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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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470 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

S£Ct. V. assuré de la chose par deux ou trois expériences. Pour découvrir leRois á'E- Voleur, il ordonna qu’on dressât des pièges autour de tous les Vases oùgypte. "** étoit fa Monnoye. Les Frères ne manquèrent pas de venir la nuit. Un> > - d'eux après avoir ôté la pierre, entra dans le lieu du Trésor, mais il eucà peine approché d’un Vase rempli d’Argent, qu'il se trouva pris au piè-ge qui y étoit tendu. Surpris de se voir ainsi arrêté, il appella son Frè-re , qui étoit dehors , & le conjura d’entrer & de lui couper la tête,afin d’empêcher que tout leur complot ne fût découvert. Le Frère ,trouvant la demande raisonnable, entra & fit ce qui lui étoit demandé.Après quoi il emporta la tête avec lui, & ne manqua pas de remettrela pierre comme il falloit. Le lendemain de bon matin, le Roi vint pourvoir si le Voleur étoit attrapé, mais il fut extrêmement étonné de netrouver qu’un homme fans tête. 11 sortit dans un grand trouble d'es-prit, mais qui ne l’empêcha pas néanmoins d’ordonner que le cadavreseroit attaché au côté extérieur de la muraille, & exposé à la vue du Pu-blic; recommandant outre cela aux Gardes, qu’il avoit fait placer tout au-près , d’obscrver l’air & la contenance des Spectateurs, & de lui amenertous ceux en qui ils appercevroient quelques signes de tristesse & de cha-grin. Quand la Mère du mort apprit que le corps de son Fils étoit expo-sé de cette manière, elle en fut tellement affligée, qu’elle menaça le Filsqui rettoit d’aller tout déclarer au Roi, s’il ne rapportoit au logis le corpsde son Frère. Le jeune-homme tâcha de faire entendre raison à sa Mè-re, mais tout ce qu’il put dire ne fut pas capable d’ébranler fa résolu-tion. Pour la satisfaire, il s'avisa enfin de charger ses Anes de quelquesoutres remplies de vin, & de les mener vers l’endroit où le cadavre étoitsuspendu. Dès qu’il fut près de la Garde, il fit, fans qu’on s’en apperçût,des trous à quelques-unes des outres; & aussitôt qu’il vit couler le vin, ilse mit à se frapper lui-même, & à donner des marques de consterna-tion & de désespoir. Les Soldats, qui étoient en faction, accoururentaussitôt avec des pots, afin d’y recevoir pour eux-mêmes une partiede la liqueur qui s’écouloit: de quoi le jeune-homme fâché en appa-rence se mit à leur faire des reproches, disant qu’il étoit bien vilain àeux de se divertir de son malheur, au - lieu de lé secourir: mais com-me les Soldats lui donnèrent de belles paroles, il parut s’appaiser ; & con-duisant ses Anes hors du chemin, feignit d'être fort occupé à prévenirl’écoulement du reste de son vin. Durant cette occupation, les Gardes setenoient près de lui, en s’amusant à causer & à folâtrer: à la fin il leurdonna une outre de vin, & eux à leur tour le prièrent d’en boire sa part.Cette outre vuidée,il en donna une autre, & eut le bonheur d’enivrer toutela Garde, & de la voir peu aprèî plongée dans le plus profond sommeil.Alors profitant de l’occasion, qui étoit d’autant plus favorable qu’il fai-soit fort obscur, il alla prendre le corps, le chargea fur un de ses Anes, &mena au logis à fa Mère le cadavre de son Frère. Cette nouvelle causaune étrange surprise au Roi, qui pour découvrir sauteur de tant de mct-