DE S-PEUPLES DE CAN A A N, Chap. IV. 509
de Lot regarda en arrière, & fut changée en une Statue de Sel, (a) *,qui subsistoic encore du tems de Jofèphe, s’il en faut croire cet Histo-rien, qui assure même savoir vue (è).
(1 a ) Gen. XIX. 15-26.
( 'P ) Joseph* Amiq. L. I. c. 11.
* Les Commentateurs ne font pas d’accord fur la nature du crime qui attira un châti-ment fi sévère à la femme de Lot- Les uns font de sentiment, quelle n’étoit coupable quepour avoir désobéi à l’ordre de l’Ange, & avoir pris trop de part au fort d’un Peuple indi-gne de compassion (i): compassion néanmoins assez naturelle, puisque Sodome étoit proba-blement fa Patrie (2), & qu’elle devoir y avoir de très proches paretis. D’autres disent,qu’étant inquiète pour ses filles, qui étoient mariées à Sodome, & tournant la tète pour voirfi elles la fuivoient, elle apperçut le Schechinah , ou le Symbole de la Présence de Dieu,descendant pour détruire la Ville; & que cette vue fut caulè de fa métamorphosé. L’Ecri-vain de qui nous empruntons ceci, la nomme Adith (3). Mahomet fondé fur quelquesTraditions, va encore-plus loin, & la représente comme rebelle à son mari (4): & lesCommentateurs de 1 ' Alcoran , qui la nomment tVaïlah , dilent qu’elle s’entendoit avec lesSodomitev, leur disant que son mari étoit fou, & les avertílíànc lorique des étrangers étoientlogés dans fa maison, le jour par de la fumée , & la nuit par du feu (5) ; ou suivant d’autres,en frappant contre la muraille & Criant, Donnez moi du sel ( 6 ). D’autres néanmoins croyentque f Ecriture ne représente point le fort de cette femme comme ayant servi de punition àquelque crime, mais comme une chose purement accidentelle; fur quoi nous aurons occasionde nous étendre davantage dans ia fuite.
Le genre de Transformation qu’elle a essuyé, a aussi été un sujet de dispute parmi les In-terprètes. Le mot de fOriginal, que nous avons rendu par celui de Statue , a fait croire àquelques-uns qu’elle avoir été changée en un Monceau de Pierres (7); à d’autres qu’elleétoit devenue un Pilier (8): & à d’autres enfin, qu’elle avoi: été métamorphosée en uneStatue, ayant tous les traits & toute la figure d’une femme (9). On n’est guères plus d’ac-cord fur la matière de ce Monument, que fur fa forme. Quelques-uns supposent quela matière en question étoit du Sel de Roche, qui dure longtems, & qui ne fe dissout pasfi facilement que le Sel commun (10). Aben F.zra croît que la femme de Lot fut brûléspar un feu mêlé avec du Sel; & Grotius est du même sentiment (11). Mais d’autres pen-sent que le mot de Sel n’a point rapport à la matière du pilier ou de la statue: mais sert ,ou à décrire le lieu où fe fit cette métamorphose; & alors le sens du passage est que c’étoitun terrain salé , ou stérile (12): ou bien la longue durée de la Statue, comme une Al-liance de Sel sert'dan? un autre endroit (13) à exprimer une Alliance perpétuelle (14).De-là les Rabins, suivant leur coutume, ont pris occasionne débiter des rêveries, & dedire que cette Statue étoit un Monument durable de la Justice Divine, & devoir rester jus-ques au Jour du Jugement (i s) ils ajoutent que , quoique continuellement lechée par desAnimaux, cette Statue ne diminue point (16); & qu’elle a, non feulement les traits d’unefemme , mais aussi certains accidens périodiques, tout comme fi elle étoit encore envie (17) : fable ridicule, qui a été adoptée par quelques Auteurs Chrétiens (iS). Là
D Joseph. Antiq. L. I. c, 12. Heidtgg. Hist.triarch. T. N. p, 23.
[2J Targum Hjerosol.
(3) Ic. Eliezei Piike, c. 25.
[ 4 ) Koran, c. 66 .
f s) j allaloddiu , k c.
6 ) Tentât. I-bn. Siíîâ.
{ 7 ) Sulpíc. Sever.
8 / Septuag.
[p) Hieion. Onkelos.
10) Witíti MiiceU, Tom. II Howell’s
of the Iiíble.
(nJ Dent. XXIX 22.
(12; Tfeaume C VU- 34-
(13) Nomb. XVII is
si 4 j Clerici Dissert Ue Statua Sahna,
(3s) Taig. Hieiof.
( 16 ) R. tlitMi Firice c. 25. Benjam. Ion, P. ...
(17) R. Ebezer. ibid.
(18) Ttituli. v. 1 Auctor, Carrn. de Sodoma.Irenseus L. IV. C. JI.
Tu 3
Se ct. î.
Hist, desMoahites .