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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE, Chap. III. 459

raient traités de-même que son fils à tous égards: persuadé que ceux quisecT. v.avoient été ses compagnons & ses égaux pendant les années de son en* g 0 : sfiance & de sa jeunesse, seroient des Ministres fidèles, & des Soldats fur gy pte.

l’affection desquels il pourroit le plus sûrement compter. On fournissoit-

abondamment à ces enfans tout ce qui leur étoit nécessaire} & à mesure S«n Pirequ'ils croissoient, on les accoutumoit peu à peu à des Exercices laborieux, rojfmblefans qu’il leur fût permis de goûter de quelque chose avant que d’avoir fait en E §yP teune course de 180 stades, ou de 22 milles en montant. Par cet Exerci- ^ ^âkice corporel,& par la manière dont leur ame étoit cultivée, ilsdevenoient «in-également propres au Commandement & â l’Exécution. Aménophis , après jour que M.avoir fiait toute cette dépense, & s’étre donné tant de peine, pour con-tribuer à la grandeur future de son fils, résolut de lui fournir, aussi-bienqu’à ses Compagnons, une occasion de faire paraître les heureux effetsde leur éducation: & pour cet effet 1! les envoya tous avec une Arméeen Arabie. Le jeune Sèsostris surmonta dans cette Expédition tous les dan- // senvoytgérs qu’il y a à craindre de la part des Serpens & de quelques autres Bêtes en Arabievenimeuses, toutes les incommodités auxquelles il faut s’attendre dans un b en Afri-Pays sec & aride, & dompta à la fin les Arabes , qui jusqu alors n’avoient que *jamais été assujettis. Son Père l’ayant envoyé ensuite vers l’Occident, il serendit maître de la plus grande partie de Y Afrique (a) ; & ne s’arreta pas,à ce qu’il semble, qu’il n’eût vu l’Océan Atlantique (b). Pendant qu’il étoitoccupé à cette Expédition, son Père mourut : & comme cette mort luimettoit en main les rênes du Gouvernement, & que les victoires qu’ilvenoit de remporter lui avoient enflé le cœur, ou bien qu’il s’étoit rappelléla Prédiction du Dieu, il ne se proposa pas moins qu’une Monarchie univer-selle. II y en a qui prétendent que sa Fille Athryrte, jeune Dame d’un gé-nie extraordinaire, l’anima à cette entreprise par ses conseils, en lui re-présentant la chose comme très aisee. D’autres disent, quelle avoir apprisles heureux succès de son Père par divination, par songes, & par les pro-diges quelle avoit vus dans l’air (c): si bien que suivant ces Auteurs, Sé- ‘sojìris ne sauroit avoir été guères jeune en ce tems-la. Enfin d autres ontavancé, qu’il fut instruit de fa grandeur future par Mercure, qui joignit à sesinstructions des avis fur la manière dont il dévoie s’y prendre pour venirheureusement à bout de ses desseins (d).

Roulant dans son esprit un si grand dessein, & prévoyant qu’il ferait // entre.longtems abíent, & fort éloigné á'Egypte, il songea comment il devoir premi i afaire pour se conserver le cœur & l’affection de ses Sujets: comprenant conquêteparfaitement bien, que c’éroit-là le moyen le plus naturel de porter ceux^f^® We tequi dévoient l’accompagner à s’exposer volontiers à la mort pour son servi-ce; & d’empecher ceux qui resteraient dans leur Patrie d’attenter à sonautorité pendant son absence. Pour cet effet il s’essorça de se concilierl’amour de ses Sujets par des marques de libéralité, ou par des preuves

(c) Diod. ubi fupr. p. 49.

(d) Aìlian. Var. Hist. L. II, c. 4.

Nnn L

(/j) Diod. L. I. p. 48.Lucan. X. v> 27.