Sect. IV.j list, desUuméens.
Pays d'E-im.
550 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.ainsi, à f imitation à'Abraham & de Lot, ils se séparèrent. Ejau , étantretourné dans le Pays de Séhir, épousa, à sage de cent & vingt ans, A-holibama , 611 e du Pays, mais originaire de Canaan (a), & prit depuis ce■ tems les mesures les plus propres á assurer la tranquillité & le bonheur deses descendans dans la Contrée de Séhir.
Or, quoiqu’EJaù ne pût avoir aucune connoissance positive à cet égard,Dieu résolut néanmoins de donner ce Pays en héritage à fa postérité (b ),comme il donna le Pays de Canaan à la postérité de Jacob: & c’est ce quinous conduit naturellement à insérer ici la meilleure description, qu’ilnousfera possible, de la Contrée à’Edom. Cette Contrée étoit primitivement^à ce que nous croyons, habitée par un Peuple nommé Horites ou Hotitn ,appellés ainsi d’aprés un certain Hor ou Hvri ^c),duquel,à ce que croyentquelques-uns (d), Je Mont Hor tira son nom; mais tout cela n’est queconjecture. Ce Pays s’appellòit le Mont ou le Pays de Séhir d’après un cer-tain Séhir Hûrìte, & non pas à cause qu EJaii (qui n’y vint que longtemsaprès) étoit velu, comme fa cru Josèphe ( c ). Dans la Version Samari-taine, cette Contrée est appellée Gab'.ah; dans le Targum de Jonathan, Go-bai; & par JoJèphc, Gobolitis: Noms qui font tous dérivés de Gcboul ,qui signifie une borne; car elle étoit bornée par le Pays de Canaan au mi-di : voilà les seules limites que nous puissions assigner à l’ancienne Con-trée de Séhir. Lorsque les enfans á'Edom se furent emparés de ce Pays,il ne fut plus appelle que du nom de ses possesseurs: mais nous ne sau-rions assurer qu’ils ayent reculé leurs frontières avant le tems qu’ils fondè-rent leur Monarchie, lorsqu’ils bâtirent Elath & EJiongéber , probablementfur ie bord oriental du Golphe Arabique; mais, du tems de Moyse, ils nepossédoient rien fur ce Golphe (/). Lorsque fancien Royaume á'Edomeut atteint le plus haut degré de puissance , il étoit, à ce que nouscroyons, borné au Septentrion par le Pays de Canaan & le Lac Ajphal-iule, à l’Orient par le Pays de Madian, au Midi par le Golphe Arabiqueou la Mer Rouge, tirant vraisemblablement ce prémier nom de la domina-tion que ce Peuple exerçoit sur ce Golphe * ; & à l’Occident par la Con-trée d ’Amalek.
(s) Genes. XXXV. XXXVI. Test. Vol. I. pag. 533.
{b) Deut. II. 5. Jos. XXIV. 4. (e) Joseph. Antiq. L. I. c. 20.
(c) Gcn. XXXVI. 22. 30. (f) Norab. XX. 17-21. Deut. II. 1, &
(d) Well’s Historie. Geogr. of the Old. seq.
* La Mer Rouge, comme on l’appelle ordinairement, doit plutôt se nommer le GolpheArabique. Les Hébreux l’appelloient Tain-Sus, & les Arabes Bahr Alkolzum, ou ia Mer deKolzurn, petite Ville située au bout le plus septentrional de cette Mer. Mais les ancienshabitans des Pays voisins nommoient ce Golphe la Mer d'hdom , pavee qu’elle lavoit !e»
bords méridionaux de la Contrée á'Edom. Les Grecs, trouvant que les Phéniciens l’appel-
loient Tarn Ldotn , ont pris le mot à’Edom pour un appellatif, & 0 nt nommé le Golphe enquestion ifvSpà » Mer Rouge , d’oíi le mot à'Erjíhrée a tiré son origine (r).
(1) Prideaux Híst, des Juifs L. I. pag. 20,