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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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X52 HISTOIRE DES SCYTHES,

Section NL pouvant se marier, à moins que davoir tué un Ennemi de sés propresVI. mains («), comme nous lavons dit. Pour ce qui est de leurs Jeunes-gens,Histoire on leurinfpiroit de bonne heure des inclinations martiales ou plutôt féroces,Scythes z'jj f aut e n croire Hérodote , qui assure q u'ils avoient coutume de boire leàng du prémier Prisonnier quils faisoìenc, & doffrir à leurs Rois les têtesmm es ' de tous ceux quils tuoient dans quelque combat. Ces têtes leur étoiencrendues, ou bien on en enrégistroit le nombre, à cause quelles donnoiencdroit à certains Privilèges, comme daffister à quelques Fêtes publiques,d'avoir part aux dépouilles de leurs Ennemis,& autres pareils Privilèges,auxquels aucun homme ne pouvoit prétendre, à moins que davoir tuéaumoins un Ennemi. Comme le mérite dun homme croissoit ainsi à pro-portion des têtes quil a volt coupées, ils avoient coutume décorcher lesmorts,den préparer les peaux,& de les attacher aux brides de leurs che-vaux , elles servoienc en même te ms de trophées & de serviettesà leurs possesseurs. Leur orgueil, ou plutôt leur barbarie alloit si loin, aurapport de notre Auteur, quils íe scrvoìent des peaux de leurs Ennemis tués,pour en couvrir, tant leurs carquois que leurs chevaux, & quelquefois mê-me leurs propres corps (b). Si cet orgueil féroce navoiceu pour objets queceux qui venoient envahir leurs Pays, on pourroit le justifier jufquà uncertain point, une pareille conduite étant propre à intimider dinjustesCon-quérans, qui dailleurs ne méritoient pas un autre fort *. Mais à en jugerpar le récit à'Hérodote ì ils ne traitoient pas mieux ceux quils attaquoìencfans y être provoqués. Dailleurs ils auroient également péché contre lesLoix de lEquité & celles dune faine Politique, en condamnant leurs fillesau célibat, li les trophées, quelles dévoient produire, ne pouvoient êtreobtenus qne dans une guerre défensive, à laquelle leur pauvreté & leur va-leur ne pouvoient que difficilement donner lieu. Ainsi il y a plus dappa-rence, fur-tout à en juger par fendrait que nous avons cité de Thucydi-de , que comme ils vi voient principalement de burin, au-lieu de sertir deleurs vastes territoires, leurs Tribus faisoient mutuellement des incursions lesunes fur les terres des autres, ce qui nempêehoit pas quelles ne se réunis-sent ensemble contre tout Ennemi étranger qui venoit attaquer leur Pays.

On demande si les Scythes étoient un Peuple nombreux, & les Savansne font nullement daccord fur cette question. Sil est vrai quils ayent fait

.. T . les

se) Herodot. Lib. IV. Plat, de Leg. Lib, (S) Ilerodot. L. IV. c. 6,\,

VII. Hypocrat. N. Damafcen. Justin. & al.

* Cécoit-, suivant Justin si), largument quils employèrent pour dissuader le Roià'Egypte de leur faire la guerre; car, difoient-ils aux Hérauts de ce Prince, ce seroit unefolie aux riches Egyptiens, dattaquer un Peuple auíïï pauvre que les Scythes, avec qui ilny a que des blessures ou la mort à gagner, & dont la valeur ue pouvoit quêtre animée àla vue du butin. Le message qui dans la fuite fut fait de leur part à Darius, quand ce Mo-narque fut entré en Scythie, revenoit à peu près au même quant au sens. Nous navons,disoient les Députés Scythes , ni Villes, ni maisons, ni champs, ni vignes, ni aucunes ri-chesses, à lexceptíon de nos familles, & des tombeaux de nos ancêtres, que nous nous fai-sons une-loi inviolable de défendre jnfquà la derniere goutte de notre sang. Ainsi le risquefera plus grand pour Darius que pour nous ( 2 ).

(1) Justin. Lib, II. c. 2.

(zj Herodot. Lib. IV. c. 127,