i4<S HISTOIRE DES SCYTHES, '
Section par lesquels ils font désignés dans le peu d’anciens Ecrits qui font mentionVI. d eux. Hérodote, par exemple , nous apprend, que quand les Scythes ct ai-Hiflfíire gnirent de voir leur Pays envahi par Darius , le Roi, se trouvant hors d’é-des Scythes tat de faire tête à ce Monarque, invita tous les Princes Scythes, savoir ceux& des Go- àz Tauriens , des Agathyrsiens , des Neuriens , des Androphages , des Mèlanch-tn ntes. j œr j ens , àz Budicns & des Sarmaies , à venir à son secours. Tous cesPeuples semblent avoir eu une même origine, &n’avoir différé de celui quiformoit la Tribu Royale, que parce qu’ils habitoient d’autres Pays: aulïïHérodote dit il que dans le tems dont il s’agit, il y ávoit entre les maniè-res & coutumes des uns & celles des autres une prodigieuse différence (ct).Le résultat de cette sommation fut, que les trois derniers Peuples vinrentau secours du RoidesSrjtAeriau-lieu que les autres refusèrent de l’aísister,sous prétexte qu’il avoit été le premier aggreífeur. Nous concluons de-là,qu’ils avoient bien du tems auparavant secoué le joug des Scythes Royaux ,quoiqu’ils y enflent vraisemblablement été soumis autrefois. Nous entreronsdans un plus grand détail touchant ces huit Tribus dans un autre endroit, ennous bornant à présent aux deux Tribus les plus considérables, & le mieuxconnues, savoir celles des Scythes Royaux & des Scythes Libres.
Loîx. Le portrait avantageux que d’anciens Historiens nous font de cette Na-tion , est le seul moyen qui nous reste pour nous former une idée généralede ses Loix. Le nombre de celles dont ils avoient besoin, devoit être trèspetit, si l’on considère qu’ils portoient au degré le plus éminent la Justice,la Tempérance , & le Mépris du Luxe & des Richesses. Jufiin (b) les dé-peint en ces mots. Les Scythes étoient un Peuple laborieux, guerrier, d’uneforce prodigieuse, & cependant tellement maître de ses passions, qu’il fem-bloit ne rechercher la victoire que pour augmenter fa réputation. Le Volpaífoic chez eux pour un grand crime, & y étoit si sévèrement puni,qu’ilsp ou voient laisser leurs nombreux Troupeaux àl’abandon, fans courir risqued’en rien perdre. C’étoit néanmoins en ces Troupeaux, qui leur scrvoienten mème tems de nourriture & d’habits, que consistaient leurs plus grandesrichesses. Au-lieu de maisons ils avoient de grands chariots tirés par deschevaux ou par des bœufs, dans lesquels ils transportoient leurs femmes &leurs enfans avec tous leurs meubles. 11s méprisaient l’Or&l’Argent,au-tant que les autres Peuples estiment ces métaux. Si la même modération& le même désintéressement règnoient parmi toutes les Nations, on verroicbientôt la fin de ces guerres qui désolent le Genre-humain. Ce qu’il y a deplus merveilleux encore, c’est que ces vertus, que les Grecs tâchèrent vai-nement d’acquériràforce d’étude&de philosophie, leur étoient naturelles ;l’ignorance du Vice leur procurant des avantages, que d’autres nesavoiencpas tirer de la connoissance de la Vertu*. Un Peuple de ce caractère n’a-
(«) Herod. Lib. IV. c. 103. & feq. (/,) Justin. Lib. II. c . 2.
* Cet admirable caractère des Scythes , quelque exagéré qu’il puisse paroîcre, est confirménéanmoins par divers anciens Historiens & l’oëtes ; & si un Auteur moderne (1) avoit feule-ment lu les témoignages que le -savant Bochœrt allègue fur ce sujet (2), il n’auroit pas taxéJujìin de louer ce Peuple aux dépens de la vérité.
(i) Annotât, in Jultin. Delphin. L. II, c. -, Note ».
(O Eochait. Phaleg Lib. III. c. 9.