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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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Sect. Y-

Rois d'E-gypte.

Sa secondeFUion.

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«JÍ’ÀuysiSj

SéthonRoi bPrêtre ,

476 HISTOIRE ASIATIQUE, Lïvr. I.

vaux, qui consistoient à élever des hauteurs, A à creuser des canaux : ce quifit que les Villes d’.Egypte devinrent plus élevées, & furent rendues pluscommodes que du tems même de Sèfojìris; A entre autres la Ville de Bu-bajìis, où étoit un magnifique Temple dédié à la Déesse de même nom,dont les Grecs ont fait leur Diane. A la 6n Sabbaco eut une féconde Vision,dans laquelle le Dieu tutélaire de Thèbes l’avertissoit, q u'il ne pou voit con-server avec fureté & avec bonheur le Royaume d 'Egypte , à moins qu’il nemassacrât les Prêtres lorfqu’il passeroit au milieu d’eux avec ses Gardes. CetteVision revint plus d’une fois; mais comme son cœur se refusoit à un pareilattentat, il fit venir les Prêtres & leur déclara l’avertissement que lui a-voient donné les Dieux: Avertissement qu’il regardoit comme une exhor-tation à quiter \’Egypte; ce qu’íl aimoit mieux faire avec des mains pures,& une conscience sans reproche, que de conserver le I rène d 'Egypte ense souillant de tant de sang innocent. Conformément à ce dessein, il seretira en Ethiopie, dès-que les cinquante ans, dont nous avons fait men-tion ci - dessus, furent expirés (a).

Aussitôt que Sabbaco eut quité le Royaume, Anyfts sortit de sa retraite,& reprit en main les Rênes du Gouvernement. Son absence avoit été decinquante années; & pendant ce tems il avoit formé une Ile, composéede cendres & de terre, pour lui servir de demeure ; car chaque fois quequelque Egyptien venoit vers lui avec des provisions , il demandoitqu’on lui apportât des cendres à l’insu de Y Ethiopien. Cette Ile étoitappeilée Elbo , & ne fut découverte que sept cens ans après, fous leRègne d ’ Jmyrtceus.

Après lui régna un certain Sêtìwn , qui fut Roi & en même tems Prê-tre de Celui-ci, non feulement négligea l'Ordre Militaire, mais

alla jufqu’à dépouiller les Gens de guerre de leurs Terres & de leurs Pri-vilèges ; injustice qui les irrita tellement, qu’ils fe crurent dégagés detoutes les promesses de fidélité & d’obéissance qu’ils lui avoient fai-tes, & prirent la résolution de ne jamais porter les armes fous lui, s'ilvenoit à avoir besoin d’eux. Pour lui, sans s’embarrasser de leurs plain-tes, ni de leurs menaces, il s’adonna à la contemplation & à des fonc-tions Religieuses. C’étoit* là l’état des choses, lorsque Sennacherib, Roià'Assyrie, s’approcha de Péluse, dans le dessein d’entrer en Egypte. Frap-pé de la grandeur du danger , & sentant que sa seule ressource étoitl’Ordre Militaire qu’il avoit si maltraité, il en implora le secours, maisenvain. Pour dernier remède, il s’adressa à son Dieu, & le conjurade venir à son aide. Etant encore dans le Temple, il tomba dans unprofond sommeil, durant lequel il lui fembloit que le Dieu lui apparoirsoit, & l’exhortoit à prendre courage; lui promettant, que s’il vouloirseulement aller au devant des Assyriens , il remporceroit sur eux une victoirecomplette. Plein de cette Vision, il assembla un Corps d'Armée, qui neeonsistoit qu’en Artisans & Laboureurs, & prit le chemin de Péluse;.*

fferod. L. IL Dìod, Sic, L. L p. 5$.