ET DES GOMERITES. Lrv. 1. Cn. XII. rzr
Père de i’Egiífe nous apprend , d’apr èsPèrécyde, qu'il fut le prèmier quiporta un Diadème , d’où pourroic bien lui être venu Je surnom de Cronos,W! en Celtique veut dire couronné *. Le même dit dans un autre endroit,M'il aimoit beaucoup à porter un Manteau rouge, ou une Robe courte teinte à laf a çon des Qalates ; & c’ est de -là peut-être qu’est venu l’ufage aux Rois&aux Grands Seigneurs de porter des Habits couleur de pourpre f. Saturne,S^oiqu’il ne fût pas moins rusé (a) qu’ambìtieux, ne put si bien cacherson perfide dessein, cpi’Uranus n’en eût quelque soupçon, & ne donnât,Pour le prévenir , commiffionà sa fille Rhée, de se défaire secrettement detoi : mais Saturne, qui fut peut-être informé de la chose par sa Mère Titea,S u ton motif de jalousie avoit engagée { à {'encourager , & peut - être à luiinspirer le premier dessein de sa rébellion, trouva bientôt moyen, nonfeulement de la détourner de son entreprise, mais aussi de la mettre dansfes intérêts. On en vint bientôt à une rupture ouverte, dans laquelle Sa-turne, après une guerre qui dura plusieurs années, se trouvant le plus sortemprisonna son Père, comme nous savons vu ci - dessus: après quoi on sup-pose que peu content du Titre de Prince il prit celui de Roi. Et vérita-blement s’il est vrai qu’il étendit son Empire non seulement en Afie, maisaussi en Europe jusqu’à Y Espagne, & qu’il conquit aussi quelques Provinces^ Afrique, un moindre Titre auroit été beaucoup au - dessous de son am-bition. II eut deux principaux Conseillers outre fa Mère, l’un nommé HermèsTrìsmêgìjte, grand Philosophe & Politique consommé; d’autres ajoutent<3u'i] étoit un Magicien du prémier ordre (L) ; sature étoit fa sœur Rhée,gu’il épousa dans la fuite f. Ces trois personnes surent fi bien caresser lesPrinces & les Grands de la Cour,& particulièrement ses frères, tant par
\a) Hesiod. ;n Theogn. (b) Sanchoniatfaon L. III.
* Le nom de Saturne, que quelques Savans ont voulu dériver du mot Hébreu Safaritacher , parée qu’il íe cacha en Italie pour se dérober aux recherches de son fils Jupiter ,peut fe dériver plus naturellement du mot Phrygien Satorn, ou plutôt Sa dom , qui signifiefort & puisant; car il étoit tel réellement, avant que la révolte de fou fils l’eût assoibli,comme il paraîtra par son Histoire. Sanchoniathon lui donne auíïï le nom d 'll ou d Ilot, quiPourrait fort bien venir du mot Hébreu bN El, qui signifie fort & puissant, & est un desRoms de Dieu en cette Langue.
t Comme on croît que Saturne demeura en Phrygie , dont une partie fut appellée dans la"«te G alatie, Pezron oblêrve que ce Pays étant très fameux pour teindre en rouge, le motOr-c k le mot Latin coccus , peuvent naturellement être dérivés du mot Celtique
'Coch, qui veut dire rouge (r).
■j- Cette jalousie fut causée, suivant Sanchoniathon, non seulement par le grand nombre“autres femmes qu’eut Uranus, mais aussi parce que nonobstant que Titea l’eût quué pour“ e «e raison, il vouloir cependant coucher avec elle par force. Mais ce qui sûrement lut«ìsoit bien plus de peine, est qu'il tâchoit de détruire tous les enfans qu’il avoir d elle, ceexténue grandement la conduite que Titea & son fils tinrent à l’égard d ’Uranus (2).
, f La coutume d’épouter fa soeur n’avoit rien d’extraordinaire en ce tems - là : nous avons vuda " s un autre Tome, qu’elle étoit commune aux Egyptiens , aux Terfes, & à plusieur*ÍUtres Nations considérables. Le nom de lihie est aussi Celtique d origine, & signifieUne bame , comme khey signifie un Seigneur (3).
fab vofe Cû«u?, hai ’* 10 * & L « îc * Cel *
(2) Sanchon. L. III.
(3) ÍMíou ubi fupr,
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Section
IV.
Histoiredes Scythes& des Go -miiìtes.