546 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sect. IV.avoit vendu à si haut prix, étant de cette couleur (a) *. E fau, parvenutììst. des à 1 âge de quarante ans, donna beaucoup de chagrin à ses parens, en seIduméens. mariant parmi les Hét hient, & en prenant pour femmes Judith Fille de■— --- > Bééri, & Basmath Fille á'Elon (b)\ mais le tems effaça ce sujet de mé-contentement , & Esaù rentra dans les bonnes grâces de son Père. il
(«) Genes. XXV. 24—34. (b) Genes. XXVI. 34,35.
* Nous avons parcouru avec foin tout ce que les Commentateurs & d’autres ont dit ausujet de ce: accord singulier entre les deux frères ; cependant notre dessein 11’est pas de lessuivre dans le détail où ils font entrés à cet égard , mais seulement de faire part à nosLecteurs de quelques observations générales. Le Potage paroit avoir été rougeâtre ou jau-nâtre , & fait de lentilles (1) d 'Egypte (2); dont il y avoit de deux fortes, les unes d’unecouleur plus obscure que les autres (3) ; mais toutes deux extrêmement vantées par lesAnciens , tant Orientaux qu’Occidentaux. Pline, fondé fur fautorité de quelques anciensEcrivains , assure que les Lentilles produisent dans ceux qui s’en nourrissent une certaineégalité d’ame ; & un autre Auteur prétend qu’elles inspirent de la joie (4). On demandecomment il a pu fe faire, qu’une portion de ces Lentilles préparées ait été refusée par Ja-cob , & achetée si chèrement par Efaùì A cela quelques-uns répondent, qu'E fau n’avoit ja-mais vu de Lentilles auparavant (5) : & ç’ell ce qu’ils prétendent prouver par ces mots,Donne-moi un peu de ce roux , de ce roux là, comme porte l’Original: mais cette conjecturen’a pas la moindre ombre de vraisemblance , puisqu’il n’y a pas lieu de douter que lui &ie reste de (a Famille n’ayent parfaitement connu le mets dont il s’agit ; fi bien que ce queles Anciens ont imaginé , touchant ['Harmonie qu’ils feignoient être entre l’Ame & les Len-tilles , ne mérite aucune croyance. Mais en quittant ce sujet, disons un mot de ce Droitd’ainesse, qui fut cédé pour des Lentilles. Le principal privilège du Droit d'ainefse, disentquelques uns, confistoit à hériter une double portion des biens paternels (6): d’autres y an-nexent la Prêtrise, & supposent que les Habits d’Esau, defquels Rebecca revêtit Jacob ,étoient ses Vêtemens Sacerdotaux (7) ; mais cette pensée est fortement combattue par cequi est dit touchant Caïn & Abel (8). En troisième lieu, il y en a qui croyent qu’une cer-taine Supériorité sur le reste des eufans étoit la grande prérogative du Droit d'aînesse. D’au-tres enfin ont affirmé , que ce Droit confistoit sur-tout à recevoir une Bénédiction particu-lière d’un Père mourant. Pour terminer cet article, le; Prérogatives de la Priinogénituren’étoient pas restreintes à la personne du fils auquel la Bénédiction étoit conférée , maispassoient à fa postérité. C’est ainsi que les promesses faites à Jacob , dans l’occasion dontil s’agit, ne furent pas rempsies en lui, mais dans ses descendans. Tels étoient le Potage &le Droit d'aineffe mis en opposition l’un avec Pautre. Le mot Hébreu halhiteni , qu 'Es/uemployé en parlant à Jacob , ne fe trouve qu’en ce feul endroit, & ne peut par conséquentêtre expliqué que par lui même. Les LXX. rendent ce mot par yioc-h p.e, faites-moi goû >ter ; ce qui ne paroit pas assez fort pour un homme affamé. D’autres, nourijfez-moi de ....comme s’il avoit été trop fatigué pour porter la main à fa bouche. D’autres donnez - moiune bonne portion de cc roux , qui est le langage naturel d’un homme pressé de faim ; &cette dernière interprétation est favorisée par la leçon du Pentateuque Samaritain , & par['affinité d’un mot Arabe , qui a quelque rapport à celui-ci pour le son & la signification.En considérant l’évènement fur lequel nous venons de faire quelques remarques, commeune chose purement humaine, nous ne saurions nous empêcher de blâmer la conduite de Ja-cob, & de nous joindre à ceux qui le taxent d’avoir manqué aux devoirs de ['hospitalité &de ['affection fraternelle (p).
ÍO Gen. XXV. 30, 34- ( 6 ) Gen. XXV. zr.
( l ) Augutt. in Ps. XLVI. Cl) Liglufoot Observât, in Geneíin XXVII.
(ì, ri.n. Hitt. Na[u[ . L . XVIII. C. 31. (») Gen. IV.
(4) Auctor. Geopon L. II. c. 35- p. 71. (a) Cieiic, in Genes. XXV,
(s) Fatneks Corn. à Gui. XXV. z».