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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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V.

Hi/loirede l*erse.

ZL HISTOIRE DE PERSE.

bie, sans quon en sache la cause. Ce quil y a de certain, cest que le Roide Perse sécoit déjà rendu maître de la plus grande partie du RoyaumeàTcmcn , dont Zalzogar étoit Vice-roi, quand il apprit que ce Prince avoicune fille, qui étoit la plus aimable personne du monde. Keykaus , charmédu portrait quon lui en fit, la demanda aussitôt en mariage à son Père, qui,ravi de navoir plus fur les bras un si redoutable Ennemi, la lui envoya furle champ. A peine Keykaus eut-il jette les yeux fur Saudabah, quil se crutle plus heureux de tous les hommes de posséder une Princesse dune si rarebeauté. Vaincu par la violence de fa passion , il ne soccupa quà donnerdes fêtes, & à faire régner dans son Camp les plaisirs & la joie. Zalzogar ,prévoyant ce qui venoit darriver, rassembla secrettement un bon Corps deCavalerie, & fondant tout-à-coup fur lArmée Persane, la défit, & rempor-ta une victoire si complette , que le Roi & tous les Seigneurs de fa Courfe trouvèrent parmi les prisonniers. Cette fâcheuse nouvelle ne fut pas plu-tôt sue en Perse, que Ruflan se mit à la tête des Forces qui étoient fousses ordres, & entra dans le Royaume dYemen. Zalzogar favoit très bienque ses Troupes ne pourroient pas tenir contre le vieux Corps commandépar Ruflan, cest ce qui iengagea à traiter le Roi de Perse de la manière laplus respectueuse, afin que ce Prince fît ordonner à son Général de fairecesser toute hostilité. Cette Suspension darmes fut bientôt suivie dun Trai- de Paix entre le Beau-père & le gendre , par lequel celui-ci renonça àtoutes prétentions fur le Royaume dïemen, pendant que lautre sobligeaàépouser les intérêts de la Nation Persane, & à laffister de toutes fesforces,lin conséquence de ce Traité, Keykaus,& tous ceux qui avoient été faitsprisonniers avec lui, recouvrèrent leur liberté, & ramenèrent avec eux enPerse la merveilleuse Saudabah (a). Peu de tems après Siavek vint à laCour, & fut reçu de son Père avec toute laffection possible. Saudabah ,oucharmée de la beauté de ce jeune Prince, ou feignant de lêtre, tâcha delengagerdans un commerce incestueux ; avances que H'âè, vertueux,rejetta avec horreur. Pour fe venger de ce refus, qui est le dernier desoutrages quon puisse faire à une Femme, Saudabah épia le tems que leRoi étoit seul dans une sale du Palais : tout à-coup elle entre les cheveuxépars, avec une robe-de-chambre déchirée, & le sein tout sanglant, deman-dant à être vengée de Siavek , qui avoir attenté à sa pudicité. Le Roi fitsur le champ mettre son fils en prison , & lobligea à se purger du crimedont il étoit accusé. Quelques Auteurs disent quil subit iépreuve d u feu.Quoi quil en soit, le jeune Prince fut justifié, & la méchanceté de Sauda-bah parut dans tout son jour. Le Roi la condamna à mort; mais Siavekintercéda en faveur de ía Belle-mère , & sétant jetté aux genoux de sonPère, obtint la révocation de la sentence quil avoit prononcée.

Cette fâcheuse affaire ayant causé beaucoup de trouble à la Cour de Per-se , Zphérafiab, toujours attentif à profiter des occasions dattaquer cet Em-pire, neut garde de perdre celle-ci, & passa le Fleuve de Gjélwn avec ungrand Corps de Troupes, dans le dessein daslìéger Balch. Keykaus , voyant

venir

O) DIieibsíot Art. Caikaus, Miikhond Hist, Sect. XIII.