DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ ALEX ANDRE, Cii.ap. III. 4SS
nos Historiens modernes , nous ne laisserons pas néanmoins de faire nos s&ct. v.efforts pour donner de son Règne le précis le plus exact qu’il nous fera r 0 ì spossible. gypte.
„ sang à Héroopolis, Ville peu éloignée de l’endroic où les Israélites entrèrent dans la Mer„ Rouge ; & suivant toutes les apparences, la même que Moyse désigne par son ancien nom,, de iìaah'fhon : que cette Ville fut appellée Sang, ou la Ville de Sang, parce que k sang„ de Typhon y avoit- été répandu ; & que ce Meurtrier e(l noyé sous les Eaux du JLac Sir.
„ bon, qui n’est pas loin de la Mer Rouge , & qu’on croyoit autrefois avoir communication,, avec cette Mer par dessous terre. La Ville même me paroit avoir tiré fou nom de Héroopo-„ lis, ou Fille des Héros, de ce que dans son voisinage le plus puissant Roi de f Egypte,
,, aullì-bien que fes Généraux & fes Soldats, (Héros aux yeux de ('Idolâtrie.) avoient été,, englouti; dans les ondes. Et ce qui me confirme dans ce sentiment, c’est que je ne trouve,, dans toute l’Histoire des Egyptiens aucun autre événement qui puisse rendre raison de ce,, nom. D'ailleurs tout ceci s’accorde avec ce que nous avons rapporté ci - dessus ; savoir,
„ que la mort de Séfostris avoit été généreuse, volontaire , & extraordinairement vantée par,» les Prêtres & par le Peuple d 'Egypte. Ajoutez à cela , que si l’on n’admet point que Sé-„ jojìris soit mort de quelque genre de mort semblable , il n’y aura pas moyeu d’entendre ce,, que Paulinus a voulu dire dans Aufone, lorsque dans la mention distincte de deux des plus„ illustres Rois d 'Egypte Nicersos & Séfostris, il dit du dernier , Et qui règnavit , fine nomi-,, ne mox , Sésoostris ; Que celui qui avoit été un st grand Roi , tíeut bientôt plus de nom.
,» Au reste cette Foudre , ou cette Tempête mêlée de Foudres & d’Eclairs , dont il est fait„ mention dans l’Hisloire de la mort de Typhon , n’est autre chose que çe que nous trouvons„ dans 1 ePentateuque à l’occalìon de la mort de Pharao ; savoir, que Dieu regarda à travers,, la Colomne de Feu & de Nuée, & mit tellement les Egyptiens en déroute , que les Roues„ de leurs Chariots furent ôtées , if n allèrent que pesamment ; & què les Egyptiens dirent ,
,, Fuyons da devant les Israélites , car VEternel combat pour eux : ce qui s’accorde avec„ ie témoignage de Josephs, d’ Artapan , & du Psaimiste célébrant bétonnante délivrance„ que Dieu avoit accordée à son Peuple. Les Nuées, dit ce Prophète ont èpandu des imn -„ dations d’Eaux , & ont fait retentir leur son : les Traits de TEternel ont été lancés çà„ là. Le Son du Tonnerre ètoit en f air , les Eclairs ont éclairé la Terre habitable la„ Terre en a été émue , & en a trembié'. Ce qui convient parfaitement avec ce que les„ Payens ont raconté touchant la Destruction de Typhon ”. En un mot, notre Auteur regar-de comme une solution sans répliqué à cette question , Que devint la fameuse Monarchie desEgyptiens après la mort de Séfostris ? que lui & fa nombreuse Armée périrent dans la MerRouge', ce qui joint à la perte de 600000 Esclaves, a dû naturellement ébranler extrême-ment la puissance des Egyptiens , & ruiner en quelque forte leur Monarchie nouvellement ac-quise. Et c’est principalement l’Extinction soudaine de cette vaste Monarchie à la mort deSéfostris son Fondateur, qui paroit à Mr. Whifon une espèce de démonstration que ce Monar- ^que est le même phuroò qui a été englouti dans la Mer Rouge (l).
Le fameux Newton est d’opinion que Séfostris est í Osiris des 'Egyptiens , I e Bacchus deîGrecs , le Séfae ou Shishak de l’E cantine: Opinion en faveur de laquelle il allègue lesargumens fui vans: _
„ 1. Bacchus le Conquérant aima deux Femmes, Venus & Ariane',de la derniere delquei-„ les il eut des Fils qui furent Argonautes', par où il paroit que le grand Bacchus n a^été an.
,, térieur que d’une génération à l’Expédition Argonautique. Ce Bacchus étoit paillant par,, Mer {2) , pouíla fes conquêtes du côté de l’Orient julqu’à l 'Inde , retourna en criom,
,, phe, fit passer à son Armée 1 'Hellefpoot ', conquit la Thrace , y laissa la Musique, la Dan-„ se, & la Poésie ; tua Lycurgue Roi de Thrace , & Penthèe le Petit • suis de Cadmu ■; donna„ le Royaume de Licurgue à Tharops ; & une de fes Joueuses d’Instrumens, appellée par les„ Grecs Calliopc, à Oeagrus Fils de Tharops', & d ’Oeagtus & de CalUope naquit Orphée,qui,, fut de l’Expédition des Argonautes. Ce Bacchus étoit par conséquent Contemporain de
(ij Whiûon’í Appaidíx.
(2) Beíiuipjfos apud Attejwui», U, I,