576 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sect.VI. roit superflu de dire que les Cananéens, qui habitoient vers la Mer, étoient[list, des Marchands: qualité fous laquelle nous ferons une ample mention d'eux,Cananéens, lorsque nous en parlerons entant que Phéniciens ; car presque tous les
-Savans sont d'accord que c’efl; sous ce nom qu’ils ont été dans la fuite
connus des Grecs. Conformément à cette idée, les LXX. au - lieu desRois des Cananéens qui étoient près de la Mer, ont traduit, les Rois des Phé-niciens ,sur la côte maritime. Et par les mêmes Interprètes, tout le Pays deCanaan estappelléle Pays des Phéniciens (a) , quoique ceux-là seuls, qui habi-toient la côte maritime, ayent été proprement nommés ainsi : mais c’est furquoi nous aurons occasion de nous étendre, lorsque nous serons parvenus àl’articledes anciens Phéniciens. Les autres Cananéens, qui étoient plus éloignésde la Mer, s’applìquoient à faire valoir leurs Pâturages, à l’Agriculture, &à l’Exercice des Armes, dans lequel ils étoient très versés, comme nous le
verrons
(a) Josué, V. I. 12.
les Kadmoniens, & les Riphatm, ou de marquer exactement les endroits où ils demeurèrent.Nous avons déjà parlé au long des Kéniens. Cependant quoique le nom soit le mêtne,nousne saurions croire que ç'ait été le même Peuple 11 est fait mention de ceux-ci comme d’uneTribu des Cananéens , qui dévoient être détruits par les Israélites ; au-lieu que les autresfont représentés comme un Peuple ami des Ënfans à'Israël : particularité qui semble prouverqu’ils étoient les mêmes que les Kéniens de la Famille de Jèthro. Nous ne savons pas si lenom de Kinien a appartenu à deux Familles distinctes ou non; maïs il paroit clairement parI’Ecriturb, qu’il y avoit de la différence dans ieur manière de vivre: car d’un côté, noussommes informés qu’il ne leur étoit point permis de boire du vin, de planter, de semer, dedemeurer dans des maisons, & que leur manière de vivre étoit exactement conforme à cesioix (i). Nous trouvons au même endroit, qu’à cause de leur obéissance à ces loix , ils dé-voient ne point être conquis par Nibuchadnezzar : au - lieu que les Kéniens de la Famille deJéthro font dits avoir posé leur nid sur un rocher; ce qui paroit prouver , qu’ils se bâtirentune Ville pour y habiter en fureté : à quoi il faut ajouter, qu’ils furent menés en captivi-té avec les dix Tribus par le Roi $ Assyrie {e) ; mais nous nous sommes assez arrêtés fur ce su-jet. Nous u'avons rien , ou presque rien , à dire des Jíénizzìens , & ignorons l’eudroit qu’ilshabitoient. Les Kadmoniens , eu vertu de la signification de leur nom font reconnus avoirdemeuré dans f Orient ; & le Targum de Jérusalem (z) les appelle expressément les Enfansde l'Orient. On place ordinairement les Réphaïm en Bashan , où régnait Og le dernierde leurs Rois (4). Ils étoient, comme leur nom le témoigne , des hommes d’une sta-ture gigantesque. Un Ecrivain très (avant & d’une grande réputation (5) a une idée re-marquable au sujet des Répham : c’étoìenc, selon lui , les Gephyrtei , qui suivirent Cadmusen Grèce. II observe qu’en Chaldéen ils sont appelles Gêbari , ou hommes hardis; & c’estfur quoi il fonde fa conjecture. La race des Réphaïm fut à-la-vérité entièrement éteinte àla mort d’Og; mais d’autres peuvent avoir pris leur nom. Par ce qui vient d’être dît, noustrouvons la raison pourquoi ces quatre Peuples sont omis en parlant du Pays de Canaan autems de Moyfe , quoiqu’ils paraissent tous avoir possédé la Région promise à Abraham & àsa semence. Les Répham étoient en Bashan , qui , comme nous savons dit, ne faifoicpoint partie du Pays de Canaan. Les Kadmoniens étoient à l’Orient du Jourdain. Les Ké*mens étoient, à ce qu’il paroit , une Tribu des Madianites ; & par conséquent ces troisn’ont pas pu être mis au nombre des Tribus de Canaan , étant étrangers dans ce Pays;quoique conformément à la promesse faite à cet égard, une partie d’entre eux soit tombéeen partage aux Ijraélites. Enfin il n’est nullement clair que quelqu’une de ces quatre Nationssoit descendue des fils de Canaan.
{<) Jmm. XXXV. (+) Dîlt - Ul. II.
(i) Supra. p. 54 .t, (s) Kelsud. saisit. Iliust. p, j+i.
(j) Gcuèse XV.