DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE, Chap. Iir. 493
mille jeunes Seigneurs Egyptiens , tous avec des mords en leurs bouches, & Sect vdes licous autour du cou, allant pour être mis à mort, & immolés aux RoHd'Emanès du Héraut 1 crjan, & des Matelots Mhylénïem. Mais Pfammenitus,gypïe.
comme s’i) avoit perdu entièrement Tissage de ses sens, ne leva pas les veux--
fur eux lorsqu’ils passèrent, pendant que les Egyptiens , qui étoient autourde lui, don noient les marques les plus éclatantes de douleur. Quelques inf*tans après, il vit un de íes intimes Amis, qui dépouillé de tous ses biensdans un âge avancé, alloit de maifén en maison dans le fauxbourg mendiantson pain, Ce spectacle le fit pleurer amèrement, & il appella fan Ami parson nom. Psammenitus étoit environné de quelques Espions, chargés de re-marquer fa contenance, & d'écouter les discours qui pourroient lui échapper"
Ceux-ci rapportèrent incontinent à ce qu'ils venoient de voir. Cu-
rieux de savoir les raisons dune conduite íì bizarre en apparence, le Monar-que Persan envoya un Messager au Roi captif, pour lui en demander l’expli-cation. Psammcnitus répondit, ,, Que les calamites qui enveloppoient fa„ Famille étoient trop grandes pour être déplorées par des marques extérieu-„ res d’affliction ; mais que la vue d’un Ami intimeréduk à la misère hiffbic„ quelque liberté de réfléchir, & permettoit par cela même de pleurer.”
Cette réponse fit un tel effet sur Cambyses , qu’ii envoya ordre qu’on nemît point Je Prince à mort; mais par malheur c’en étoit déjà fait, lorsqueTordre arriva. Cambyses commanda en même tems que Pfammenitus scroicremis en liberté: & fl ce malheureux Roi n’avoit pas laissé échaper quelquesmarques de désir de vengeance, le Gouvernement de TLMte lui auroicpeut-être été confié; mais les dispositions où il étoit à cet égard avantété découvertes, il fut pris, & condamné à boire du sang de Taureau(a); & finit ainsi sa vie après un funeste Règne de six mois & une ccourte captivité : & avec lui furent enterrées T ancienne splendeur & la li. Sa mr *'berté d’E gypte.
Les Egyptiens sentirent alors la pesanteur du joug qui leur étoit imposé. Ils rvirent leur Roi Amafis arraché de son tombeau, déchiré en pièces , &enfin J’Amífìs'*réduit en cendres, ils virent leur Dieu Apis tué, H leurs Prêtres ignomi- bruu, £?nieusement fouettés: injures qui firent de si terribles impressions fur toute lela Nation, qu’eíle conserva depuis une haine implacable pour les Perses > h ^ stué -& ne put jamais rester tranquille fous leur domination.
C’est ainsi que les Egyptiens furent réduits au plus honteux esclava- Z’Egyntege , la famille de leurs Rois éteinte, leur Religion traitée de la ma • Revient ur,enière la plus outrageante, & eux-mêmes persécutés & méprisés pour Provincela profession qu’ils en faisoienc. ‘k l'Empire
Un Peuple, qui avoir un zèle si respectueux pour les anciennes in« ^ es Fcdês»stituúons, devoir nécessairement se croire très malheureux fous desGouverneurs qui se moquoient de leurs Loix ; aussi les Egyptiens ssi.rem-ils fans cesse occupés à chercher les moyens de secouer le joueinsupportable de leurs Oppresseurs. ô
(a) Herod. L. II.
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