1Z2 HISTOIRE DES SCYTHES,
S“tkw leur souplesse que par leur libéralité *, qu’ils les gagnèrent tous, desortei qu’ií n’y a pas lieu de s’étonner qu’il aie poussé ses conquêtes plus loin que/?/#»« f es Prédécesseurs, & que tout lui ait réussi dans ses Etats & au dehors.'des Go- ^ais ^ on bonheur fut mêlé d’amertume à plus d’un égard, il vécut dansmilites, une continuelle défiance à l’égard deses enfans. U avoit détrôné son pro-
—-pre Père,&devoit naturellement craindre d éprouver le même sort. Cette
frayeur le porta à immoler ses enfans à une ombrageuse Politique,ou, sui-vant d’autres,aux manès de son Père. II étoic fort adonné à toutes fortesde Superstitions, & il y a quelque apparence que les Devins augmentèrentfes soupçons, en lui prédisant qu’il couroit risque d’être détrôné par quel-qu’un de ses enfans,comme il le fut réellement par Jupiter. 11 avoit enco-re à se garder d’un autre ennemi secret, savoir. Tria», qui, quoiqu’il eût étécontraint de céder, pouvoit tenter encore quelque nouvelle entreprise*.Mais peut-être son ame étoic - elle fi remplie de la terreur que lui inspi-roient fes enfans, qu’il ne songeoit pas seulement á lui; & c’est ce qui don-na enfin occasion à ce dernier de le surprendre lui & sa femme Rhèe , &.de les tenir en prison , jusqu’à ce que Jupiter vînt avec une Armée deCretois, & rendit la Liberté & l’Empire à ses Parens f.
Ce que nous avons observé au sujet de la défiance de Saturne , & de sacruauté envers fes enfans, fut problablement cause que Rhèe prit tant de foinde cacher sa grossesse ,& après être accouchée de Jupiter dans un endroit,de renvoyer pour être fecrettemenc élevé dans un autre $. Cette action de
* Nous trouvons qu’un de fes frères s’appelloit Japhet ou Japet, nom conservé unique-ment parmi les defcendans de fou fils Gomer. Sanchoniathon lui donne auíïï pour frère Atlas f;mais i! y a plus d’apparence que c’étoit son neveu, & le fils de Japhet. il est très probable,que Saturne, en guise de récompense, donna les conquêtes, qu’il avoit faites en Mauritanie,à Atlas, & que le plus fameux Mont de '{Afrique reçut son nom de ce-Prince (,).
f Cet événement remarquable nous a été transmis par un Père de l’JEglise (2), sur fautori.té d ’Ennius, ou plutôt á’Evémère , dont il étoit le Traducteur. Or comme il rapportel’évênetnent en question, pour démontrer contre les Payens, que les Dieux qu’ils adoroieutn’avoient été que des Hommes, il débute par cette singulière Préface. Aperiamus ea qu teveris literis continentur , ne poëtarum ìneptias in accufimdis religmiibussequi aut probare vi-deamur. Cés paroles semblent marquer, qu’il avoit lu les Fables des Poètes, auíïï - bien queles Témoignages les plus autentiques des Historiens, & ne prétendoit alléguer que ce quiétoit reconnu pour vrai.
Plusieurs autres Pères & Apologistes ont cité de pareils faits au íùjet de Saturne , deJupiter &c. Ce qu’ils n’àuroient guêres osé faire, si ces faits n’avoient pas été avouéspar ceux contre lesquels ils en faifoient usage (3;.
f Les Auteurs ne font pas d’accord au sujet de f endroit où Jupiter est né. Les Cré-tais prétendent qu’il nâquit dans leur île fur le Mont Ida ; & CaÙimaqiie (4) , qui les traitede menteurs, eu prétendant faire voir le tombeau d’un Dieu, qui doit être immortel, don-ne lui même dans le ridicule d’avouer qu’il est né, S? affirme qu’ii vint au monde fur le-Mont Lycceus eu Arcadie. Le dernier de ces fentimens est plus probable que sature.Callimaqm ajoute que l’endroit fut tenu depuis pour si sacré, qu’il n’étoit permis à aucunefemme d’eu approcher. On l’appelloit aulfi par excellence le Sommet Sacré , & le Pue-pe •rittm , c’est. à- dire, k lieu oà Rháe avoit accouché. Pour ce qui est. des Crétois, il étoic afl'ez-
(1) Pezron ubi siip t . c , IO< Antioch. Mia. Félix. Arnob. August. Jul. Firm»
(z) Lactant. Instit. L. i. c . 14, & alii.
(ij Teitul. Apolog.c, 10, Athcnag, Theophil, (+) Cailimach, Hyian. !» Jov, ab initia,