HISTOIRE DE PERSE. Lrv. I. Cs. XI. 33venir l’orage, ordonna à son fils de fe rendre en Sigjìftan avec i 2 oooC'he- Sectionvaux, pour faire tête à l’Ennemi. Siavek obéit d’abord, & après avoir joint V.son Oncle Rujlan , fit tant de diligence, qu’il se trouva bientôt à la vue du HifìoireCamp ennemi; mais comme Rujlan & lui n’avoient pas encore envie d en de Verse.venir à un engagement , ils ne longèrent qu’à se bien retrancher. Aphèra -fiab , qui ne trouvoit pas son compte à traîner la guerre en longueur, lesattaqua dans leurs retranehemens, qu’il ne put jamais venir a bout de forcer.Repoussé par-tout, il fit faire des propositions de paix, afin de prévenirquelque invasion des Perses dans son propre Pays. Les Commissaires qu iienvoya pour cet effet au Camp de Siavek & de Rujlan , avec ordre de rè*gler les conditions d’une Alliance perpétuelle , furent très bien reçus. Lejeune Prince son Oncle, & deux Seigneurs Persans convinrent avec euxdes principaux Articles d’un Traité fort avantageux à !a Perse , qu e Siavekenvoya à son Père, après opx Aphèrasiab l’eut ratifié. 11 semble que les in-trigues de Saudabah avoient suscité à Siavek plusieurs ennemis,qui profitè-rent de cette occasion pour persuader au Roi que son fils avoit excédé ses or-dres , en faisant un Traité injurieux à l’Empire. Keyobad , animé par de pareil-les insinuations, envoya son Oncle Thus à l’Armée avec des Lettres pleinesd’aigreurpour Siavek, qui contenoient un ordre de remettre à Thus lé com-mandement des Troupes. Pour ce qui est de Rujlan , le Roi lui disoit, qu’ille croyoit assez âgé pour avoir besoin de repos, & qu’il lui conseilloit pourcet effet de se retirer dans son Gouvernement de Sigjijian. Rujlan obéit ;mais le Prince resta dans l’Armée , qui marcha vers les frontières du Tur-quejlan , dans le dessein d’attaquer Aphérasiab. Quand elle fut arrivée furles bords du Fleuve Gjèhon , Siavek , ayant pris avec lui Piran Vijseh , undes principaux Officiers de l’Armée Turque qui étoit resté dans le Campcomme otage, fe rendit en diligence à la Cour d’ Jphèrastab , pour fairevoir que ce n’étoic point à lui que la violation du Traité de paix dévoieêtre imputée. Aphèrasiab le reçut à bras ouverts, le fit asseoir fur un Trô-ne à côté du sien, & lui donna fa fille Franghìz en mariage (a). La No-blesse du Turquejlan fut si charmée de ce jeune Prince, & lui donna tantde marques de son estime, que Garsiavcsch , frère à’/IphTasutb, en prit om-brage,^ résolut de se défaire de lui. Siavek, qui étoit d’une grande péné-tration , démêla son dessein ; & prévoyant que dans un Pays étranger il luiseroit impossible de se garantir de pareilles entreprises, en parla à fa fem-me qui fe trouvoit alors enceinte, & la supplia, en cas qu’il fût massacré,à qu’elle mîc au monde un fils, d’envoyer l'enfant en Perje. Sa crainte setrouva bientôt n’avoir été que trop fondée : il fut tué par quelques Assas-sins gagés par Garfiavefch , qui auroit fait éprouver le même traitement aFépouse de Siavek , si par bonheur Piran Vìsseh n’étoit entré dans 1 ap-partement de Franghiz , & n’avoit empêché le coup. Cette Princesse ac-coucha dans la fuite d’un fils, qui fut nommé Key-Chosrau , & qui succédaa son Grand-Père. Les Habitans du Turquejlan furent si sensibles à la mortde Siavek , qu’ils fe revêtirent, pour témoigner davantage leur tristesse,
00 D’Herbeloi Bibìioth. Orient. Art. Rustan Siavek, Piran Vìsseh. Mhkhond IW. Sect. XIII.
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