DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE, Chap. III. 451]e Règne est un des plus extraordinaires , qu’il y ait dans toute l’Histoire Sect. v.Egyptienne. II est représenté comme puissant par Terre & par Mer, sa* r oìs
gtfte.
ëté érigées par ce Conquérant à l’occasion de la lâcheté de Réhoboam , qui suivant le témoi-gnage de Jofèphe & de l’Ecriture, íè rendit à Sésac sans faire la moindre résistance. Nousfinirons cet article par une observation générale, lavoir, qu’à ce que les Historiens Profanesrapportent de Sésostris, Marsham ajoute ce que l’Ecriture dit de la conquête de la Judéepar Shishak ; & tient pour certain, que la Monarchie de ce Prince ne finit point en fa per-sonne (1). .
Voyons à présent ce que Perizonius , qui affecte toujours de combattre les sentimens deMarsham , comme nous savons déjà remarqué, objecte contre cette Hypothèse. Il posed’abord pour Principe, que Sésac & Sésostris ont vécu dans des tems très éloignés l’un dej'autre. Voici en peu de mots comment il tâche de prouver cette supposition.
1. II examine les expressions de JoJèphe , que nous avons alléguées ci -dessus; & aprèsavoir démontré que plusieurs Savans, aussi-bien que Marsham, les ont mal entendues, ilremarque. I. Que presque tous les Auteurs Grecs ont regardé Sésostris comme antérieur à laGuerre de Troye Hérodote le dit en termes formels, auffì-bien que Diodore ; avec cette dif-férence pourtant., que ce dernier met plus d’espace entre ce Roi & la Guerre de Troye, quene fait Hérodote. La même vérité est confirmée par Strahon (2), par Aristote (3), qui leplace avant Minas le Législateur de Crète \ par les Ecrivains de l'Expédition des Argonautes ;par le Scholiâste d’Apollonius (4) ; par Arrien (5), qui le fait contemporain de Jandyfh le.Scythe:, par Jornandès (6), qui dit qu’il vivoit avant les Amazones ; & enfin, par jfustin &Aï lien (7): le prémier déclarant que Sésostris a été antérieur à Ninus; & l’autre, qu’il futinstruit par Mercure , ce qui le suppose beaucoup plus ancien que Réhoboam , qui n’a vécu quelongtems après le Mercure Egyptien j dont il est question. Après toutes ces citations Peri-zonius blâme Marsham de n’avoir point eu égard à tant de témoignages, & d’avoir pronon-cé, que s’il n’en faisoit pas de cas, c’étoit à l’ignorance des Grecs qu’il failoit s’en prendre.Ensuite, il continue ainsi: Mais quoi! les Grecs pouvoient-ils être dans l’ignorance à l’égardde Sésostris, si ce Monarque n’a pas été plus ancien? 11 est certain qu’il n’y a pas eu ungrand intervalle entre Homère & Réhoboam : & comment concevoir que celui-là, né dansX A (te Mineure , & qui y avoir pasië la plus grande partie de fa vie, ou dans les Iles adja-centes, & qui, comme Marsham le reconnoit, a vécu après Sésostris', comment concevoir,dit.il, qu’il n’ait fait mention de Sésostris dans aucun de ses Poèmes, comme il a fait deMemnon , qui ne fauroit avoir vécu longtems après ce Conquérant? Memnon fut célébré parHomère dit Marsham, parce qu’il vivoit plus prés des tems Poétiques ; mais Perizoniusprétend ’qu 'Homère a écrit peu après la mort de Réhoboam , & que par conséquent il a puêtre très bien informé des faits de Sésostris. Outre cela, C A fie Mineure étoit en ce tems-làtoute Grecque, par les Colonies JEoliennes & Ioniennes, qui y furent transplantées peu detems avant le Règne de Réhoboam', & si Marsham ne fe trompe point, la plupart des habi-tans doivent avoir été Grecs, lorsque Sésostris envahit l'Aste Mineure. Ce qui est dit ici desGrecs Asiatiques est destiné à combattre une Observation de Marsham : savoir, „ que si Sé-„ sostris avoir porté la guerre jusques dans] la Grèce, nous tirerions de ce Pays plus de lu-„ miéres fur fou sujet, puisque les Athéniens,les Lacédémoniens, & les Corinthiens ,commeii-,, çoienc déjà à conserver la mémoire de certains faits; que les Grecs, qui ne s’embaraílòìent„ guèresen ce tems-làde ce qui fe passim hors de chez eux,avoiem très peu cultivé les Lettres;„ & qu 'Homère, qui a de beaucoup précédé tous les Historiens Grecs, n 3 étoit pas né enco-„ re; & qu’ainsi il n’y a pas lieu de s’étonner que les affaires des Egyptiens font enveloppées,, pour nous d’une épaisse obscurité.” A cela Perizonius répond, que les Grecs AsiatiquesCroient plus en état de transmettre f Histoire de Sésostris à la postérité, comme s’étant atta-
(1) Marsh. Can. Cluon.
(z) Saab. L. I. p. 3S & L. XXVII.(3 j Ariftot. Polìtic. Vil. 10.-(4) Aptìll. L. IV. v, 17*■
(j) Artian. apud Photiutn, Cod. jj.
824. ( 6 J Jornand. i» Geticis, c. 6,
(7) Justin. L, I. c, I. jfilian. Var. Hist. X,XHI 4*
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