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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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i4<S HISTOIRE DES SCYTHES, '

Section par lesquels ils font désignés dans le peu danciens Ecrits qui font mentionVI. d eux. Hérodote, par exemple , nous apprend, que quand les Scythes ct ai-Hiflfíire gnirent de voir leur Pays envahi par Darius , le Roi, se trouvant hors dé-des Scythes tat de faire tête à ce Monarque, invita tous les Princes Scythes, savoir ceux& des Go- àz Tauriens , des Agathyrsiens , des Neuriens , des Androphages , des Mèlanch-tn ntes. j œr j ens , àz Budicns & des Sarmaies , à venir à son secours. Tous cesPeuples semblent avoir eu une même origine, &navoir différé de celui quiformoit la Tribu Royale, que parce quils habitoient dautres Pays: aulïïHérodote dit il que dans le tems dont il sagit, il y ávoit entre les maniè-res & coutumes des uns & celles des autres une prodigieuse différence (ct).Le résultat de cette sommation fut, que les trois derniers Peuples vinrentau secours du RoidesSrjtAeriau-lieu que les autres refusèrent de laísister,sous prétexte quil avoit été le premier aggreífeur. Nous concluons de-,quils avoient bien du tems auparavant secoué le joug des Scythes Royaux ,quoiquils y enflent vraisemblablement été soumis autrefois. Nous entreronsdans un plus grand détail touchant ces huit Tribus dans un autre endroit, ennous bornant à présent aux deux Tribus les plus considérables, & le mieuxconnues, savoir celles des Scythes Royaux & des Scythes Libres.

Loîx. Le portrait avantageux que danciens Historiens nous font de cette Na-tion , est le seul moyen qui nous reste pour nous former une idée généralede ses Loix. Le nombre de celles dont ils avoient besoin, devoit être trèspetit, si lon considère quils portoient au degré le plus éminent la Justice,la Tempérance , & le Mépris du Luxe & des Richesses. Jufiin (b) les dé-peint en ces mots. Les Scythes étoient un Peuple laborieux, guerrier, duneforce prodigieuse, & cependant tellement maître de ses passions, quil fem-bloit ne rechercher la victoire que pour augmenter fa réputation. Le Volpaífoic chez eux pour un grand crime, & y étoit si sévèrement puni,quilsp ou voient laisser leurs nombreux Troupeaux àlabandon, fans courir risqueden rien perdre. Cétoit néanmoins en ces Troupeaux, qui leur scrvoienten mème tems de nourriture & dhabits, que consistaient leurs plus grandesrichesses. Au-lieu de maisons ils avoient de grands chariots tirés par deschevaux ou par des bœufs, dans lesquels ils transportoient leurs femmes &leurs enfans avec tous leurs meubles. 11s méprisaient lOr&lArgent,au-tant que les autres Peuples estiment ces métaux. Si la même modération& le même désintéressement règnoient parmi toutes les Nations, on verroicbientôt la fin de ces guerres qui désolent le Genre-humain. Ce quil y a deplus merveilleux encore, cest que ces vertus, que les Grecs tâchèrent vai-nement dacquériràforce détude&de philosophie, leur étoient naturelles ;lignorance du Vice leur procurant des avantages, que dautres nesavoiencpas tirer de la connoissance de la Vertu*. Un Peuple de ce caractère na-

(«) Herod. Lib. IV. c. 103. & feq. (/,) Justin. Lib. II. c . 2.

* Cet admirable caractère des Scythes , quelque exagéré quil puisse paroîcre, est confirménéanmoins par divers anciens Historiens & loëtes ; & si un Auteur moderne (1) avoit feule-ment lu les témoignages que le -savant Bochœrt allègue fur ce sujet (2), il nauroit pas taxéJujìin de louer ce Peuple aux dépens de la vérité.

(i) Annotât, in Jultin. Delphin. L. II, c. -, Note ».

(O Eochait. Phaleg Lib. III. c. 9.