24 HISTOIRE DE P.E RSE.
Section Armée. Zal zer, informé des mesures qu’on prenoit contre lui, & incon-V. solable de la perte du jeune Prince Turc, excita ouvertement les Perses àHistoire prendre des armes, insultant à leur lâcheté, qui faisoìt, disoit-il, plus dede Perse, j a moitié de la force de l’Ennemi. Ces discours produisirent peu à peu untel effet, que les Habitans de Perse, aprés s’être assemblés en petits Corps,,se rendirent par des chemins détournés dans son Champ ,où Zal-zer se trou-va bientôt à la tête d’une puissante Armée (a). Jfrafiab, qui avoit par-toutses Espions,informé de la situation des affaires de Zal-zer, se détermina àchanger de méthode, & à se tenir simplement sur la défensive. Cette ma-nière de faire la guerre jetta le Capitaine Persan dans de grands embarras.A la fin il trouva moyen de forcer /frajîab á en venir á une bataille, quifut sanglante, & qui dura jusques bien avant dans la nuit, fans que la vic-toire se déclarât pour aucun des deux partis. La guerre continua encorelongtems, fans qu’il y eût d’action décisive. Cependant les campagnes res-toient incultes; ce qui produisit d’abord une disette, qui fut suivie d’uneaffreuse famine, accompagnée de la peste. Tant de maux, qui fondirentà-Ja-fois sur l’un & l’autre Camp, inspirèrent à Hphrasiab & à Zal-zer dessentimens de paix. Une courte Négociation précéda un Traité, par lequelil fut stipulé qu 'Afrasiab retireroit ses Troupes & leur bagage fans ie moin-dre empêchement, & resteroit maître de Tour an, pendant qu’Iran, &tousles Pays qui en dépendoient seroient à Zal-zer. La paix étant conclue& ratifiée aux conditions que nous venons de marquer, il auroit été faci-le à Zal-zer de se placer sur le Trône de Perse; mais ce Grand-Homme,préférant un honneur immortel à la possession passagère d’une Couronne ,mit en main le Sceptre à Zab ou Zoub , Héritier légitime de la Maison deKeyomaras ( b ).
2 ab. Zab, Zoub ou Bazab, étoit déjà avancé en âge quand il fut élevé surle Trône, mais ne laissoit pas d’avoir encore beaucoup de force d’esprit &de corps. II s”appliqua avec foin à rétablir les affaires de Perse. Pour envenir plus facilement à bout, il associa au Gouvernement del’Empire, G/isr-jehasp son neveu, que quelques Historiens appellent Kischtasp, & préten-dent n’avoir été ni neveu nì Associé à l'Empire, mais fils & Successeur deZab: en quoi ils se trompent,& leur erreur vient visiblement de ce que lePère de Gherschasp s’appeiloit Kischtasp. Mais pour revenir à Zab, il sacri-fia une partie considérable des revenus de la Couronne, pour donner à sesSujets le loisir de se remettre des déprédations commises par les Troupesd 'Afrasiab. Ce n’est pas tout: il ouvrit Je Trésor Royal, & toutes les foisqu’il s’y trouvoit une certaine somme, il en payoit ses Soldats, & distri-buoit le reste aux Pauvres. Ce Prince, distingué par de fi belles qualités,ne laissa pas d’avoir un défaut, qui sied fur-tout mal à un Roi. II étoitgoinfre, & inventa plusieurs sortes de ragoûts inconnus dans son Pays. Onne fait,ni combien de tems il régna, ni qui fut son Successeur. Mìrkhonddit expressément qu’il fut le dernier de la prémière Race des Rois nommés
Pisch-
O) Mirkliond Hisl. Sect. VI1Í. bel ot Art. Afrasiab, Zab. Zoub. Mirkliond
Ò) Khondemir in Khclaflkt Alakbar, D’íler- IM. Sect. X.