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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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Sect. III.Hiíì. desMadiani-,tes.

Leurs

Sciences.

53<î HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.en deux Classes , en Pasteurs & en Marchands. Les Pasteurs menoientune vie errante, logoient dans des tentes, & menoient leur Bétail aveceux, même lorfqu’ils alloient à la guerre («). Les Marchands pareille-ment voyageoient de lieu en lieu par Troupes , ou Caravanes (b) , com-■ me les Marchands de ces Contrées-là font encore présentement, &Jaìssoieptle soin de leur Bétail à leurs Femmes , à ce qu’il paroit par l’Histoire desFilles de Jéthro *. Les Madianites n’avoienc par conséquent guères d’en-droits fixes, si l'on en excepte quelques Forteresses vers les Frontières deleur Pays. Ceux d’entre eux, qui s’adonnérent au Négoce, s’enrichirentprodigieusement, donnant en échange pour du Bétail de l’Or & des Joyauxif). Ils étoient fort magnifiques en ornemens,l’£cniTURE faisant mentionde Joyaux d’or, de Chaînes , de Bracelets , de Bagues , de Pendans d'oreilles(d), des Vêtemens d'Ecarlate de leurs Rois , & des Chaînes d'or qui étoient au-tour du cou de leurs Chameaux ( e).

II paroit clairement par Job , que I’Ecriture a été en usage de très bonneheure dans ces Contrées parmi les descendans d 'Abraham (f). Or commeles Madianites ont austi été de ce nombre , nous croyons devoir suppo-ser que l’Art d’écrire ne leur a point été inconnu f. Le fameux

Newton

Jug. VI. 5. (J) Nomb. ubi supra.

(b~) Gen. XXXVII. 28. (e) Jug. ubi supra. v. 2 6.

(O Nomb. XXXI. 50 , Zl, 52. Jug. (/') Job XIX. 23,24.

VIII. 24.

, * Cette Histoire paroit dire , que ceux qui habitoienc la partie Méridionale de Madian,n’étoient point Pasteurs; & de-là nous avons conclu,qu’ils étoient Marchands. Josèphe assureen termes formels, que c’étoit la Coutume des Femmes de cette Contrée (qu’il appelle parerreur Troglotide ) d’avoir foin des Troupeaux; quoiqu’îl paroisse contredire par-là ce qu’ila-vance dans le même endroit, savoir que les Bergers du Pays fe hàtoient toujours de tirerde seau pour abreuver leur Bétail, & tâchoient de se prévenir les uns les autres à cet égard:empressement qui donna occasion à la brutalité qu’ils commirent à l'égard des Filles deJéthro (1) : tant cet Auteur s’accorde quelquefois peu avec luì-mêtne. Que si cette dernièreCoutume a été en usage, Hohab fils de Jéthro, (car nous tâcherons de prouver dans la fuitequ’il a eu un tel fils) auroit pu mieux s’acquiter d’uue tâche si fatigante, que toutes fesfours ensemble. ,

t 11 est à peu près démontré qu z Jéthro lui-même a possédé l’Artd’écrire, & quoiquenous isolions pas positivement l’affirmer, a envoyé une Lettre pour préparer Moyfe à fa venueavec là fille Séphora & les deux fils qu’elle avoir eus de Moyfe. C’est ce que nous croyonspouvoir inférer de la manière dont Jéthro s'adresse à son gendre , & de l’évênement qui f u cfesser de cette espèce d’allocution , Moi Jéthro ton Beaupire viens à toi , avec ta Femme &fes deux fils avec elle. Quel fut fesser de cette notification ? Moyfe sortit au devant de sonBeaupère. Si Jéthro avoir adressé la parole à Moyse, celui-ci ne pourroit pas être dit êtraallé au devant de fou Beau-père. D’un autre côté , cette notification ne fauroit s’étre faitapar un messager, dans la bouche de qui ces paroles , Moi Jéthro &c. auroient été três ridicu-les (2). Pour ce qui regarde la manière d’écrire en ces tems-là , & dans les Pays dont ils’agit , il est parlé dans le Livre de Job (3) de graver avec une Touche de fer fur duPlomb,

C 1 ) Joseph. Antiq. L, II. c. n. f z ) ldZhtfoot, Spicilegia in Exod, L. XXIII,

(j) Job XIX. 24,