Sf.ct V.
Rois cl E-gypíe.
464 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
placer sa statue au - dessus de celle de Sésojlris ; mais que les Prêtres deFulcain ne voulurent jamais y consentir: disant que ce Monarque,quoiquegrand, n’avoit point égalé Sésojlris en général, ni en particulier domté les.Scythes comme lui; & que par conséquent, il étoit injuste au Roi de Per-se de se préférer à un Monarque Egyptien , qu’il n’égaloit pas. Sésojlrisérigea de plus deux Obélisques de Marbre, de 12c coudées de hauteur;& y fit graver des Inscriptions, qui marquoient la grandeur de son pou-voir, la somme à laquelle montoient ses revenus, & ìe nombre des Na-tions qu’il avoir soumises. Tels font les Ouvrages qu’on peut regardercomme des Monumens de fa piété & de fa gloire. Voyons à présent cequ’il fit dans la vue de procurer quelques avantages durables à son Peuple.
Pour prévenir les incursions des Syriens & des Arabes , il garmt le côtéoriental de Y Egypte d’une muraille, qui s’étendoit depuis Peluje k traversle désert jusqu’à Héliopolis , de la longueur de 1500 stades « ou 187 milles& demi. Outre cela il fit extraordinairement relever le terrain dans ungrand nombre d’endroits, afin que ceux qui se trouvoient dans des lieuxtrop bas & trop exposés aux inondations du IV//, pussent y aller demeureren fureté avec leur bétail. Sur toute la route depuis Memphis jusqu’à laMer, il fit creuser des Canaux qui avoient communication avec le Nil, &qui servoient, non seulement à faciliter le Commerce, mais aussi à rendrele Pays impraticable, ou du moins fort incommode aux Ennemis qui vien-droient y faire quelque invasion. Si bien que Y Egypte, fameuse jusqu’alorspour ses Chevaux & ses Chariots, changea entièrement de face à cet égard,depuis qu’elle eut été entrecoupée de tant de Canaux (a), 11 semble a cetégard, que Sésojlris craignit que les différentes Nations qu’il avoit subjuguées,ou du moins quelques-unes d’elles, ne s’unissent contre Y Egypte; mais lecontraire paroit évidemment par fa conduite hautaine à l’égard de ceux quilui étoient assujettis, comme nous aurons occasion de le dire dans un in-stant. On assure que vers le même tems, quelques - uns de fes nouveauxSujets, réduits au désespoir par la pesanteur du joug qui leur étoit imposé,& en particulier les Babyloniens , fe révoltèrent, & résolurent de tout hasar-der pour fe retirer d’efclavage. Ils commencèrent par fe rendre maîtres d’u-ne Forteresse; & agissant ossensivement contre les Egyptiens, ils ravagè-rent tout le Pays d’alentour. Mais le pardon de leur révolte leur ayantété offert, aussi-bien qu’un lieu pour y demeurer, ils entrèrent dans desscntimens plus pacifiques, & fe bâtirent une Ville qu’ils nommèrent Ba-bylone. La même chose a été dite des Esclaves Troyens ( b ). Suivant Hé-rodote , Sésojlris , étant de retour de toutes fes Expéditions, partagea lePaySégalement entre tous les Egyptiens: ce qui est directement Contraire à ceque nous avons dit du partage que ce Prince fit avant son départ; &, ànotre avis, peu conforme au génie & à la politique de ce Monarque guer-rier: ainsi il faut qu 'Hérodote fe trompe. Le même Auteur dit à cetteoccasion, que Sésojlris faisoit mettre à part des revenus du Pays ainsipar-
(«) Herod. l, n, (í) Diod. L. I, p, §2.