<5o5 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sect. VII. g nn avoit son Temple à Azoth. II semble avoir été le plus grand , le plusj-liíì. Jes ancien, & le plus rcfpeêté de leurs Dieux: à quoi on peut ajouter, qu’ilPhilistins, subsista peut-être plus longtems qu’aucun de ceux dont le culte ne fut
-point transporté hors du Pays (a). C’est à lui qa’on attribue l’invention
du Froment, ou de l’ Agriculture , conformément à la signification de sonnom (p). Nous ne saurions entrer dans l’idée de ceux qui le représen-tent comme un monstre, moitié homme, moitié poisson; ni dans une au-tre opinion aussi commune, savoir qu’il est le même que la Déesse Syrien-ne Dircê, qui, à ce qu’on dit, étoit représentée sous quelque forme pareil-le. Notre sentiment est, que son Idole avoit la figure d’un homme , puis-qu’il est fait mention de sa tête, de ses mains, & de ses piés (r) *. CeDieu étoit dans un Temple à Azolh, & avoit ses Prêtres (d). Après Da-gon , suivoic BaalzMb , le Dieu d'Ekron. Dans le nouveau Testament ilest appellé Belzébub , & le Prince des Démons. Son nom signifie Seigneur desMouches ; que les uns croyent avoir été un Titre injurieux de la façon desJuifs, mais que d'atitres prennent avec plus de raison pour un Titre hono-rable donné par'fes Adorateurs. C’est ainsi qu’on trouve parmi les Payensun Hercules Apomyos,& d’autres Dieux, qui chassoient les mouches. Et il ya beaucoup d’apparence , que c’est de lui que font venues les autresDivinités Payennes , fameuses par le même prétendu pouvoir. Or cequi prouve que ce Titre n’étoit point injurieux , c’est qa Achazia nel’auroit jamais envoyé consulter dans fa maladie fous ce nom (e). 11
est incertain comment, & fous quelle forme, on le représentoic. Les
(a) i Mach. X. 84. (d) t Sam. V. 3, 4.
(b) Supr, p 144. nutn. 3. (e) 2 Rois I. 2.
(Ó Fuller’s Piígah-sight.Book II. c. lo.Z.za,
* Nous sommes persuadés qu’il avoit des piés, par une Leçon Grecque des LXX. rappor-tée par Fuller (1), où il est tait mention de la mutilation de Dagon, en ces mots,ià íx>n r icoSâs uvtoZ à0r,iwfivict. Ici nous apprenons que les semelles de ses piés étoientôtées, c’est-à-dire, ses piés. Dans l’Edition qui a été faite fur la Copie du Vatican , nouslisons tà 'Ix' 1 * V yj‘^1 I e5 femelles de ses mains , ce qui paroit absurde, le mot Grecn’ayant jamais signifié la Paume de la main que nous sachions. Et nous croyons pouvoird’autant mieux rejetter cette Leçon , qu’elle renfermp une tautologie absurde ; car il estdit immédiatement après, que ses mains étoient tombées. Par où il paroit que les mainsofit été mises dans le premier endroit pour les piés. Cela étant, il n’y a pas moyen defaire de lui le Monstre à'Horace, en lui donnant une queue de Poisson Nous ne saurionsassez nous étonner du caprice de la plupart des Savans, qui aiment mieux dériver son nomde Dag, un Poison, que de Dagan, du Froment (2);pour nous, le choix ne nous embarassenullement. La dernière de ces étymologies donne lieu de suppoíêr que les Philistms em-pruntèrent leur Idolâtrie à'Egypte (3) f & que Dagon est une copie d '/sis, à qui la mêmeinvention est attribuée : non qu’ils ayent transporté cette Idolâtrie d'Egypte avec eux, carieur Histoire montre qu’ils apportèrent de ce Royaume un Système épuré de Religion, &n°«s ne nous souvenons pas que Moyje ait une feule fois taxé les Egyptiens d’idolâtrie dans-LS Ecrits.
fi) Fuller Tisgah-sight, Book II. c. 10, §. 32.in tire margm. a
(z) Supra, p. 244, iruiir, z.
{3) Sh'ickford’s Connect.f of the Sacr. andPropst. Hìft. Vol. I. p. 344. '