DES PEUPLES DE C A N A A N, Chap. IV. 593C’est ainsi qu’après Ja Division du Pays de Canaan , les efforts que firent Secr. VI'les différentes Tribus pour chasser leshabitans, allumèrent dans le Pays une j esguerre, qui ne finit bien ni pour l’un ni pour l’autre Parti, leur puissanceDâàr.
semblant avoir été à peu près égale. Par où il paroit que, quoiqu’il soit ---
certain qu’un grand nombre d’habitans ait été exterminé dans les guerresqu’ils eurent à fou tenir con tre sosué, & que plusieurs d’entre eux quittèrentle Pays pour chercher un séjour plus tranquille , 1 e nombre de ceux qui fes-toient étoit néanmoins assez grand ,& assez habile dans le Métier de la guer-re , pour tenir en quelque forte tête aux Israélites. Ce qui confirme cetteréflexion, c'eff que depuis ce tems toutes leurs Tribus restèrent dans lePays, hormis celle des Gergasiens *.
Les Cananéens )les Sidonicns, & les Héviens du Mont Liban , depuis Baal-hermon jusqu’à Hamath, furent laissés pour éprouver l’obéissance à'Israël parrapport à la défense que Dieu lui avoit faite de s'abandonner à l’idolatrie&au crime f ; & les Nations les plus particulièrement dévouées à la destruc-tion , savoir les Cananéens , les Héthiens , les Amorrhéens , les Périzzicns , &les Jébufiens , semblent avoir demeuré en commun avec les Enfans d ’Israëldans le Pays de promtíîion. Etant ainsi mêlés ensemble , ils surent avecle tems persuader aux Israélites de contracter des mariages avec eux , L deservir leurs Dieux («); par ce moyen ils asservirent leurs esprits, commeils firent dans la fuite leur corps.
Car dans l’espace de neuf ou dix ans, sabin que nous pouvons comp-ter le second du nom , puisqu’il faisoit sa résidence dans le même en-droit que l’autre , fut employé de Dieu comme un instrument pour
{a) Juges II. 21—23. Juges III. 1—7.
* On assure positivement qu’ils se retirèrent en /Ifrique (1), où ils fixèrent leur demeure.Ainsi il est très naturel qu’il ne soit plus fait mention d eux ; car quoiqu il ne soit pas apparentqu’aucun de ceux des autres Tribus n’ait été du voyage, ou naît suivi dans la fuite leurs tra.ces, nous croyons néanmoins pouvoir conclure, que les GergaJkfìS ont été les Chefs de cesFugitifs auxquels nous reviendrons dans l’Article de l’ Afrique.
f Nous voyons ici une différence remarquable entre les Cananéens du tems des conquêtesde Jofué , & ceux qui vécurent dans la fuite ; car il semble que ceux-ci, qui n’étoient pasmêlés avec tous les Israélites , ayent été plus propres à les tenter, que ceux qui étoient actuel-lement confondus avec eux. Mais nous laissons à nos Lecteurs à décider si nous pouvons con-clure de-là que l’idolâtrie des prémiers étoit plus séduisante que celle des autres, ou bien s’iln’y avoit aucune différence réelle entre eux à cet égard. On a donné des raisons tirées de laReligion & de la Politique pour expliquer cette clémence de Dieu envers les Cananéens.D’mi côté, dit-on, la Religion étoit intéressée à ce que les Israélites fussent continuellementanimés par quelques périls à être vaillans & fur leurs gardes, & sentissent fans cesse le besoinqu’ils avoient du lecours de Dieu (2). D’un autre côté, la faine Politique vouloir qu’aucunepartie du Pays, qui étoit trop étendu pour être habité par les Israélites , ne restât déserte,&ne devînt le séjour de Bêtes féroces, plus à craindre que les Cananéens , lorsque leur nombreseroit venu à s’augmenter (z).
(1) Gemar. Hierofolymit, ad tit. Shebitih,
*. «•
Tome L
(î) Patrick upon Jug. IU. 2.
(3) Exod. XXIII. ïS>. Sc Dent. VU. 22.
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