HISTOIRE DE PERSE. Liv. I. Cil. XI. 19ce qui pouvoit contribuer au bonheur de ses Peuples , jíphérafiab , un desDescendans de Tur ou 7 oi/r,fit,à la tête d’une nombreuse Armée de Turcs,une invasion en son Pays, dans le dellein, à ce qu’il disoit, de venger lamort de son Ancêtre. Manugéker se trouvant trop foible pour résister à unsi puissant Ennemi, se retira dans le Pays de Tabrcfian-, quelques Auteursassurent qu’il se donna en ce Pays une bataille entre /.ìphèrafiab & Manugéker,au désavantagé du dernier. Quoi qu’il en soit, tous les Historiens con-viennent que le Roi de Perse se retira dans une Forteresse, où il fit tous lespréparatifs nécessaires pour se bien défendre. Jphèrafiab vint l’asliéger avectoute son Armée;mais voyant que c’étoit inutilement, que l’hiver appro-choit, & que son monde pourroit bien l'abandonner, il songea à faire lapaix. Des Commissaires ayant été nommés pour cet effet de part & d’au-tre, on fit un Traité dont les conditions écoient, qùZphérajïab resservitmaître de tout le Pays situé à l'Orient du Fleuve Gihon, & qu’il laisseroità Manugéker la tranquille possession de la Perse & des Provinces qui en dé-pendoient. Telle fut la fin d’une Guerre cruelle, qui pensa renverser en-tièrement la Monarchie de Perse {a). Dès qu 'Aphérafiab se fut retiré dansson Pays, Manugéker tâcha de se précautionner a l’avenir contre de pareil-les invasions. II ordonna à tous les Gouverneurs d’avoir fur pié un certainnombre de Troupes; mais ces mesures ayant allarmé Jphèrafiab , la Perjese vit bientôt exposée à de nouvelles incursions, qui n’eurent cependantpas le même succès que celles de la Guerre précédente. Les précautions deManugéker produisirent tout Ieffet qu’il pouvoit en attendre, les Ennemisvayant non seulement été repoussés par-tout, mais ayant aussi perdu unigrand nombre de leurs Soldats, qui furent faits prisonniers. Ces pertesdisposèrent Jpkèrasiab à renouveller la paix, & à ne plus inquiéter Manu-gèkcr. Ce bon & sage Prince fit pendant quelque tems le lieu de fa résiden-ce de la Ville de Sigjijian, où il envoya ensuite son Vizir, pour y mainte-nir les choses dans Tordre qu’il avoir établi. Pour lui, il alla faire son sé-jour dans le centre même de son Empire, s’appliquant, comme il avoitfait auparavant, à l’avancement des Arts & des Sciences, & en généralà tout ce qui pouvoit augmenter la puissance & le bonheur de ses Sujets.Soham gouverna la Province de Sigjijian, de manière à gagner TaffeótionduPeuple,& à conserver son crédit à la Cour : mais au milieu de fa prospé-rité, un accident imprévu le surprit étrangement: sa femme accouchad’unfils, qui avoit de longs cheveux jaunes, & à qui pour cette raison Sohamdonna le nom de Z al-zer, c’est-à-dire, Cheveu doré. A mesure que cet En-fant grandissait, il donnoit des marques d’un génie si élevé, que Manugékerle fit venir à la Cour avec son Père. Zal-zer y soutint fa réputation, &plut tellement à Manugéker , que ce Prince le combla lui & son Père denouveaux honneurs. De retour dans leur Pays, où ils vécurent avec plusde splendeur que jamais, il arriva un jour que Zal-zer alla chasser dans laProvince de Kahlujìan , dépendante du Royaume de Tour an , mais limitro-phe à la Perse du côté du Septentrion. Mehérab , qui étoit en ce tems - là
Section
V.
Histoirek Verse .
(«) Mirkhond Hist. Sect. IX.C 2