DES PEUPLES DE CANAAN, Ciiap. IV. 545
SECTION IV.
Histoire rfEdom.
Tj* Sau, appelle auffi Edom, fut le Fondateur de ce ^Peuple. II étoit FîIsSect. IV.■*-' à'Isaac, le Fils à'Abraham par Rcbecca, & Jumeau d e Jacob , mais Hist. desson ainé *. Ces Jumeaux s’entre-battirent étant encore dans le ventre de Idumiens.leur Mère; triste présage de leurs queralles futures, & de cet esprit de „ '
division qu’ils dévoient transmettre à leurs descendans, comme Dieu luimême l’expliqua à leur Mère. Efaït vint au monde roux & tout velu J. (sgéom.Etant devenu grand, il s’adonna à la chasse, & fut un homme de campa*gne; occupation par laquelle il gagna l’affection de son Père , en pour-voyant sa table de plusieurs morceaux délicieux. D’un autre côté , ayantquelque chose de rude dans les inclinations, & étant presque toujours ab-sent de la maison, il ne se concilia point la bienveillance de sa Mère Re*becca, dont Jacob, qui étoit d’un caractère aimable, & presque toujoursfous ses yeux , eut seul toute la tendresse. II arriva un jour qu ’Esau revintdes champs, fatigué de la chasse, & que s’étant apperçu que son FrèreJacob avait préparé un potage, il lui en demanda une portion pour se re-faire de sa lassitude. Jacob croyant devoir profiter de cette occasion,dit à son Frère, que s’il vouloir lui céder son Droit d’ainesse , il lui accor-derait sa demande : sur quoi EJaii, qui se croyait déjà mourant', & qui con-sidérait par cela même son Droit d’ainesse comme ne pouvant lui êtred’aucun usage , consentit à l'accord honteux que lui proposoit Jacob, &vendit lâchement son Droit d’ainesse pour un peu de potage ; conduitepar laquelle il est dit avoir méprisé son Droit d’ainesc. Ce fut à cette occa-sion qu’il fut appellé Edom , qui signifie roux ; le potage que Jacob lui
* c’est une chose digne d’être observée, que Jacob vint au monde tenant son Frère Esaìipar le talon, comme s’il vouloir le supplanter, dit un savant Commentateur (i).
f On a dit bien des «'hoses fur l’épithéte de velu , que ('Ecriture donne à Esaû naissant:mais pour ne pas entrer dans le détail des frivoles conjectures qu’on a faites fur un si mincesujet, le sentiment général est , que sà tête étoit non seulement couverte de cheveux, maisqu’il en avoit aussi fur tout son corps, & que ces cheveux étoient forts & rudes ; en un mot,qu’il ressembloit à un vrai Satyre (2J : ce qui s’accorde parfaitement bien avec le Texte ; quidit qu’il étoit roux , & velu comme une manteline de poil. Cette expression a donné lieu à uneconjecture, (avoir que les Habits de poil, qu’on portoit en ces tems-là , étoient de couleurrougeâtre , comme les cheveux d'Esaû (3) à lieu de Manteline. les LXX. ont Sopù JW»e,Pellis hirfuta ; & ,g Vulgate a adopté la même interprétation. II est apparent que les Versionsque nous venons d’indiquer,ont eu égard à la coutume des Arabes , de í'e revêtir de peaux (4);Coutume qui subsiste encore de nos jours parmi quelques-uns d’eux, qui s’habillent de peauxde Brebis avec la laine en dedans (5 j.
(1) Patrick’s Comment, upon Gea. XXV. 26. ( 4 ) Idem ibid.
( 2 ) Idem ubi fjpr. v if. ( 5 ) Thevenot. Voy. Tom. N. c. p,
( 3 ) Cletic. m Gen. XXV. r S.
Tome L
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