Sf.ct. V,Rais d'E-
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Sésostris.
450 HISTOIRE ASIATIQUE, Lïvr. I.fa haine, fut un Edifice souterrain, dans lequel elle fit préparer un Festinauquel elle invita ceux qui avoient eu le plus de part à la mort de son Frè-re. Ceux-ci, s’étant rendus dans la Sale du Festin, virent tout d’uncoup, dans le plus fort de leur joye , l’Eau du Nil , (que la Reine avoirfait entrer dans l’Ëdifice par un conduit secret,) les environner de toutesparts, & furent tous noyés. Alors Nitocris , pour échaper à la fureur duPeuple, fe retira dans un lieu bien fortifié (a). Elle avoit le teint admira-ble, les cheveux blonds, & étoit très belle; mais il paroit par son Histoi-re, que quoiqu’elle eût l’ame grande, elle l’avoit néanmoins trop por-tée à la cruauté. On dit que c’est par son ordre qu’a été bâtie la troisièmegrande Pyramide (è).
Après douze Générations, Mœris ou Myris * parvint au Trône. Cefut lui qui fit creuser le fameux Lac qui porta son nom , & qui érigea lesdeux Pyramides qui étoient au milieu (c). 11 bâtit auffi un superbe Porti-
que du côté septentrional du Temple de Vulcain à Memphis (d). SuivantHérodote , il fut le trente-troisième Roi depuis Ménès , & le Prédécesseur im-médiat de Sèsojìris.
Sefojìris , òésooftris , Séfoojis , Sésonchojts , Sêthofis , & plusieurs autresnoms font donnés par quelques-uns à un seul & même homme f, dont
(ct) Herod. L. II. (c) Supr. p. 356.
(4) Syncell. p. 58. Supr. p. 417. (/) Syncell. ibid. Diod. L. I. p. 47.
• II reprit Memphis fur les Pasteurs , suivant Marsham (1). Perizonius ne prononce riensur son sujet. Mœris étoit auffi appellé Maris, Myris, Mérès, Marrés, Smarrès ; & quelque-fois auffi, par le changement de la lettre M, en celle à'jí, de T, de U, de 2, de ïx,de A,&c. /lyres, Tyris, Byires, Suris, Uchureus, Labaris, à ce que prétend Newton (2).
| Marshtm reconnoit qu’il a été désigné par ces différen's noms, & encore par d’autres,que nous aurons peut-être bientôt occasion de rapporter. II croît positivement, que le Si-/ oflris de l’Histoire Profane est le Sèsac ou Shishak de l’Ecriture. 11 observe que les plusanciens Rois d'Egypte avec lesquels les Patriarches & les Israélites ont eu quelque rélatìon,font toujours appellés Pharao ; au-Iieu que Shishak est le premier Roi Egyptien que récri-ture désigne par son nom propre : à moins que Ramesès ne soit pas le nom de quelque Pays,mais d’un Roi. Ce fameux Chvonologiste est de sentiment, que quand Sésostris, ou félonlui Shishak, se mit en chemin pour faire la conquête de l 'JJie , il dut naturellement fe jet-ter fur la Judée, dont la Capitale fut prise & dépouillée de toutes ses richesses : car il estdit expressément dans la Version des LXX, & dans la Vulgate, qu’il étoit suivi par ungrand nombre de Libyens , de Troglodites, & d’ Ethiopiens ; Nations qu’il venoit de sou-mettre, suivant les Historiens Profanes. A quoi Mar>ham ajoute le témoignage de Jofèphe,disant, #«’Hérodote a attribué par erreur les allions de Sésác à Sésostris ; & dans un autreendroit, -/«'Hérodote ne s'étoit mépris que dans le nom du Roi. Mais ces Argumens ne nousparaissent pas tout-à fàit convaincans , puisque nous ne saurions voir comment il fuit de-làqu e Sésostris & Shishak ont été une feule & même personne. Supposons, pat exemple,qu’un Historien étranger attribue par erreur ies grandes actions de notre Henri V. à notreRoi Etienne, on n’en pourrait pas conclure que cet Historien a voulu parler du Roi Henri.Quoiqu’il en soit, notre Chronologiste soutient, que Hérodote & Jofèphe fout d’aocord à l’égard du fait , on ne doit guères s’embarasser de la différence des noms ; & con-jecture que les colomnes de Sésostris, qu’ Hérodote témoigne avoir vues dans la Palestine , out
(>) Marsh. Can. C lu on.
(i; Newton , Cbion. p. zít.