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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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82 HISTOIRE DE PERSE.

Section dent à vanter la capacité de cette Reine, & le soin extrême quelle prenoitV. de tout ce qui pouvoit contribuer au bonheur de son Peuple, Elle sappli-Wfloire qua particulièrement à embellir IJtachr , Capitale de ses Etats , elle fie(le Perse, bâtir un superbe Palais, dont les ruines causent encore de nos jours de lé-

-tonnemenc,& sont les mêmes que celles que les Perses appellent Chilminar y

dans le Palais de Persépolis. Nous ne garantissons pas la vérité de ce récit ;mais nous croyons pouvoir affirmer, que très probablement ce Palais futbâti vers le tems dont il sagit; & la raison, que les Ecrivains, dont nousparlons, allèguent pourquoi Homai le fit bâtir à Iftachr , na rien dincroya-ble. Ils disent que Gushtajp ayant fait ériger divers Temples du Feu , & tail-ler dans le roc, qui est derrière ce Palais , de superbes Tombeaux pourlui & pour ses Successeurs , Homai eut envie de faire construire une Mai-son Royale tout près de, afin que tous les Monumens de la magnificen-ce Persane fussent comme rassemblés dans un endroit. On attribue à cettemême Reine un grand nombre de Pyramides, plus petites, mais de mêmeforme que celles dEgypte. Ces Pyramides se trouvent en divers endroitsde la Perse , & ont par-tout été renversées par les Soldats à'Alexandre leGrand. Homai fit aussi bâtir, à ce qn'on prétend , une Ville nomméeSemrim ou Sêmirah, ce qui a fait conjecturer à un fameux Auteur Persan ,que lHomai des Perses écoit la Sémiramis des Grecs. Mais cette conjecturepourroit bien être plus subtile que solide (n). LAuteor dune autre Chro-nique Persane est si éloigné de croire quelle ait été la Sémiramis des Grecs,ou même une Princesse de quelque réputation , quil na pas même mis sonnom dans lHistoire des Monarques Persans de la Dynastie des Caianïdes (b).Cependant Mirkhor.d affirme quelle régna 32 ans, au bout desquels elle ré-signa la Couronne à son fils Darab (c) *.

(a) Tarik Montekebh. (/-) Tarikcozideh. (c) Mirkhond Hist. Sect. XVIII.

* Les Historiens Orientaux parlent de plusieurs Reines, qui firent des choses merveilleu-ses. Pour ce qui est du Palais bâti à Istachr par ordre de Homai, il est très possible quunfi superbe Ouvrage ait été entrepris du tems de cette Reine. Nous avons vu c i- dessus, quele Règne de Gushtas) fut celui des Arts & des Sciences en Perse. Son Petit fils & SuccesseurBahaman doit avoir encore contribué à leur avancement ; car il fut heureux dans les guerresquil entreprit, & sappliqua, après les avoir terminées, à orner son Pays de Bâtimens ma-gnifiques suivant le témoignage exprès de Mirkhond. Ce nest donc pas une chose incroya-ble que la Veuve, qui étoit aussi une Princesse paissante & heureuse , ait tâché de simmor-taliser par un Edifice superbe. Elle a pu employer à embellir ce Palais, les dépouilles queses Prédécesseurs avoient apportées d 'Egypte & de Syrie. Et pour ce qui est de la grandeProcession qui paroit encore fur les murailles de ce Palais , il fc pourroit quelle représentef hommage rendu à Bahaman ou Ardshir, par les Etats de Perse , quand ce Prince les as-sembla la prémière année de son Règne , & les fit juges de fa conduite , & de ses droits àla Couronne. Quel évènement plus mémorable Homai pouvoit-elle choisir que laveu dunesi auguste Assemblée, que la vertu & la naissance donnoient à son époux un double droit àla Couronne. Mais que cette Procession ait marqué ce quon voudra, jufquàce quon nousen ait fourni une explication plus naturelle, nous prendrons celle-ci, qui a un rapport directavec un trait Ne lHistoire de Perse. A légard des Persans modernes, leurs Livres font par-semés de contes, qui cependant neinpêchent pas que la Reine Homai ne puisse avoir fait bâtirle Palais en question, dont les ruines snppellent présentement Chilminar, c'est-à-dire, Qua-rante Colomr.es , quoique , suivant le Dr. Hyde , lancien nom Persan soit tìazar-Sutun ,cest-à dire, Mille Colomnes (1).

(ij Hyde Rel, Vet. Pers. C. XXliJ» p. 1»+,