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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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5 o8 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

Sect. I. te retirassent, pendant qu’il en étoit encore tems. Avant qu’il fît jour, LotHíst. des Llla trouver ses gendres, qui dévoient épouser ses filles *, leur annonça laMoabites. ruïne prochaine de Sodome, & les conjura d’en sortir: mais eux croyant■-qu’il se moquoit, ou qu’il ne savoit ce qu’il disoic, ne voulurent point dé-

férer à cet avis (a). Moyse ne fait mention d’aucune autre exhortation adres-sée par Lot à ses Concitoyens. II est probable néanmoins, que ce saint hom-me ne négligea aucune occasion de travailler à leur conversion ; puisqu’il estdit, que pour tout ce que ce Juste entendait b voyoit ,il tourmentoit de jour enjour son amc , à cause de leurs médians aStes (/-): paroles qui semblent fon-der une Tradition adoptée dans la fuite par Mahomet , suivant laquelle Loiétoit un Emissaire envoyé de la part de Dieu pour retirer de leur égare-ment les habitans de Sodome (c).

Lot ayant inutilement sollicité ses gendres de pourvoir à leur fureté;fut exhorté par les Anges dès l’aube du jour, de se retirer d’abord avec safemme & ses deux filles, de peur d’être enveloppé dans le châtiment quialloit fondre fur la Ville. Mais comme il ne pourvoyoit pas avec assez depromtitude à fa retraite, (apparemment à cause qu’il vouloit emporterune partie de ce qu’il avoit de plus précieux, ) les Anges le prirent par lamain avec fa femme & ses deux filles, & les emmenèrent hors de la Vil-le: leur ordonnant de se hâter, parce que leurs vies étoient en danger;&les avertissant; outre cela de ne point regarder derrière eux, ni de ne sepoint arrêter dans la Plaine, mais de gagner au plus vice les Montagnes.Sur quoi Lot , considérant que les Montagnes étoient à une assez grande dis-tance de lui, commença à craindre qu’il n’y pourroit pas arriver à tems,& pria l’Ange de lui donner pour azìle une petite Ville dans le voisinagede Sodome , appellée alors Bala , mais dans la fuite à cause de cet évène-ment Zoar, ou la petite, qui devoit auíìì être détruite avec les autres Vil-les de la Plaine. La requête de Lot lui fut accordée; & les Anges luipromirent de ne point exécuter leur commission avant qu’il fût arrivé dansl’endroit dont il s’agit. Lot entra à Zoar , comme le Soleil se levoit; &immédiatement après, les autres Villes furent détruites. Mais la femme

Ca) Gqnes. XIX. 1-14. (c) Korân. C. Vil. v. 81. C. XXVI. v. 159.

{ 0 ) 2 Pecr. II. 8. C. XXVII. v. 55. C. XXIX. v. 28. &c.

* La Version des LXX, la Syriaque , r Arabe , &c., supposent avec quelques Rabim,que ceux dont il s’agit ici, étoient les mari., de deux autres filles de Lot , qui avoientdéjà quitté la maison de leur Père : idée qui semble pouvoir âtre confirmée par l’ordre queles Anges donnent à Lot de prendre avec lui fa femme & fe s deux filiez qui étoient -lìprésentes ( 1 ) Mais les mots de l’Originai , que notre Version a traduit ses gendres quiavoient épousé ses filles (2), peuvent, conformément à l'Iinterprétation d ’Onkelos, très bienêtre traduits par ceux-ci, ses gendres qui dévoient épouser , cì?c ; le contract étant passé,mais le mariage n’étaut pas encore consommé. D’ailleurs il n est pas sait mention dans l’E-criture d’aucuue autre fille de Lot, outre les deux qui surent sauvées avec lui. Que s’îl eua eu d’autres, elles doivent avoir péri avec leurs époux.

(O Gen. XIX. I S-

(2} Jbid. r. 14.