S B CT. V.Rois d'E-
458 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Pour profiter de cet avertissement, il fit assembler tc^us les enfans mâlesnés en Egypte, le même jour que son fils ; & ordonna qu’il y auroit desnourrices & d’autres personnes pour en avoir foin , jc que ces enfans se-
„ Lybìe, & l’ Ethiopie; & que la prémiêre année de Réhobomn , Séfoflris ( Sêfac ) viut à'Egypte,, avec une grande Armée de Lybiens, de Troglodytes ,& d ’Ethiopiens , pilla le Temple, fou-„ mit la Judée , & continua à pousser ses conquêtes, prémièrement vers l’Orient jusqu’à„ t Inde , & ensuite vers l’Occident jusqu’à la Thrace : car Dieu lui avoit asservi les Royaumes,, de la Terre (i).
11 n’y a point d’Argumeut, que le grand Chronologiste que nous citons, regarde commeplus concluant en faveur de ce qu’il avance touchant Séfoflris , que celui que nous allons rap-porter. ,, Scion , après avoir parcouru P Egypte , & interrogé les Prêtres de S aïs fur leurs
„ Antiquités, mit en Vers ce qu’il avoit appris , mais ne finit point son Poème (î). Ce
„ Poème tomba entre les mains de Platon, qui assure y avoir lu , que près des Colomnes
„ à'Hercule il y avoit une Ile appellée Atlantis , dont le Peuple, neuf mille ans avant le
,, tems de Solon, étendoit son empire sur la Lybie jusqu’à s Egypte, & sur Europe jusqu’à
la Mer Tyrrhène ; & que toutes ces forces réunies en un seul corps envahirent l 'Egypte &,, la Grise jusqu’aux Colomnes à'Hercule, mais qu’elles furent arrêtées par les Athéniens &„ d’autres Grecs , qui empêchèrent ainsi que d’autres Nations ne fussent assujetties. II dit„ auíïï , que dans ce tems-là, les Dieux, après avoir mis fin à leurs conquêtes, partagèrent„ la Terre entre eux, en portions de différentes grandeurs, firent bâtir des Temples à leur,, propre honneur, & y instituèrent des Cérémonies Sacrées; & que Pile d 'Atlantis tomba en„ partage à Neptune, qui fit son fils ainé Atlas Roi de toute Nie, dont une partie s’appel.„ loit Gadir ; & que dans l'Histoire de ces guerres, il étoit fait mention de Cécrops, d' E-,, rechtée, r/Erichchonius, (st d'autres avant Thésée, comme auflì des Femmes qui accompa-„ gnoient les hommes à la guerre, (st de (habillement (st de ìa stature de Minerve , les hom-,, mes (st les femmes s'appliquant en ces jours également à la guerre. 11 paroit clairement par„ toutes ces circonstances, que ces Dieux étoient les Dii magni majorum Gentium, & qu’ils,, ont vécu entre le tems* de Cécrops & celui de Thésée: comme auíïï, que nous avons ici la,, Description des Guerres que Séfoflris , conjointement avec son Frère Neptune, fit à plu*,, sieurs Peuples par mer Lc par terre , de la résistance qu’il éprouva de la part de quel-„ ques Peuples Grecs , & de l’invasioti de VEgypte par Neptune. D’un autre côté, nous y„ voyons comment les Capitaines de Séfoflris partagèrent ensemble leurs conquêtes (comme„ firent longtems après eux les Capitaines S Alexandre le Grand ) & se firent adorer cotn-„ me Dieux après leur mort, en se faisant ériger des Temples & rendre des hommages,, Religieux: & que File de Gadir , ou de Gaclès , toraba en partage à celui qui fut mis après,, fa mort au nombre des Dieux fous le nom de Neptune. Par où il paroit, que le tems,, où ces choses font arrivées , est le même , suivant Solon , que celui de Neptune, Père„ à'Atlas’, car Homère nous apprend , qu’immédiatement après la Guerre de Troye, Ulyffè„ trouva Calypso Fille A'Atlas dans l’íle à'Ogygie , peut-être Gadir. Ainsi il ne peut y avoir,, eu encre cette Guerre & Neptune que deux Générations. Ce fut ce même Neptune , qui„ avec Apollon ou Orus entoura Troye d’une muraille pendant le Règne de Laomèdon Père„ de Priam, & qui laistà plusieurs enfans naturels dans la Grèce, doin quelques-uns furent„ Argonautes, & d’autres contemporains de ces Héros. D’où il s’eniuit , qu il n’a été anté*,, rieur que d’une génération à l’Expédition Argonautique , & environ de 400 ans au voya-„ ge de Solon en Egypte: mais les Prêtres á'Egypte avoient pendant ces 400 ans si excessive*,, ment reculé l’antiquité de leurs Dieux, qu’ils étoient devenus de 9000 ans plus vieux que-„ Solon, & file $ Atlantis plus grande que f Asie & que f Afrique ensemble. Or comme d u„ tems de Solon cette grande Ile ne fe voyoic plus, ils difoienc que la Mer savoir engloutie„ avec tous ses habitans: tant étoit folle la vanité des Prêtres Egyptiens fur le chapitre de leurs,, antiquités”. Ce font là quelques-uus des Argumens les plus frappons que uous ayons trou-vés dans Newton touchant Séfoflris (3).
(1) 2 Chron. XII. 2 , } , t. (t) Newton Chroaol. p. za<S-.îii. MS- 24 ?*“
{2) fiat. iíi Timïo cc in Ctitia. 24 S.