DES PEUPLES DE CANAAN, Chap. IV. 577
verrons bientôt. Ceux d’entre eux qui habitoient dans des Villes tnuréesSECT. vi.& autres demeures fixes, cultivoient la terre, à ce que nous devons fup-#^. desposer; & ceux qui menoient une vie errante, comme les Périzziens en Cananéens.
particulier, semblent savoir fait par ce que nous avons ditd’eux il y a un in--
ítant, subsistoient de leur bétail. Si bien qu’il eít facile de discerner par-mi eux les diverses Classes d’hommes qui se trouvent dans la plupart desautres Sociétés. Autant qu’ils étoient divisés en intérêt & en manièrede vivre, autant, comme cela-paroîtra par leur Histoire, étoient-íls prêtsà se réunir lorsque la cause commune le demandoit. Cette même Histoi-re démontre, qu’ils étoient très propres à faire la guerre, tant offensi-ve que défensive; que leurs Villes étoient bien fortifiées, & eux-mêmes• abondamment pourvus d’armes; qu’ils avoient en particulier des Chariotsde guerre, qui étoient si terribles parmi les Anciens, & qu’on prétendqu’ils avoient empruntés des Egyptiens *; qu’ils étoient hardis & obstinés,
& presque toujours invincibles ; & dans l’exemple des Gabaonïtes ci-des-sous , nous verrons qu’ils ne manquoienc , ni de finesse, ni de politique.
Le langage qu’ils parloient semble avoir été bien entendu par Abraham ;car à ce qu’il paroit, ce Patriarche n’eut jamais la moindre difficulté à lierentretien avec eux. Mais pour ce qui regarde leur manière d’écrire, on de-mande s’ils en avoient une originairement, ce qui, tout bien pesé, est trèsvraisemblable; ou s’iìs n’avoient que celle qui leur étoit commune avec lesautres Nations établies alors dans cette Partie du Monde, qui parloient tou-tes la même Langue , ou du moins à peu près la même ; ou bien enfin sic’est des Jfraèlites qu’ils ont appris l’Art dont il s’agit. Cette question feraagitée lorsque nous aurons à parler de la Langue Hébraïque (a).
Leur Religion resta pure jusqu’au tems à'Abraham, qui reconnut Mel- Leur Rdi -chisédec pour Prêtre du vrai Dieu. Or Melchisédec étoit incontestablementCananéen , ou du moins demeuroit en ce tems-là en Canaan , & y étoiten grande vénération f. 11s ne songèrent jamais à faire la moindre peine
(a) Shuckford’s Connect. of the Sacr. and Proph. Hist. Vol. I. Book II. p. 110. Supra,p. 274.
* C’est la pensée de CumberlarJ, qui suppose qu’une partie d’entre eux avoit demeuré deuxcens ans en Egypte; & que les Cananéens & les Périzziens , quand ils sont nommés ensemble,sont ces Tribus mêlées de tous les Cananéens qui avoient eu de furieuses guerres à soutenircontre les Egyptiens; & outre cela que ces deux Corps étoient particulièrement destinés àêtre détruits , comme étant les plus braves & les plus exercés au métier de la guerre, au-quel ils consacraient leurs enfaus, dans la vue apparemment de vexer les Israélites CO-f Le célèbre Isaac Newton conclut, qu’ils persévérèrent dans la vraye Religion jusqu’à lamort de Mel.hisérlec ; mais que dans la fuite ils s’en éloignèrent, & commencèrent A em-brafîèr f Idolâtrie, laquelle, à ce qu’il croie, leur vint du côté de la Chaldée (2). 11 y aquelque lieu de supposer qu’ils s’adonnérent aux Superstitions des anciens Perses (3).
fr) Cumberland Oiig. Gent. Antiq. p, r 32, r 33. (s) Shucksord s ConneH. of Sacr. and Proph.
(23 Newt. Chronol. p. ïoi. Hist- Vol. I. Book V. p. 3 ÎS.
Tome L
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