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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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ET DES GOMERITES. Liv. I. Ch. XII. r§Z

" incursions dont nous venons de parler, leur Pays ne peut avoir été gué- Section

*es peuplé. Dun autre côté, si lon considère leur manière de vivre simple<

^ laborieuse, leur climat, & plusieurs autres circonstances qui contribuoient Hiftoìreà les rendre sains & robustes, il semble qu'on soit en droit den conclure à Scythlue ce devoit être un Peuple nombreux ; car nous lisons que peu dentre *

e ux meuroient de- maladie, & que presque tous atteignoient un âge avan- ^-,

Ce j desorte que plusieurs, las de vivre, se donnoient la mort à eux-mêmes,se précipitant de quelque hauteur dans la Mer ou dans un Fleuve (a).Hérodote, qui semble douterquils ayent été aussi nombreux que le préten-dent quelques-uns, ou en aussi petit nombre que rassurent dautres, rap-porte cependant un fait remarquable en faveur du premier de ces senti-Mens.

Les Scythes n voient une coutume, qui semble leur avoir été communeavec quelques autres Nations (b). Quand ils entroient en campagne , &quils passoienc leurs combattans en revue, chacun de ces derniers jettoitune flèche, ou, suivant notre Auteur, la pointe duneflèche,dans un vais-seau destiné à cela. Au retour de la Campagne, chacun retiroit une poin-te de flèche: on comptoit le nombre de celles qui étoient de reste,& loníavoit par- le nombre de ceux qui sétoient enfuis, ou qui avoient ététues. Ce fut à une de ces revues quun de leurs Rois, qu 'Hérodote nommetriantes (c) , considérant que toutes ces pointes de flèches formoient en-semble un poids immense (lArmée quil commandoit étant prodigieuse)ordonna que le tout fût fondu , & quon en fît le Vaisseau dont nous a-^ons parlé ci-dessus. Ce Vaisseau , qui subsistoït encore du tems de notretuteur , étoit épais de six pouces, Si contenoit environ 50 muids. Pourthre la vérité, on ne peut rien inférer de cette Histoire, en la supposant^exactement vraie. Mais ne se pourroit-il pas que ce Vaisseau mas-h neût servi qu a recevoir les flèches que les soldats y jettoient, & queto Ut le reste fût une pure invention? Cependant , erí supposant la chosearrivée comme Hérodote le dit, & lArmée dtriantes auiïì nombreuse quonpoudra, il ne sensuit pas que le Pays des Scythes fût plus peuplé que celui» ® ìuurs Voisins, si lon fait attention à la vaste étendue de leurs territoires,p h argument, qui prouve bien plus solidement que les Scythes étoient unj eu ple nombreux, peut se tirer des Colonies quils envoyoiènt continuel-ment vers les Parties Méridionales de la Terre, & dont nous aurons oc-hon de parler plus au long dans la fuite.

, Comme ils ne cultivoient dautres Arts que ceux qui avoient rapport au /lm &

. utier de la Guerre, & quils ne faisoient aucun Commerce, nous navons Sciences.e h à dire de leurs Arts ni de leurs Sciences. Thucydide, dans lendroitç le uous avons cité, semble vanter leur industrie & leur sagacité à se pro-quT toutes * es choses nécessaires à la vie, & s'exprime dune façon à insinuer, avoient diverses Manufactures. Un autre Auteur Grec parle beaucoupeur trafic le long des Côtes de ì'Heìlefpont (d). Mais pour ce qui regar-

0 ») Mêla Lib,

m c. 5. Herodot, &.p. 416.

(c) Herod. Lib. IV. c. i8r.

{cl) Dictys Cret, de Bell. Troj. L. II. c. 8.

Tome IV.

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