HISTOIRE DE PERSE. Liv. I. Cn. XI. 8 rdent que c’est de-là que lui vint le surnom de Dirazdejì , Eahaman ou SectionArdshir mourut, & laissa l’Empire à sa femme Homai, que d'autres Ecri v.vains prétendent avoir auffi été fa fille 5 & qui étoit enceinte dans le tems Histoire' qu’il vint à mourir. Le mot favori de ce Prince étoit, Que la porte du Roi de Pe, 'J e -ne doit jamais être fermée (a').
Homai ou Khamani, environ cinq mois après avoir succédé à la Cou*ronne , mit au monde un fils d’une merveilleuse beauté. Suivant lacoutume de ces tems-là, on consulta les Astrologues fur le destin de cetenfant. Tous furent de sentiment, que ses malheurs égaleroient ses char-ries, & que devant amener fur lui-même & fur fa Patrie de grandes cala-mités , il falloit le faire mourir fur le champ. La tendresse maternelle nepermit pas à Homai de suivre ce conseil : cependant l’amour que cettePrincesse avoit pour son Pays, lui fit imaginer un moyen de détourner, s’ilétoit possible, les malheurs prédits par les Astrologues , fans sacrifier sonfils. Dans cette vue, elle fit faire une espèce de berceau, qu’elle abandon-na au courant du Gihon ou de l'O.E, après y avoir mis Pensant, couvertde pierres précieuses. Le berceau arriva à la fin dans un endroit où unpauvre Teinturier lavoit de la toile. Frappé de la nouveauté du spectacle,il tira le berceau à lui, & fut étrangement surpris d’y trouver un enfant& de si prodigieuses richesses. 11 porta íe tout à fa femme, qui éleva l’en-fant (qu’elle jugea, comme lui, devoir être d’une illustre naissance) avec au-tant de foin & de tendresse que si ç 7 avoit été le sien propre. Le Teintu-rier lui donna le nom de ûarab, par allusion à son berceau & à J élémentoù il l’avoit trouvé , Dar signifiant une Machine de bois , & Ab de VEau.
Quand Pensant eut atteint l’âge requis pour apprendre un métier, le Tein-turier auroit voulu lui apprendre le sien ; mais le Jeune - homme témoignaune extrême répugnance pour ce métier, & au contraire une violente in-clination pour celui de la Guerre. Le bon Vieillard qui l’avoit élevé, bienloin de s’opposer à son désir, n’épargna rien, ik fournit au jeune Darab l’é-quipage qu’il lui falloit pour servir dans l’Armée qu’on venoit de lever pourla réduction de Roumcfian. Cette guerre ne fut pas de longue durée; cequi n’empêcha pas Darab de s’y distinguer tellement en plusieurs occasions,que tout le monde avoua que le jeune Inconnu l’avoit emporté fur les plusvaillansChampions de l’Armée dePerfe. Le Général en chef, étant reve-nu à la Cour, fit un rapport si favorable de lui à laUeine, qu’elle souhai-ta de le voir. Darab fut introduit auprès de cette Princesse, qui, aprèsquelques discours fur ses exploits , lui demanda quel étoit son nom , &comment son Père & sa Mère s’appelloient. II répondit que son nométoit Darab ,mais que pour sesParens iln’en pouvoit rien dire; qu un Tein-turier & fa femme avoient eu la bonté de l’élever ; & que le prémier, 1 ayanttrouvé dans un berceau, l’avoit à cause de cela-même appelle Dar à LaReine, qui savoir une partie de J’histoire,s’étant informée de ,a vérité duteste, le reconnut pour son fils, & le déclara ion Successeur, au grandcontentement de tous ses Sujets (b). Tous les Ecrivains Oràâ s’accor*
lot, Alt. Bahaman,Tome iH.
WJ M níiîî. ond Hist * Scct - XVII. D’Herbe-
(]>') Mirkhond Hist. Scct. XVIII. D’IIer-
belot Art. Homai.L