DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE,Chap.III, 4§Zvita à un Festin le Roi son Frère, la Reine, & ses Enfans; lesquels ayant Sect. V.tous accepté son offre , & ne s’étant guères ménagés à l’égard de la bois Rois <TE-son, furent immédiatement après le Festin accablés du plus profond fom -gsP te >roeil. Alors Danaiis fit apporter une grande quantité de roseaux secs au , "
tour de l’appartement où ils dormoient, auxquels ayant fait mettre le feu, íá/owil espéra les brûler tous ensemble. Sêsofiris s’étant apperçu du danger qui ejphe dele menaçoit, & voyant que ses Gardes, appesantis par le sommeil & par mirac'e àle vin, étoient hors d’état de l’aflìsler, leva ses mains au Ciel, & implo la nì0ftrant le secours des Dieux en faveur de fa Femme & de ses Enfans,se sau- ssspssfva à travers les flammes. Pour témoigner fa reconnoiíïance d’une fi mer- /«/ p^pa-veilleuse délivrance, & pour tenir ce qu’il avoit promis dans cette extré* roit.mité, il fit des présens à plusieurs Dieux ,& particulièrement kVulcain («),comme nous le dirons dans la fuite. Hérodote paroit avoir été mal informéde quelques particularités de la délivrance dont il s’agit ; disant, que saFemme lui persuada de mettre deux de ses Fils en travers fur le feu,& dese sauver en marchant sur leurs corps. Après cela Séjostris se vengea deson Frère Armais (b) , le Danaûs des Grecs (c) , q u'on croit avoir été chasséen ce tems-là à’Egypte, & s’être retiré en Grèce.
La cruelle entreprise de son Frère ayant ainsi échoué, & se voyant affer-mi sur le Trône, il orna tous les Temples de magnifiques présens, & don-na à ses Soldats des récompenses proportionnées à leurs exploits. Ceuxqui l’avoienc accompagné dans ses expéditions, étoient charmés de cequ’outre la gloire & les richesses acquises ils avoient apporté avec eux enEgypte la connoiffance de plusieurs choses utiles & nécessaires. Après celaSéjostris , renonçant à ses projets guerriers, congédia son Armée ; & parrapport à lui-même, s’appliqua uniquement à des ouvrages prodigieux,capables d’immortaliser son nom , & de contribuer toujours à futilité pu-blique.
11 fit trois sortes d’Ouvrages: 'les uns religieux, les autres militaires, & SesOu-les derniers rélatifs à la vie civile. Prémièrement il érigea un Temple *«»*«,dans chaque Ville d 'Egypte , qu’il dédia à la Divinité Suprême du Lieu.
De quelque étendue néanmoins que fût l’exécution d un pareil dessein,aucun Egyptien n’y mit la main, comme il paroit par l’Inscription qui selisoit sur tous ces Temples, Aucun Egyptien ria travaillé à cet Edifice (d).
Dans la Ville de Memphis , devant le Temple de Vulcain, il fit élever sixStatues gigantesques , chacune d’une feule pierre : deux de ces Statuesavoient trente coudées de hauteur, & représentoient Sêsofiris & sa Fem-me : les quatre autres représentoient ses quatre Fils , & n’étoient que devingt coudées (e). J1 dédia ces énormes masses à Vulcain , en mémoirede ce qu’il avoit si heureusement été conservé avec sa Famille à Pg.ìufi (/). On prétend que plusieurs siècles après , Darius voulut faire
fa') Diod. L. r. p. 53. (,/) Diocî. ubf fapr. p. zr» 52.
(p) [leroil. L II- (c) Herod. ubi fupr.
(r) Mauetli. ap. Jof. c. Apion. L. I. p. IC4 r. (/) Diod. ubi fupr. p. 53.