins qu’iln’ait été inspiré. Que si Manethon a été capable d’avancer une pareille ab-surdité/ il ne mérite certainement pas qu’on ait la moindre foi pour toutce qu’il peut dire. Mais nous ne croyons pas qu’il faille donner un telsens aux paroles de cet Ecrivain; car dans ce que nous en avons allégué,il n’eít pas dit que toute son Histoire a été tirée de ces Piliers : il semble plu-tôt , qu’il ait allégué les Inscriptions des Piliers dont il s’agit, comme despreuves de certains faits arrivés avant le tems de Thoth. Car il doit cer-tainement y avoir eu de pareils Piliers, d’une grande antiquité, que lesPrêtres du tems de Manethon disoient être l’Ouvrage de ssà/r, puisque cetHistorien, écrivant à son Prince même, en allègue hautement le témoigna-ge. On peut répondre encore, que quoique Thoth ait fait les prémièresInscriptions fur ces Piliers, il n’est pas impossible que dans la fuite du temsd’autres Inscriptions n’ayent été ajoutées aux siennes, les Piliers conservantnéanmoins toujours son nom. Cependant tout bien examiné, il y a lieu dedouter si Manethon a réellement eu dessein de fonder quelques faits rappor-tés dans son Histoire sur l’autorité de ces Piliers : puisque le Passage oùil en fait mention semble être tiré d’un autre de ses Livres nomméSothis, ou Seth, qui n’étoit pas Historique,mais Prophétique;car dans faDédicace de cet Ouvrage à Ptolomée Philadelphe ,il dit que c’est pour obéirà ce Prince, qui souhaitoit d’être instruit de ce qui devoit arriver dans leMonde, qu’il a traduit les Livres Sacrés d 'Hermès (b). Pour ce qui regardeles Mémoires dont il tira son Histoire, nous apprenons d’ailleurs, qu’il seservit des Regîtres Sacrés (c) , qui étoient conservés parles Prêtres, & écritsen Langage Egyptien , puifqu’il les traduisit en Grec.
Ainsi le préjugé le plus puissant que nous ayons contre cet Histo-rien, vient de fa Chronologie. Les Egyptiens à-la-vérité se pìquoientd’une grande antiquité,& prétendoient avoirdesMonumensincontestablesdepuis une longue fuite de Siècles. C’est ce qui paroxt, non seulement parl’ancienne Chronique alléguée ci - dessus, mais aussi par les extravagans nom-
(a) Syncell. p. 40. Supr. p. 133. & Not. (c) Joseph, contra Apion. L. I. p, 1336.ibid. Eulèb. Pra’p. liv. I*. II. iu Froœm.
(S) Sync. p. 40-
te précédente, traduit par Cara&ères Hiéroglyphiques: fur quoi il s’étonne avec justice coffl*ment uue Traduction peut être faite en pareils Caractères, qui expriment les choses, & pointles mots (1), Mais comme ces Caractères font positivement appellés Lettres, il nous paraîtqu’ils ne sauroient avoir été hiéroglyphiques dans le sens ordinaire du mot, tuais plutôt hiéro--graphiques ou sacrés.
(t) Stíllingfket, Otig. Sacr. L. I. c. r.