DES PEUPLES DE CANAAN, Chai». IV. 607
uns le placent fur un Trône, & rhabillent en Roi: d’autres le dépeignent Sect.VíI.comme une Mouche ( a ), portrait bien diffèrent du premier. En laissant //,/?. ,i eslà cet article , il est pourtant clair que b Oracle de ce Dieu devint fa- Fhihsttns .
meux pour fa toute-seience & pour fa véracité ; qu’ilavoit des Prêtres pour-*
lui seul; & que pendant un certain teins il étoit extrêmement consultépar ceux qui étoient inquiets touchant l’avenir.ou qui souhaitaient de sa-voir certaines choses cachées. Dires nous paroit sûrement avoir été la Dées-se d ’Afcalon (b); mais comme I’Ecriture garde là-dessus un profond silen-ce, & que nous ne sommes fondés que fur des autorités profanes, nous«'insisterons point fur ce sujet. Gas A paroit avoir été la feule Ville des cinqqui n’eût point de Divinité. C'est pourquoi J’Eckituke déclarant que cePeuple renaoit des honneurs Religieux à Ashtaroth (D ou Ajlarîè , noussommes assez portés à lui assigner Gath, & d’autant plus volontiers, quecelle-ci étoit de toutes leurs Villes celle quiavoit le plus de communicationavec 1 Si don ; mais nous ne dirons rien ici de la première de ces deux Vil-les , parce que nous aurons une occasion plus naturelle d'en parler dans lafuite. Pour nous en tenir à des généralités touchant leur Cuite, & leursCérémonies Religieuses, qui est tout ce que nous pouvons faire, il est cer-tain qu’ils avoíent des Temples spacieux , ou du moins des espècesde Sales fort étendues, où ils célébroient leurs Fêtes foìemnelles (á)jqu’ils s’acquittoient des devoirs extérieurs de leur Religion avec beaucoupde pompe , & un grand concours de Peuple de toutes parts; enfin qu’ilsoffroient à leurs Dieux la meilleure partie de leur butin, & qu’ils les tranf-portoient avec eux lorfqu’iìs alloient en guerre. Nous ne trouvons pointdans I’Ecriture qu’ils ayent sacrifié leurs enfans, & cependant on taie des-cendre les Curètes d eux *.
11 est tems à présent que nous passions à 1 Histoire de cette Nation ex- £ eUr jj-jjtraordinaire. Les Philistins font venus direètement d’Egypte f, fans qu’on tme.
(«) Procopius Cazeus. (r) I. Sam. XXXI. 10.
{bj Diod. Sic. L. II. p. 65. {/) Jug. XVI. 27.
* Les Curètes sacrifioient leurs enfans à Saturne (t); & c’est la ressemblance de leurs nomsavec celui de Cérèthiem, qui a fait croire qu’ils Croient le même Peuple que les Philistins (,2) ;mais comme nous 1?'avons aucune preuve que les Philistins ayent pratiqué une cérémonie sibarbare , il pourroit se faire que les Curètes l’auroient empruntée d’ailleurs.-
t Quelques Savans ont adopté un antre sentiment sur ce sujet. Car ayant trouvé beau.coup de rapport entre le nom des Casiuhim, & celui des habitans de la ColchUle , à présentfylingrelie, ils ont cru que les Philistins palîêrent d’abord dans ce Pays; & que prenant de-làla route de’ Y Egypte, ils s’emparérent en chemin faisant de la Contrée des Aviem , & qu'iís yfixèrent leur demeure. Bochart (3) croît la chose démontrée, par ce qu ’Flérodote & d’au-tres Auteurs disent touchant la conformité qu’il y avoit entre les habitans de la Colchide &les Egyptiens-, oubliant dans ce parallèle la Circoncision , qui n-étoit point en usage parmi l es .
Philistins, & que l’autre Peuple pratiquoit suivant Hérodote, D'un autre côte, on ne petitfaire aucun fonds fur ce que cet Historien avance fur ce sujet , puifqu’il parle d’eux commehabitans dans la Colchide de son tems, où ils avoíent demeuié íì longteuis , quîl étoit in-certain quand ils étoient venus s’y établir; íì bien qu on ne lituroic tirer d Hérodote aucun ar*
QJ lst« apud roiphyr. E. I!. §. j 6 - (r) Lochart, Caftle,ôcc. (3) Eoehart ïhaleg, L. 1 ¥. c, 3*»