Leur ReliSion,
512 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. î.
Sect. 7. puisqu ’Elimèìec séjourna tranquillement chtz eux ( a ), & que David futHui. des reçu à Mizpch ( b ), dans le tems de ses brouilleries avec Saùl. Nous neMoabites. saurions dire quelle Langue ils parloient, mais nous supposons que c’étoic“ quelque Dialecte de la Langue Cananéenne ou Hébraïque.
" Ce Peuple doit avoir eu autrefois la connoissance du vrai Dieu, au moinsà en juger par la piété de celui à qui il devoit son origine, lequel n’a cer-tainement point manqué à lui transmettre cette connoissance: d’ailleurs ilparoit par l’ËcimuRE, que les Moabites avoient, même jusqu’au tems deMoyfe, conservé de Dieu des idées justes , quoique d’ailleurs entremêléesde notions fausses & grossièrement idolâtres (c) ; dans lesquelles ils parais-sent avoir donné d'assez bonne heure , quoique nous n’en puissions pointexactement fixer l’époque.
Les Idoles des Moabites , dont il est fait mention dans I'Ecriture, sontChemosh (d) , & Baal-Péor (e) ou quelquefois simplement Pêor (/), oucomme les LXX écrivent ce nom , Phégor. On demande qui étoiencces Dieux, & c’est fur quoi les Savans ne sont pas d’accord. St. Jérômesuppose que ces deux noms désignent une feule & même idole (g): &des débauches dans lesquelles se plongeoient ceux qui se souilloient de leurCulte, plusieurs Ecrivains, tant anciens que modernes , ont conclu quec’étoient des Dieux obscènes, peu différens de Priape (/;). Pour donnerun air de probabilité à leur opinion,ils s’efforcent de trouver quelque for-te d’impureté dans l’étymologie des noms *. D’autres (/) néanmoins
croyent
(a) Ruth. I. 1,2.
\b) 1. Sam. XXII. 3,&c.
(c) Norab. XXIV. 11.
(/i) Nomb.XXI. 29. 1. Rois XI. 7. Jerem.XLV 1 II. 13.
(<0 Nomb. XXV. 1,3.
(O Ibid. v. 18. Jos. XXII. 17,Le.
(g) Hieronym. in Esai. Lib. V.
(h) Hieronym in Oseara, & contra Jovin.L. I. c. 12. Origen. in Numer. Homil. 20.Theophylact. in Hoseam. Cumberland onSanchon. p. 67. &c.
(i) Seldeu. de Diis Syris, Syntag. 1. c. 5.Cleric. in Numer. Patrick’s Comment, onNumb. XXV.
* Ils dérivent Péor de paar , qui signifie ouvrir ou s'étendre ; parce qu’ils se servoientd’une posture indécente devant l’Idole , dijiendebant coram eo foramen policis ; & lui of-froient de la fiente : Offrande qui, s’il en faut croire les Juifs , constituoit proprement leculte qu’ou rendoit à cette Idole (1). Si cette étymologie est vraie , le nom , dont il s’a-git, étoit un nom de mépris donné par les Juifs ; & les vilaines cérémonies dont ils fontmention, peuvent fort bien avoir été inventées pour rendre quelque elpèce de raison dunom.
Faute de meilleure étymologie, on dérive Chemosh du Verbe ww Mashash . sentir-, maisle Dr. Hyde le fait venir du mot Arabe Khamush, qui signifie des Moucherons , supposant queç’a été un Talisman Astrologique , ayant la figure d’un Moucheron , & construit dans ledessein de chasser ces Insectes (2). Mr. le Clerc , qui prend cette Idole pour le Soleil, dé-rive Chemosh de Chamosha, qui exprime faction de la vitesse dans la même Langue (3).
(1) Salom. Yarhi in Numer. XXV. 3. Maimo- M Hyde, de Rel. vet. Pers. c. $• p. IJt,
nides More Nev, Part. III. c. 46. philo». Jud. de (}) Cleric. !» Nutn, XXI. rî.
Nomin. Alutatione, p. joôr.