DES PEUPLES DE C A N A A N, Ciiap. IV. 527
Chemosh étoit un autre Dieu des Ammonites ,àoïit nous avons déjà dit tout Sect. iice que nous en savions (a). ^ ^ ^ *
Pour ce qui regarde Je culte qu’on rendoít à Moloch , les Savans ne font Amnumi-guères d’accord entre eux fur ce sujet. L’Ecíutuue dit dans plus d’un en- tes.droit, que les Ammonites paf oient leurs Enfans par le feu à íhonneur deMoloch. Cette phrase est prise dans un sens literai par les uns, ác pard’autres dans un sens figuré. Le premier de ces sentimens a été embrassépar les Ecrivains suifs, dont la plupart croyent que les Enfans étoient sim-plement portés ou mis entre deux feux , par manière de purification. Lesecond est adopté principalement par des Ecrivains Chrétiens , qui croyentqu’ils bruloient réellement leurs Enfans par voye de sacrifice offert à cettehorrible Divinité *. U y avoit un Endroit près de Jérusalem , où cetteabominable cérémonie se pratiquoit. On l’appelloit la dallée des fils deHinnom (-). Elle étoit ainsi nommée, à cause des cris que jettoient lesEnfans qu’on livroit aux flammes f: & Topheth (c), du mot Hébreu Toph,qui signifie un Tambour; parce qu’on joignoit le son de cet Instrument àcelui de quelques autres, afin d’empécher qu’on n’entendît les lamenta-tions de ces jeunes & malheureuses victimes. Nous aurons occasiond’examiner dans la fuite , d’où cette coutume barbare avoit tiré son ori-gine.
Comme ks Moabites chassèrent les Emims , & se mirent en possession Ils Gaffent
les Zam-zummius.
O) Supra, p. SIS. (c) a. Rois XXIII. 10.
(t) 2. Chron. XXVIII. 3.
* Quelques Ecrivains Juifs assurent que les Enfans étoient remis d’une manière fosemnelleentre les mains des Prêtres, qui les rendoient ensuite à leurs Pareils, & que ceux-ci les por-toient fur leurs épaules entre deux feux. Suivant d’autres, les Itnfans étoient portés par desPrêtres. Un fameux Partisan de la Synagogue dit, „ que les Prêtres ou Serviteurs du Feu„ persuadoient au Peuple, que leurs Enfans mourraient , s'ils ne les passoient par le feu”:ce qui étoit cause que les Parens, qui s’intéressoient à la vie de leurs Enfans, & qui ne trou-voient, ni difficulté, ni danger, dans cette cérémonie, ne manquoient jamais à observer cetusage superstitieux (,). Salomon 7'arki , Joseph Karo , & quelques autres, four d u mêmesentiment ; mais Aben Ezra au contraire affirme , que pajfer paf le feu signifie être brûlé .
Fvfjius soutient que par-tout où se trouve i’expreíïïon de pajjer par le feu , elle doit être priseà la lettre; mais il avoue pourtant que dans les calamités extraordinaires, & dans d’autres oc-casions particulières, les Ammonites offroient leurs Enfans en sacrifiée expiatoire à leur Dieu(2). Selden est d’un tout autre avis , & veut que les Enfans qui passoient parle feu, yétoient consumés. C’est ce qu’il démontre autant qu’une pareille Thèse peut être démontrée(z). Quoi qu’il en soit, il suffit de se rappelles, qu’offrir de pareilles victimes étoit un ulàgereçu parmi quelques Nations voisines, pour qu’on ne doute pas que la même Coutume n aitpu être en vogue parmi les Ammonites.
: -f Cette Vallée étoit un Endroit délicieux, arrosé par les Sources de Siloah On y trouvoitdes Arbres pour se mettre à sombre , & de magnifiques Jardins. Et à cette occasion , il nefera pas inutile de remarquer, que les Pœycns rendoient ordinairement les hommages les plussacrés à leurs Dieux dans des lieux où il y avoit des sources & des bocages. Notre Auteursuppose qu’ils avoient emprunté cette Coutume des Ammonites (4).
M ose? Mí'ra. More Nevoch. L. ni. t z,. (3) SeM. Syntagm. I. d Dlis Syris,
{ij Vol!, de Idolol. U U. c. j. (4; H.eron. m J eu m. Vel. iXXU,