82 HISTOIRE DE.P ERSE.
Section paravant été soumises au Héros dont nous venons de parler, Bàhaman onV. Ardshir étendit son Empire de tous côtés. Quelques Historiens disent queHistoire Kiresh , c’est-à-dire Cy rus , gouverna Babylone en son nom : mais c’est - làde Perse . une méprise grossière, à laquelle son extrême affection pour les Juifs sem-
—-ble avoir donné lieu ; & l’on assure même que sa Mère étoit Juive: quoi
qu’il en soit, il est certain qu’il protégea d’une façon toute particulière lePeuple de Dieu. Ce Prince eut un fils, nommé Sajfan , qui s’attacha beau»coup à l'étude, ce qui fut cause,ou que par modestie il renonça à l’Empi-re ; ou que son Père l’en exclut, parce que ce Prince actif jugeoit que lesméditations d’un Philosophe ne s’accordoient pas avec les embarras du Trô-ne. Ce qu’il y a de vrai , c’est qu’il ne succéda point à la Couronne , &qu’il ne fit point valoir ses droits à la Succession, quand son Père abdiqual’Empire. Ses Defcendans rentrèrent ensuite dans leurs droits, comme nousle verrons bientôt. Après un Régne long & glorieux , dans lequel il re-cula si fort les frontières de la Monarchie, que quelques Auteurs préten-dent
vinces gouvernées par la Famille en question, ont pris le nom de cette Famille : ce qui doitprobablement plutôt être arrivé après une Succession de Gouverneurs, que du tems d’unseul Homme: Remarque, que nous faisons-simplement pour montrer que. nous n’avons pasdellëin d’adopter fans examen tout ce que les Orientaux jugent à propos de débiter. Quandnous aurons fini notre Histoire des Rois de Perse , originaires du Pays, nous donneronsune ample Chronologie, & la plus claire qu’il nous fera possible, de ces tems-là. Cepen-dant qu’il nous soit permis d’ajouter ici quelques particularités, que nous n’avons pas euoccasion d’insérer dans lé Texte, & qui sont rélatives à la Famille en question. L’Auteurdu Guliftan nous apprend, que Zalzer donna à Rustan le conseil suivant. Ne méprise jamaisun Ennemi , quelque faible qu il puisse te paraître ; car telle eau, qui à fa source peut à peineporter une paille, se trouve a quelque distance de-là assez forte pour entraîner un chameauavec sa charge (i). Nous avons parlé en plus d’un endroit des éloges que les Romains Orien-taux prodiguent à Rustan. Mais de tous tes exploits, il n’y en a aucun fur lequel ils aimenttant à s’étendre que fur son combat de deux jours contre Isphendiyar. L’Histoire en étoitornée de tant de circonstances agréables, qu’elle feule fut une des causes qui traversa réta-blissement de la Religion de Mahomet. Un certain Nesser , que des raisons de Commerceavoient fait voyager en Perse, rapporta de ce Pays les relations des combats de Rustan con-tre Isphendiar, & pour détourner le Peuple de prêter l’oreille à la Doctrine de Mahomet,l’entretenoit de ces étranges avantures , qui firent tant d’impression fur ses auditeursqu’ils s’écrioient à chaque nouveau Chapitre que Mahomet leur apportoit, C'est une vieilleHistoire, qui n est pas à beaucoup près aujst divertissante que celles de Nesser. II n’en fallutpas davantage pour obliger le Prophète (2) à maudire Nesser comme un Ennemi de Dieu.C’est à cette prétendue impiété que fait allusion ce passage de l 'Alcoran. ., Le salaire des,, Justes est grand auprès de Dieu. Fidèles Croyaus, si vous craignez Dieu, il .écartera vos„ ennemis loin de vous, & pardonnera vos péchés par fa bonté infinie. Les Médians ont„ conspiré contre vous, pour vous détruire & vous chasser de la Mecque, mais Dieu a dé-„ concerté leurs vains projets. Quand ses miracles leur ont été rapportés, & fes commande-„ meus enseignés, ils ont dit, nous les avons entendus. Nous pourrions en dire autant.„ c’est un conte usé. Souvien- toi, comme ils ont dit, ô mon Dieu , si ce que Mahomet„ déclare est vrai, qu’une pluye de cailloux tombe fur nous, & venge-toi de nous. II ne„ fe vengera point d’eux, si vous imitez leur incrédulité , ou si vous implorez fa miféricor-,, de. Qui est-ce qui pourroit empêcher Dieu de les punir? II hait ceux qui empêchent les„ vrais Fidèles d’entrer dans le Temple de la Mecque , & ne protège que ceux qui ont fa„ crainte devant les yeux (3)”.
(1) D’Herbelot Biblioth Oiient. Ait. Zal.(j) Idem Ibid. Ait. Alcoian,
(3) Coran‘Ch. Alfan, c’est-à-dire, d»Butins