Sect. V.
Rois d’E-gypte .'
456 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. L
Sèsoflris , suivant quelques Auteurs , étoit Fils d 'Aménophis. On conte-, que
Sífojlris ; & tous deux ayant été Rois d 'Egypte , puissans par Mer, & grands Conquérans;„ & ayant porté leurs conquêtes jusqu’à l 'Inde & la Thrace ; il s’ensuit que Sésostris a été„ le même que Bacchus. .
„ 2. Dicttarchm , cité par le Scholiafie d S Apollonius (1) , représente Osiris & Orus oom-,» me plus anciens de deux générations que Sésostris; disant qu’après Orus , le Fils à'Osiris &'„ d 'Isis., régna Sésonchofîs. Le Peuple de Naxus faifoit Bacchus antérieur de deux géuéra-,, fions à Thésée , & supposoit pour cet effet deux Minos & deux Arianes. Or du con-,, sentement & de l’aveu de toute l’Aritiquicé , Osiris & Bacchus ont été un seul & même„ Roi d 'Egypte-, les Egyptiens auíîì-bieu que les Grecs en demeurent d’accord : à quoi l’on« peut ajouter, que quelques-uns des plus anciens Mythologues, comme Eumolpe & Or-„ phée (2)- ont désigné Osiris par les noms de Dionysis & de Sirius. Osiris étoit Uoi de„ toute l' Egypte, & un grand Conquérant, & passa f Plelkjpont du teins de Triptolème , se„ rendit maître de la Thrace , & y tua Lycurgue ; ce qui prouve que son Expédition doit„ avoir été faite dans le même tems que celle du grand Bacchus. Osiris, Bacchus, & Sésostris„ ont été contemporains, & par le témoignage des Historiens tous Rois de toute /Egypte:„ ils ont régné à Thèbes , embelli cette Ville, & été puissans par Terre & par Mer : tous trois,, ont été grands Conquérans, & ont poussé leurs conquêtes par Terre à travers l 'Asie, j u st„ qu’à \'Inde : tous trois ont passé l ’Hdle/pont, & y ont couru risque de perdre leur Armée :„ tous trois ont conquis la Thrace, y ont borné le cours de leurs Victoires, & s’en font re*„ tournés de là en Egypte : tous trois ont fait ériger des colomnes avec des Inscriptions pour„ servir de Monuitìens à leurs Conquêtes: & par conséquent, tous trois doivent avoir été„ un seul&même Roi ééEgypte: & ce Roi ne sauroic avoir été un autre que Sésac. Toute VE-„ gypte, en y comprenant la Thêbatde , s Ethiopie, & la f.ybie , n’a pas été gouvernée par un„ seul Roi avant l’Lxpulfion des Pasteurs, qui ont règne dans la Basse Egypte : j| n’y a point„ eu de Conquérant de la Syrie , de l 'Inde, de XAsie Mineure, & de la Thrace , avant Sésac;„ & l’Hisloire Sainte nous fait envisager ce Roi comme le premier Monarque Egyptien qui„ ait conquis la Palestine.
» 3> Bacchus avoit des Femmes Lyhiennes dans fou Armée, à la tête defquelles étoit Mi •,, nerve, Lyhìenne ausïï f3). Dìolore (4) la nomme Myrina , & dit qu’eile étoit Reine des„ Amazones en Lybìe, & qu’efle y vainquit les Atlantides & les Gorgones, & fit ensuite une„ ligue avec Orus Fils à'Isis, qui lui avoir été envoyé dàns ce dessein par son Père Osiris„ ou Bacchus; qu’ayant passé à travers \'Égypte, elle soumit les Arabes, les Syriens, & les„ Gciiiens , & vint à travers la Phrygie, c’est-à-dire , dans l’Armée de Bacchus jusqu’à,, la Mer Méditerranée; mais que passant en Europe , elle perdit un grand nombre de ses„ Femmes dans un combat qui lui fut livré par les Thraces , & par les Schytes, à la tête
„ defquels étoit Sipylus un Scythe, & Mopsus un Thrace , que Lycurguc Roi de Thrace avoit
„ banni. Ce Roi (dit notre ingénieux Auteur) étoit ce Lycurgue , qui s’opposa à Bacchus„ lorsqu’il voulut passer 1 'llellefpont, & qui bientôt après fut défait & tué par ce Conqué-„ ratu : mais dans la fuite, Bacchus reçut un échec de la part des Grecs conduits par Perjée,„ qui tuèrent plusieurs de ses Femmes, au rapport de Pausanias (5), & qui fureur secourus„ dans cette bataille par les Scythes & les Thraces , donc Sipylus & Mopsus étoient les Chefs ;„ échec, qui joint à la révolte de son Frère Danaûs, arrêta le cours de ses Victoires,„ & le força de s’en retourner dans son Pays , laissant en chemin faisant une partie de
„ ses gens dans la Colchide & fur le Mont Caucase, fous /Etes & Prométhée ; & s es Fem.
„ mes fur le Fleuve Tiiermodon prés de la Colchide , fous leurs nouvelles Reines Marthésie„ & Lamepto: caf Dwtore ( 6 ), parlant des Amazones du Thermodon , dit qu’elles étoient„ Lyhiennes d origine, Cl y avoient régné fur les Atlantides ; mais que quittant leur Pays,
(’) Apollon. Argon. L. IV. v. 272, (+) Diod. t ib. III. p. 131, 132.
S > **• I- p- 7 ( 5 ) ïausan, L. II. c. 20. p. ijj.
(3) Diod, L. III. p. 14», (6) Diod, Dib. UI. p. 130, & Schol. A poli. L. ií,