Section
V.
Hi/loirede l*erse.
ZL HISTOIRE DE PERSE.
bie, sans qu’on en sache la cause. Ce qu’il y a de certain, c’est que le Roide Perse s’écoit déjà rendu maître de la plus grande partie du Royaumeà’Tcmcn , dont Zalzogar étoit Vice-roi, quand il apprit que ce Prince avoicune fille, qui étoit la plus aimable personne du monde. Keykaus , charmédu portrait qu’on lui en fit, la demanda aussitôt en mariage à son Père, qui,ravi de n’avoir plus fur les bras un si redoutable Ennemi, la lui envoya furle champ. A peine Keykaus eut-il jette les yeux fur Saudabah, qu’il se crutle plus heureux de tous les hommes de posséder une Princesse d’une si rarebeauté. Vaincu par la violence de fa passion , il ne s’occupa qu’à donnerdes fêtes, & à faire régner dans son Camp les plaisirs & la joie. Zalzogar ,prévoyant ce qui venoit d’arriver, rassembla secrettement un bon Corps deCavalerie, & fondant tout-à-coup fur l’Armée Persane, la défit, & rempor-ta une victoire si complette , que le Roi & tous les Seigneurs de fa Courfe trouvèrent parmi les prisonniers. Cette fâcheuse nouvelle ne fut pas plu-tôt sue en Perse, que Ruflan se mit à la tête des Forces qui étoient fousses ordres, & entra dans le Royaume d ’Yemen. Zalzogar favoit très bienque ses Troupes ne pourroient pas tenir contre le vieux Corps commandépar Ruflan, c’est ce qui i’engagea à traiter le Roi de Perse de la manière laplus respectueuse, afin que ce Prince fît ordonner à son Général de fairecesser toute hostilité. Cette Suspension d’armes fut bientôt suivie d’un Trai-té de Paix entre le Beau-père & le gendre , par lequel celui-ci renonça àtoutes prétentions fur le Royaume d’ïemen, pendant que l’autre s’obligeaàépouser les intérêts de la Nation Persane, & à l’affister de toutes fesforces,lin conséquence de ce Traité, Keykaus,& tous ceux qui avoient été faitsprisonniers avec lui, recouvrèrent leur liberté, & ramenèrent avec eux enPerse la merveilleuse Saudabah (a). Peu de tems après Siavek vint à laCour, & fut reçu de son Père avec toute l’affection possible. Saudabah ,oucharmée de la beauté de ce jeune Prince, ou feignant de l’être, tâcha del’engagerdans un commerce incestueux ; avances que H'âè, né vertueux,rejetta avec horreur. Pour fe venger de ce refus, qui est le dernier desoutrages qu’on puisse faire à une Femme, Saudabah épia le tems que leRoi étoit seul dans une sale du Palais : tout à-coup elle entre les cheveuxépars, avec une robe-de-chambre déchirée, & le sein tout sanglant, deman-dant à être vengée de Siavek , qui avoir attenté à sa pudicité. Le Roi fitsur le champ mettre son fils en prison , & l’obligea à se purger du crimedont il étoit accusé. Quelques Auteurs disent qu’il subit i’épreuve d u feu.Quoi qu’il en soit, le jeune Prince fut justifié, & la méchanceté de Sauda-bah parut dans tout son jour. Le Roi la condamna à mort; mais Siavekintercéda en faveur de ía Belle-mère , & s’étant jetté aux genoux de sonPère, obtint la révocation de la sentence qu’il avoit prononcée.
Cette fâcheuse affaire ayant causé beaucoup de trouble à la Cour de Per-se , Zphérafiab, toujours attentif à profiter des occasions d’attaquer cet Em-pire, n’eut garde de perdre celle-ci, & passa le Fleuve de Gjélwn avec ungrand Corps de Troupes, dans le dessein d’aslìéger Balch. Keykaus , voyant
venir
O) D’Iieibsíot Art. Caikaus, Miikhond Hist, Sect. XIII.