ET DES GOMERITES. Liv. I. Ch. XII. r§Z
" incursions dont nous venons de parler, leur Pays ne peut avoir été gué- Section
*es peuplé. D’un autre côté, si l’on considère leur manière de vivre simple Ví<
^ laborieuse, leur climat, & plusieurs autres circonstances qui contribuoient Hiftoìreà les rendre sains & robustes, il semble qu'on soit en droit d’en conclure à Scythlue ce devoit être un Peuple nombreux ; car nous lisons que peu d’entre *
e ux meuroient de- maladie, & que presque tous atteignoient un âge avan- ^-,
Ce j desorte que plusieurs, las de vivre, se donnoient la mort à eux-mêmes,se précipitant de quelque hauteur dans la Mer ou dans un Fleuve (a).Hérodote, qui semble douterqu’ils ayent été aussi nombreux que le préten-dent quelques-uns, ou en aussi petit nombre que rassurent d’autres, rap-porte cependant un fait remarquable en faveur du premier de ces senti-Mens.
Les Scythes n voient une coutume, qui semble leur avoir été communeavec quelques autres Nations (b). Quand ils entroient en campagne , &qu’ils passoienc leurs combattans en revue, chacun de ces derniers jettoitune flèche, ou, suivant notre Auteur, la pointe d’uneflèche,dans un vais-seau destiné à cela. Au retour de la Campagne, chacun retiroit une poin-te de flèche: on comptoit le nombre de celles qui étoient de reste,& l’oníavoit par-là le nombre de ceux qui s’étoient enfuis, ou qui avoient ététues. Ce fut à une de ces revues qu’un de leurs Rois, qu 'Hérodote nomme■triantes (c) , considérant que toutes ces pointes de flèches formoient en-semble un poids immense (l’Armée qu’il commandoit étant prodigieuse)ordonna que le tout fût fondu , & qu’on en fît le Vaisseau dont nous a-^ons parlé ci-dessus. Ce Vaisseau , qui subsistoït encore du tems de notre■tuteur , étoit épais de six pouces, Si contenoit environ 50 muids. Pourthre la vérité, on ne peut rien inférer de cette Histoire, en la supposant^exactement vraie. Mais ne se pourroit-il pas que ce Vaisseau mas-‘h n’eût servi qu a recevoir les flèches que les soldats y jettoient, & queto Ut le reste fût une pure invention? Cependant , erí supposant la chosearrivée comme Hérodote le dit, & l’Armée d’triantes auiïì nombreuse qu’onpoudra, il ne s’ensuit pas que le Pays des Scythes fût plus peuplé que celui» ® ìuurs Voisins, si l’on fait attention à la vaste étendue de leurs territoires,p h argument, qui prouve bien plus solidement que les Scythes étoient unj eu ple nombreux, peut se tirer des Colonies qu’ils envoyoiènt continuel-ment vers les Parties Méridionales de la Terre, & dont nous aurons oc-hon de parler plus au long dans la fuite.
, Comme ils ne cultivoient d’autres Arts que ceux qui avoient rapport au /lm &
. utier de la Guerre, & qu’ils ne faisoient aucun Commerce, nous n’avons Sciences.e h à dire de leurs Arts ni de leurs Sciences. Thucydide, dans l’endroitç le uous avons cité, semble vanter leur industrie & leur sagacité à se pro-qu’T toutes * es choses nécessaires à la vie, & s'exprime d’une façon à insinuer, avoient diverses Manufactures. Un autre Auteur Grec parle beaucoupeur trafic le long des Côtes de ì'Heìlefpont (d). Mais pour ce qui regar-
0 ») Mêla Lib,
m c. 5. Herodot, & aï.p. 416.
(c) Herod. Lib. IV. c. i8r.
{cl) Dictys Cret, de Bell. Troj. L. II. c. 8.
Tome IV.
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