D ES PEUPLES DE CANAAN, Chap. IV. 551
Le Pays dont il s’agit, est rempli de Montagnes , & en grande partie sect. IV.désert. II est peu ou point arrosé par des eaux courantes , mais a des des 'sources suffisantes pour subvenir aux besoins des habitans, qui savent idumèens.
parfaitement bien les trouver (a). II semble néanmoins que ce Pays--
ait produit autrefois du vin & du froment (b ), si bien qu 'Esaiï a puhabiter en la graijje de la Terre * ; & outre cela, fa postérité, eu égard à lasituation du Pays , a pu s’enrichir & se pourvoir de toutes les choses né-cessaires , en faisant valoir certaines productions de leur Contrée , par lemoyen du commerce que la Mer Rouge leur donnoit occasion de faire avecplusieurs Peuples étrangers. L ’Amalcfcitide passe chez quelques-uns pouravoir été une Partie ou une Province á’Edom (c) f : mais de quelque ma-
(<*) Thevenot, Voyag. Tora. II. c. 32. (c) Ilistor. Jul. iti Edom. Joseph. Antiq.
Sandys, Book II. p. 107. L. II. c. 1.
(S) Nomb. XX. 17. & feq.
D’autres (1) néanmoins dérivent ce nom d’un certain Roi d’Or Uni nommé Ery titras-, maisil est indubitable, que par la Mer Rouge ils ont entendu ce que nous appelions la Mer desIndes-, & c’est ce qui nous empêche de croire avec le fameux Newton (2), que cet Ery-thras étoit 'd Edom ou {'Estai de l’Ecriture , & qu’il a été le premier Inventeur des Vaisseauxqui ont parcouru la Mer Rouge. Agatharcide (3) prétend que la Mer des Indes n’a pas étéappellée la Mer Rouge, à cause que le Golphe Arabique , qui y communique , avoit descollines à ('occident, lesquelles, lorsque le Soleil donne directement dessus, ressemblent, enquelque forte, à des charbons ardens. A-la-vérité, dit-il, on volt à l’Orient (& la chose estencore ainsi de nos jours) quelques collines rougeâtres. Mais, ajoute t-ii, ce n’est point pourcette raison , que cette Mer a été désignée par f épithète de rouge-, ou à cause qu’en ces Cli-mats le Soleil, au • lieu de répandre des rayons clairs & brillans, 11e répand qu’une lumièrede couleur de sang, qui fait que la surface de la Mer paroit comme ensanglantée : maisselon lui , le nom dont il s’agit vient d’un certain Erythras , Prince fabuleux, au sujet du-quel il débite un Conte puérile de l’air du monde le plus grave. Par ce que nous venonsde dire, il paroit que la Mer Rouge ou Erythrée des Anciens est la Mer des Indes de nosjours & que ce que nous appelions la Mer Rouge étoit considéré comme une branche del’autre.
* Quelques Voyageurs modernes nous assurent, que cette Contrée n est rien moins quefertile à présent (4). Et c’est ce qui a dû naturellement arriver, ce Pays n’étant fréquentéque par des Arabes vagabonds, & n’étant plus cultivé avec les foins & la peine que ceuxqui l’ont défriché ont apportés à cet ouvrage : mais c’est de quoi nous avons déjà eu oc*casion de parler (5).
' t Jofiphe partage Elom en Gobolitide , & en Amalékitide (6): mais cette division n’estnullement exacte , puisque les Idumèens & les Amalékites étoient des Peuples indépendansl’un de l’autre. La demeure des Idumèens est aussi fréquemment appellée Gabalène (7), &particulièrement par Eufèbe , qui se sert indifféremment des mots de Gabalène & à'Humée,pour dénoter le même Pays (8). Quelques Ecrivains modernes ont multiplié les êtres fansnécessité, en plaçant un Edom dans le Pays de Sihir de l’autre côté du Jourdain au Sep-tentrion , & laissant l’autre dans l’eudroit où l’on ne i'auroit douter que le Pays de Séhir 11’aitété; mais cette supposition a été solidement réfutée par les meilleurs de nos Géographe*modernes.
Torap. Mel. L. III. c- «.
(z) Newton Chionol. p. 217.
(3) Apud íhot in Bib'.iurli. p, m,
(4) SanJp, nook ». p. 107,
fl) Pìin. L. VI- c. 2*. Sttab. I, xvi. p. 7S6.
(S j Euieft. m onomait. urmuiu k Locojam »Vocesfclut, 2 >iflí) ’láítç.
(s) Supr. p. J48. Note *.
(s) Jolèpli. Antiq. L. XI. c. r.
(7) Stephan. ail Voces. & r,a*x*: