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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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82 HISTOIRE DE.P ERSE.

Section paravant été soumises au Héros dont nous venons de parler, Bàhaman onV. Ardshir étendit son Empire de tous côtés. Quelques Historiens disent queHistoire Kiresh , cest-à-dire Cy rus , gouverna Babylone en son nom : mais cest -de Perse . une méprise grossière, à laquelle son extrême affection pour les Juifs sem-

-ble avoir donné lieu ; & lon assure même que sa Mère étoit Juive: quoi

quil en soit, il est certain quil protégea dune façon toute particulière lePeuple de Dieu. Ce Prince eut un fils, nommé Sajfan , qui sattacha beau»coup à l'étude, ce qui fut cause,ou que par modestie il renonça à lEmpi-re ; ou que son Père len exclut, parce que ce Prince actif jugeoit que lesméditations dun Philosophe ne saccordoient pas avec les embarras du Trô-ne. Ce quil y a de vrai , cest quil ne succéda point à la Couronne , &quil ne fit point valoir ses droits à la Succession, quand son Père abdiqualEmpire. Ses Defcendans rentrèrent ensuite dans leurs droits, comme nousle verrons bientôt. Après un Régne long & glorieux , dans lequel il re-cula si fort les frontières de la Monarchie, que quelques Auteurs préten-dent

vinces gouvernées par la Famille en question, ont pris le nom de cette Famille : ce qui doitprobablement plutôt être arrivé après une Succession de Gouverneurs, que du tems dunseul Homme: Remarque, que nous faisons-simplement pour montrer que. nous navons pasdellëin dadopter fans examen tout ce que les Orientaux jugent à propos de débiter. Quandnous aurons fini notre Histoire des Rois de Perse , originaires du Pays, nous donneronsune ample Chronologie, & la plus claire quil nous fera possible, de ces tems-. Cepen-dant quil nous soit permis dajouter ici quelques particularités, que nous navons pas euoccasion dinsérer dans Texte, & qui sont rélatives à la Famille en question. LAuteurdu Guliftan nous apprend, que Zalzer donna à Rustan le conseil suivant. Ne méprise jamaisun Ennemi , quelque faible qu il puisse te paraître ; car telle eau, qui à fa source peut à peineporter une paille, se trouve a quelque distance de- assez forte pour entraîner un chameauavec sa charge (i). Nous avons parlé en plus dun endroit des éloges que les Romains Orien-taux prodiguent à Rustan. Mais de tous tes exploits, il ny en a aucun fur lequel ils aimenttant à sétendre que fur son combat de deux jours contre Isphendiyar. LHistoire en étoitornée de tant de circonstances agréables, quelle feule fut une des causes qui traversa réta-blissement de la Religion de Mahomet. Un certain Nesser , que des raisons de Commerceavoient fait voyager en Perse, rapporta de ce Pays les relations des combats de Rustan con-tre Isphendiar, & pour détourner le Peuple de prêter loreille à la Doctrine de Mahomet,lentretenoit de ces étranges avantures , qui firent tant dimpression fur ses auditeursquils sécrioient à chaque nouveau Chapitre que Mahomet leur apportoit, C'est une vieilleHistoire, qui n est pas à beaucoup près aujst divertissante que celles de Nesser. II nen fallutpas davantage pour obliger le Prophète (2) à maudire Nesser comme un Ennemi de Dieu.Cest à cette prétendue impiété que fait allusion ce passage de l 'Alcoran. ., Le salaire des,, Justes est grand auprès de Dieu. Fidèles Croyaus, si vous craignez Dieu, il .écartera vos ennemis loin de vous, & pardonnera vos péchés par fa bonté infinie. Les Médians ont conspiré contre vous, pour vous détruire & vous chasser de la Mecque, mais Dieu a- concerté leurs vains projets. Quand ses miracles leur ont été rapportés, & fes commande- meus enseignés, ils ont dit, nous les avons entendus. Nous pourrions en dire autant. cest un conte usé. Souvien- toi, comme ils ont dit, ô mon Dieu , si ce que Mahomet déclare est vrai, quune pluye de cailloux tombe fur nous, & venge-toi de nous. II ne fe vengera point deux, si vous imitez leur incrédulité , ou si vous implorez fa miféricor-,, de. Qui est-ce qui pourroit empêcher Dieu de les punir? II hait ceux qui empêchent les vrais Fidèles dentrer dans le Temple de la Mecque , & ne protège que ceux qui ont fa crainte devant les yeux (3).

(1) DHerbelot Biblioth Oiient. Ait. Zal.(j) Idem Ibid. Ait. Alcoian,

(3) CoranCh. Alfan, cest-à-dire, d»Butins