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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE, Chap. III. 47s& faire circuler l’Argent, il fit une Loi, en vertu de laquelle il étoit per- Sect vmis à un homme d’emprunter quelque chose fur le cadavre de son Père. RghLe Débiteur donnoit ce cadavre en gage à son Créancier, & ne pouvoir, gypte.

ni être enterré lui-même, ni aucun de ses defcendans, tant que la dette —-.

n’étoit point payée. Ce Roi pour surpasser tous ses Prédécesseurs, se bâ* ^ me ,tit une Pyramide de briques, fur laquelle il fit graver une orgueilleuse In-scription (ct). f,q

Après Asychis , un aveugle nommé Anyfis, devint Roi. Pendant son » fRègne, Sabbaco , Roi à'Ethiopie , entra en Egypte avec une puissante Armée, " y * 3 ’

& mit en fuite Anyfis, qui laissa son Royaume à l’Usurpateur, & se retiradans les marécages (à).

Mais avant que d’entrer dans le détail du Règne de Sabbaco , faisonsquelques pas en arrière, & jettons la vue fur les trois Règnes que nous ve-nons de parcourir. Ce coup d’œil nous convaincra peut-être, que Bocch-ris & Asychis font deux dissérens noms du même Roi, & que l’aveugle Any- (^ C yjZ'- ìkfis étoit contemporain de ce Monarque. La Loi attribuée à Asychis se res- font û wî.sent si fort de l’esprit de Bocchoris, qu’il ne doit pas paroîcre étrange si on me Roi con -les prend pour un seul & même personnage. Que s’il est vrai que Sabbaco t ^ n P« r ainait fait brûler Bocchoris tout vif, il faut non seulement que notre conjecturesoit véritable, mais auffi qu ’Anyfis ait été Roi d’une autre partie deYEgyp- C us, Pèrëte , dans le même tems. Outre cela Hérodote assure que Nécus , Père de de Psam-Pfammétique ,fut vaincu par le même Ethiopien (c). Voici donc trois Rois, méti que.(fi tant est que Nécus l’ait été) subjugués par le même Ennemi, & tous enEgypte. Par où il paroi t, pour le dire en passant, que plusieurs Rois d’E-gypte font placés en ordre de Succession, quoiqu’ils n’ayent été que collaté-raux ; & cela par une vaine ostentation, & pour favoriser les extravagan-tes prétentions des Prêtres touchant l’antiquité de leur Royaume.

Revenons à Sabbaco. S’il est vrai qu’il ait traité si cruellement Bocchoris, sl’accusation de ceux qui supposent qu’il déshonora les commencemens’ /’Etbio^de son Règne par des Actes de barbarie, n’est que trop fondée. Mais à pieu.peine se vit-il fermement établi sur le Trône, qu’il devint un tout autrehomme, & fut renommé pour sa bonté & pour sa clémence. On croitqu’il a été le So , dont il est parlé dans I’Ecriture; & que ce fut lui qui fitune ligue avec Hosèe , Roi de Samarie , contre Sahnannajsar , Roi d’Assy-rie. 11 fut porté à entreprendre la Conquête de Y Egypte par un Songe ouune Vision, qui lui afîuroìc qu’il garderoit ce Royaume pendant cinquante prèma.ans ; & après que ce terme fut expiré, il abandonna volontairement re Vision. *

VEgypte, & s’en retourna en son Pays. Mais durant le tems qu’il passa Sûfi ,en Egypte, il donna les plus éclatantes preuves de sagesse & de piété, & à s ju 1 e ‘ne céda en habileté à gouverner à aucun de ses Prédécesseurs Egyptiens, vernir.Jamais il ne voulut permettre qu’on exécutât les Sentences de mort pro-noncées contre des Criminels; changeant le genre de peine, & obligeantCeux auxquels les Loix ôtoient la vie à entreprendre de rudes tra-

(-?) Herod. L. IJ. Supr. p. 337. (§) Herod. ubi supr. (c) Idem ibid.

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